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Lire Jacques Bainville - Page 3

  • Lire Jacques Bainville (XXIII) : Variations sur le 14 juillet, et l'erreur intériorisée de Louis XVI...

    bainville,14 juillet,révolution,nicolas ii,bastilleJournal - Tome III, Note du 15 juillet 1929

            Supposons qu'on apprenne ce soir qu'une bande de communistes, grossie des éléments louches de la population, a donné l'assaut à la prison de la Santé, massacré le directeur et les gardiens, délivré les détenus politiques et les autres.

            Supposons que cette journée reste dépourvue de sanctions, que, loin de là, on la glorifie et que les pierres de la prison emportée d'assaut soient vendues sur les places publiques comme un joyeux souvenir.

            Que dirait-on ? Que se passerait-il ?

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  • Lire Jacques Bainville...(XXII) : Oui, la "paix separée" avec l'Autriche était possible, mais...

    clemenceau_old.jpg        Dans son Journal inédit 1914, note du 4 décembre, pages 209/210/211, Bainville écrit même qu'une paix séparée aurait pu, peut-être, être réalisée... dès la Noël 1914 ! :

            Oui, mais voilà : Clémenceau était un républicain farouche, haineusement anti-catholique, de la trempe des Jules Ferry (celui qui voulut "organiser le monde sans roi et sans Dieu"). Leur idéologie républicaine et anti-chrétienne passait avant ce qui était pourtant, de toute évidence, le plus élémentaire intérêt national. Clémenceau et Ferry, et tous leurs semblables, étaient les héritiers de ceux qui n'ont ni compris ni admis le renversement des alliances, opéré par Louis XV : politique véritablement "progresiste" et "révolutionnaire", à laquelle se sont opposé des soi-disant révolutionnaires, en fait "conservateurs" et "rétrogrades"; qui ont ensuite haï l' "Autrichiennne", laissant libre cours à une xénophobie de mauvais aloi; et qui ont déclaré à l'Autriche - et à l'Europe... - une stupide guerre de 23 ans qui a mis la France à genoux, amenant par deux fois les alliés à Paris; et ont enfin, à tout prix, fût-ce celui du sang de millions de jeunes français, détruit cet Empire catholique qu'était l'Autriche-Hongrie, devenu allié naturel de la France depuis Louis XV, et qui aurait probablement bien gêné - peut-être même empêché - Adolf Hitler....  

             Mais il fallait, pour Clémenceau, que l'idéologie républicaine at anti-chrétienne triomphât, fût-ce en agissant directement contre l'intérêt national.... 

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  • Lire Jacques Bainville...(XXI) : Kab l'architecte (II/II)...

    bainville kab anciens.jpg        Déjà le bruit se répandait dans la tribu que les cavernes allaient être abandonnées pour des habitations placées entre l'eau et le ciel. Les uns s'en promettaient une vie plus heureuse. D'autre se moquaient de ces nids aquatiques ou prophétisaient l'effondrement des pieux et la noyade des occupants. D'autres enfin, comme Rhâ l'avait prévu, montraient un visage sombre et désolé parce qu'on délaissait les usages des ancêtres. Mais, déjà, dans leur coeur, les Vieillards avaient décidé d'abolir l'ancien ordre des choses. Leur chef déclara que le Saumon lui-même lui était apparu dans un de ces songes qui révèlent les volontés des puissances souveraines. Et le saumon avait dit :

    - Que ma tribu habite près de moi. Quelle laisse les antres de la nuit à ceux qui sont morts afin qu'ils y poursuivent en paix leur seconde vie. 

    Ainsi furent conciliés le progrès et la tradition. Et la délibération fut portée devant le Conseil. 

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  • Lire Jacques Bainville...(XX) : Kab l'architecte (I/II)...

    (Tiré de "La Tasse de Saxe", recueil de dix nouvelles)

    bainville kab 1.jpg        Kab et les hommes robustes que rallie le signe du saumon marchaient vers la région des lacs, rentrant au foyer. Leurs âmes étaient lourdes et silencieuses. Pour trouver l'ambre et la poudre d'or, il fallait toujours aller plus loin. Partout des rivaux, soit qu'il s'agît de découvrir les gisements, soit qu'il s'agît de vendre les précieuses substances, obtenues par de longues recherches. Et les marchands, venus des pays étranges d'où ils apportent le sel, parlaient encore de hordes qui s'étaient mises en mouvement suivant le sens du soleil. Elle sétaient armées, non de pierres taillées et d'os pointus,  mais de haches, de flèches et de lances forgées dans un métal invincible dont elles avaient le secret.

