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Dans notre Éphéméride de ce jour : Dix heures vingt-deux, l'assassinat de Louis XVI, acte fondateur des Totalitarismes modernes...

21 janvier 1793, "l'acte le plus terriblement religieux de notre Histoire" (Prosper de Barante) 

 

"...Je subirai le sort de Charles 1er,  et mon sang coulera pour me punir de n'en avoir jamais versé..." (Lettre à Malesherbes)

Le roi vient de quitter son fidèle Cléry, qui, le suivant jusqu'au bout, a passé à ses côtés sa dernière nuit, et l'a réveillé à cinq heures : sur Cléry, le fidèle, voir l'Éphéméride du 11 mai...

 

Témoignage de l'abbé Edgeworth de Firmont, prêtre irlandais qui assista le Roi Louis XVI lors de son exécution :

"Les marches qui conduisaient à l'échafaud étaient extrêmement raides à monter. Le roi fut obligé de s'appuyer sur mon bras, et à la peine qu'il semblait prendre, je craignais un instant que son courage ne commençât à mollir. Mais quel ne fut pas mon étonnement lorsque, parvenu à la dernière marche, je le vis s'échapper pour ainsi dire de mes mains, traverser d'un pas ferme toute la largeur de l'échafaud, imposer silence, par son seul regard à quinze ou vingt tambours qui étaient vis-à-vis de lui, et d'une voix si forte qu'elle dut être entendue au pont tournant, prononcer ces paroles à jamais mémorables :

"Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France".

• Témoignage de Léon Du Fresne, républicain modéré (dans son Journal) :

"Ce matin du 21 janvier 1793, Paris s'est réveillé au milieu d'un formidable déploiement de forces. Tous les sectionnaires et les fédérés forment, du Temple à la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde, ndlr) une double haie. Sur la place même, vingt mille hommes montent la garde, l'arme au pied. La ville semble retenir son souffle. Le Conseil général du département a ordonné la fermeture des barrières, on ne peut plus entrer dans Paris ni en sortir sans une autorisation spéciale. Tous les bataillons doivent gagner leurs positions pour sept heures, mais, depuis cinq heures, on entend le roulement des canons, le trot de la cavalerie, le pas lourd des fantassins en marche."

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On aurait dit que, saisis par la grandeur de l'événement, ces hommes et ces femmes qui attendent depuis des heures, sont soudain frappés de stupéfaction. Le silence qui accompagne le roi à sa descente de voiture, revêt l'aspect d'un hommage solennel. Quiconque aurait crié "Vive le roi" en un pareil moment aurait été appréhendé sur-le-champ. Mais ce silence sonne bien plus fort à mes oreilles que tous les vivats. Averti par quelque instinct secret, ce peuple qui, depuis des mois a voué son souverain aux gémonies, comprend qu'il assiste à un tournant de l'Histoire de France et que le sacrifice de Louis prélude à une suite d'événements qui menacera l'existence du pays.

Un des aides de Sanson, le bourreau, et un garde municipal ouvrent la portière, tandis que d'un pas assuré, Louis descend de la voiture... Se tournant vers les gardes et désignant son confesseur, le roi leur lance : "Messieurs, je vous recommande Monsieur que voilà; ayez soin qu'après ma mort, il ne lui soit fait aucune insulte."

Je me souviens que les aides de Sanson entourent le roi, voulant s'emparer de ses vêtements. Sans violence mais fermement, Louis les repousse et quitte lui-même son habit, sans que le froid le fasse tressaillir le moins du monde. Puis il ouvre largement le col de sa chemise et, pour dégager son cou, la rabat sur ses épaules. Il se produit alors un incident dont la vue m'arrache, malgré les efforts que je fais pour me contenir, un cri de réprobation. Un des aides du bourreau s'empare des mains du roi. Celui-ci les retire d'un mouvement violent : "Auriez-vous l'intention de me lier les mains ?" interroge-t-il d'une voix que la colère renforce et, comme son interlocuteur acquiesce, il s'écrie : "Jamais ! Jamais je n'y consentirai. Faites ce que l'on vous a commandé de faire, mais vous ne m'attacherez point !"" C'est alors que l'abbé Firmont se penche vers l'oreille du roi - j'appris par la suite ce qu'ils s'étaient dits : "Sire, je vois dans ce nouvel outrage un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense."

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L'abbé Henry Essex Edgeworth de Firmont (1745-1807), Portrait, Paris, Musée Carnavalet (voir l'Éphéméride du 22 mai, jour de sa mort...)

 

L'indignation qui s'est emparée de lui, disparaît d'un coup et le roi, esquissant un demi-sourire, répond : "Assurément, il faut Son exemple pour que je me soumette à pareil affront." Et il se laisse attacher les mains derrière le dos. Après quoi, un autre aide de Sanson lui coupe rapidement les cheveux. Puis, il commence à gravir le raide escalier - presque une échelle - qui mène à l'échafaud. L'abbé Firmont s'efforce de l'aider à monter, mais à un moment, Louis semble trébucher. Ce n'est pas dû à un moment de faiblesse, mais uniquement à la difficulté de se maintenir en équilibre pour un homme de son poids et de sa taille. Pendant