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  • Lire Jacques Bainville...(XIX) : L'homme sans prénom....

    meirieu philippe.jpg        Surtout ne rien imposer; laissez-le libre; il choisira "librement" (!) quand il sera grand; l'enfant ne doit être en rien conditionné par ce - et ceux... - qui l'ont précédé....

            Ces vieilleries des pédagogistes modernes (?) d'aujourd'hui, dont Philippe Meirieu est le pape, traînent en réalité depuis des décennies...

            Avec sa "douce et paisible ironie" - pour reprendre sa propre expression, c'est cette "folie" que dénonce Jacques Bainville dans cette histoire de Tift....

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  • Lire Jacques Bainville...(XVIII) : Bainville explique "la faiblesse de l'AF"...

    barrès

             Nombreux sont ceux, amis et adversaires, qui se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles l’Action française, malgré une œuvre immense, malgré les talents exceptionnels et les extraordinaires dévouements qu’elle a réunis, n’a pourtant pas réussi, selon l’expression toute simple que Boutang utilisait, à "faire le Roi". 

            Mais le Comte de Paris - qui avait rompu avec l’Action française aux alentours de 1936 - n’y a pas réussi davantage, ce qui, d’ailleurs, élargit l’interrogation bien au-delà de l’Action française...

            Certains se souviendront que dès l’Enquête sur la Monarchie, qui ouvre le XXème siècle, puisqu’elle est datée de l’année 1900, Barrès avait opposé à Maurras une objection de principe, radicale, qui tenait à l’esprit public de cette période : "Vous ne réussirez pas parce que vous n’avez pas avec vous les puissances du sentiment".
            Elles étaient, à l’époque, en grande partie, bonapartistes, républicaines ou, comme on disait alors "poignardes".
            Barrès en était lui-même imprégné.
            On pourrait s’interroger, d’ailleurs, sur ce qu’elles sont devenues aujourd’hui, si tant est qu’il en existe encore de convenables ...

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  • Lire Jacques Bainville...(XVII) : Vendéens et Russes blancs....

    Wrangel_Pyotr_5.jpgJournal, Tome II, 1919/1926, Note du 15 novembre 1920 :

           "Le général Wrangel est battu.

            La France n'a pas à regretter de l'avoir soutenu à un moment grave, celui où l'armée rouge marchait sur Varsovie pour tendre la main à l'Allemagne.

            A ce moment, le général Wrangel opérait en Crimée une diversion utile. L'encourager était de bonne politique et de bonne guerre.

            De là à croire que de Sébastopol partirait un mouvement capable de rayonner sur toute la Russie et de l'affranchir du bolchévisme, il y avait un pas. Que prouvent les efforts successifs de Koltchak, de Youdenitch, de Denikine et enfin de Wrangel ? Deux choses.
            D'abord qu'il est difficile de renverser un gouvernement en l'attaquant par la périphérie. La Russie, à cet égard, ne se distingue des autres pays que par l'immensité des distances qui accroît la difficulté. Pendant la Révolution française, c'est à Paris même qu'a triomphé la réaction thermidorienne : la Vendée, Toulon, c'était bien loin. Or les bolcheviks tiennent, avec Moscou, le coeur de la Russie. Tant que Moscou ne répond pas par un Neuf Thermidor aux entreprises contre-révolutionnaires qui surgissent à des centaines de kilomètres de la vieille capitale russe, ces entreprises sont condamnées.
            De plus, elles se dissolvent toutes, après un temps plus ou moins long, pour la même cause : c'est l'arrière qui cède et se décompose..." 

    NICOLAS II 1.jpg 

    On connaît le mot célèbre des révolutionnaires bolchéviques, "Février, c'est 1789, Octobre c'est 1793". Les marxistes léninistes avaient pleinement conscience de revivre, mais en accéléré, la Grande Révolution fondatrice de 1789, qu'ils voulaient pousser jusqu'à ses extrêmes limites, et dont ils voulaient que "leur" révolution fut la quintessence, l'expression la plus achevée.... 

  • Lire Jacques Bainville...(XVI) : La Provence en deuil...

    MISTRAL 27.09.2008 13.JPG        LA PROVENCE EN DEUIL

            Comme nous arrivions en Avignon, nous ne manquâmes pas de rencontrer l'excelllent Mouret et son automobile à la gare... Quand vous irez en Avignon, Mouret est un chauffeur que je vous recommande. Il connaît la Provence route par route, arbre par arbre, pierre par pierre. Ses itinéraires sont d'une précision infaillible, et il sait, de son pays, toutes les belles et toutes les bonnes choses... Donc, comme nous convenions avec lui d'une promenade, (cela en lui ressemble guère d'être questionneur), il nous demanda d'une voix devenue soudain un peu inquiète :

            - "Nous passerons quand même à Maillane peut-être ?"

            Je ne saurais dire ce qui était le plus significatif et le plus touchant, de ce "quand même" ou du visage du bon Mouret, un visage hâlé par le mistral, et sur lequel passait à ce moment-là un nuage de mélancolie.

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  • Lire Jacques Bainville...(XV) : "C'était du temps que Mistral vivait..."

    MISTRAL 27.09.2008 9.JPG        MISTRAL

            Les honneurs officiels que Mistral a reçus au soir de sa vie et qui ont afflué à sa mort, ne doivent pas nous faire illusion. Jusqu’au moment où sa gloire eut atteint un tel rayonnement qu’il eût paru mesquin et qu’il eût été maladroit de l’ignorer, les pouvoirs constitués ont fait de leur mieux pour ne pas le reconnaître.
            J’en veux pour preuve l’exclusion systématique dont le poète de Mireille était victime, du moins de mon temps, de la part du Ministère de l’Instruction publique.

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  • Lire Jacques Bainville... (XIV) : Vitalité du Capitalisme...

    (Paru le 10 février, lendemain de sa mort, dans le journal "L'Eclair de Montpellier", cet article est le dernier de Jacques Bainville...)  

            "Selon le mot célèbre, il est des morts qu'il faut qu'on tue. Et il y a aussi ces gens qu'un personnage de théâtre tuait et qui se portaient assez bien.
            Tel est le cas du capitalisme. Avait-on assez annoncé qu'il se mourait, qu'il était bainville capitalisme.jpgmort ? "Vieillard, va-t-en donner mesure au fossoyeur." On le traitait comme un cadavre. On répétait le classique jam foetet "il pue déjà". Il y a peu de temps encore, dans un congrès socialiste, un orateur s'écria superbement : "Nous n'aurons même pas besoin de le renverser. Il tombe tout seul. Il s'éboule."
            Au fond, cette idée était de celles que Karl Marx appelait avec mépris "petites bourgeoises". Elle se composait d'un mélange d'esprit catastrophique, de pessimisme et de panique. Elle était inspirée par la "crise". Tout le monde sait que le gros public, moutonnier, n'achète jamais en baisse. Il suffit qu'une valeur descende à la Bourse pour qu'il la croie perdue. Il croit bon tout ce qui monte. Il ne connaît pas de milieu entre la hausse illimitée et la chute verticale et sans remède.

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  • Lire Jacques Bainville...(XIII) : Installer un Bourbon sur le trône d'Espagne, le "bon choix", la décision heureuse de Louis XIV....

    1. Histoire de France, chapitre XIII, Louis XIV :

            "...L’événement prévu depuis les débuts du règne, depuis le mariage avec Marie-Thérèse, approchait. Le roi d’Espagne Charles II, beau-frère de Louis XIV et de l’empereur Léopold, allait mourir sans enfant. Selon que Charles II laisserait sa succession à l’un ou à l’autre de ses neveux, le sort de l’Europe serait changé. Le danger, pour nous, c’était que l’héritage revînt aux Habsbourg de Vienne, ce qui eût reconstitué l’empire de guillaume d'orange.jpgCharles Quint. D’autre part Charles II ne se décidait pas. D’innombrables intrigues se croisaient autour de son testament. Louis XIV pensait aussi, et avec raison, que si un Bourbon était désigné, ce ne serait pas sans peine et peut-être sans guerre qu’il recueillerait le magnifique héritage : Espagne, Flandre belge, une grande partie de l’Italie, le Mexique et presque toute l’Amérique du Sud. Pour un homme aussi sensé, c’était trop beau. Il savait maintenant que, dans tous ses projets, il devait compter avec les puissances maritimes. En outre, il était clair que l’Angleterre convoitait les colonies de l’Espagne. Louis XIV préféra donc négocier un traité de partage de la succession espagnole et, pendant près de trois ans, la carte de l’Europe fut maniée et remaniée de façon à donner satisfaction à tous les compétiteurs, Habsbourg et Bourbon, Bavière et Savoie. Les plans de Louis XIV étaient toujours dirigés par le principe des frontières et c’était en Lorraine, dans les Alpes, à Nice, qu’il cherchait des compensations à ses abandons de l’héritage espagnol. La mauvaise foi de Guillaume d’Orange (ci-dessus), au cours de ces pourparlers, est certaine, car seule l’Angleterre, dans ces projets, ne recevait rien.

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  • Lire Jacques Bainville...(XII) : Réformer l'orthographe ?....

                     bainville orthographe 1.jpg                 Somme toute, que reproche-t-on à l'orthographe usuelle ? D'être difficile à apprendre ? Que propose-t-on de lui substituer ? Une orthographe simplifiée et mise à la portée des instructions les plus négligées ?

            C'est ici que réside ce qui n'est pas seulement une erreur mais une sottise. Qui ne voit aussitôt que, si l'on raisonne pour les paresseux ou pour les pauvres d'esprit, il n'y aura jamais de simplification suffisante ?

            Il faut aller tout de suite à l'extrêmité, et l'extrêmité c'est l'orthographe phonétique, le droit donné à chacun d'écrire comme son oreille entend. Du moment qu'il y a une orthographe, elle sera toujours trop compliquée, il faudra toujours l'apprendre.

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  • Lire Jacques Bainville...(XI) : Le Titanic ? Insubmersible ! Ou : réflexion sur la crédulité, d'hier, d'aujourd'hui, de toujours...

                                                                                TITANIC.jpg("...C'est-à-dire, qu'en somme, la science n'a pas aboli la croyance... Le genre humain, dans notre siècle de mécanique, vit sur un fond de crédulité aussi solide qu'en aucun temps..."

            Parti le 1O avril de Southampton, le paquebot réputé "pratiquement insubmersible" heurte un iceberg le 14 en fin de soirée, et coule quelques heures plus tard, le quinze avril 1912.

            L'occasion pour Jacques Bainville de montrer ses talents de journaliste, la profondeur de sa réflexion, sa sagesse et son "actualité", mais aussi son humour....)

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  • Lire Jacques Bainville...(X) : "Boileau,... royaliste".....

    boileau002.jpg        Comme il y aura lundi deux cent ans que Nicolas Boileau nous a quittés, la loi du journalisme veut que Boileau soit sujet d'actualité. Et c'est un sujet dont le renouvellement n'est pas facile. Voici pourtant, à titre de renseignement, les diverses manières dont il convient de parler de Boileau si l'on veut qu'un journal insère l'article ou que des convives écoutent le paradoxe :

            1. Boileau Parisien. On fait ressortir le goût de Boileau pour la capitale, où il est né, qu'il n'a pour ainsi dire jamais quittée. Boileau, précurseur, a "lancé" Auteuil et les quartiers de l'ouest. S'il vivait de nos jours, il ferait campagne contre les embarras de Paris. Développements nombreux et variés.

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  • Lire Jacques Bainville... (IX) : Brissot la guerre....

    (De Jacques Bainville, Lectures, Fayard, pages 147 à 150).

     

    brissot        La seule chose qui rende supportable les récits de la Révolution, c’est qu’on peut dire à la plupart des imbéciles et des scélérats qui ont coopéré aux actes révolutionnaires : «Toi non plus tu n’en as pas pour longtemps ». L’Ecclésiaste se plaignait de l’immense impunité qui règne sur la terre. La Révolution est le seul exemple du châtiment qui suit la faute sans délai. Lorsque le jour de la condamnation de Louis XVI, le garde du corps Pâris assassina le conventionnel Lepeletier Saint Fargeau, aristocrate ou grand bourgeois qui venait de voter la mort, il sacrifiait inutilement sa propre vie. Lepeletier, avec cent de ses camarades régicides, était déjà promis lui-même à la guillotine. 

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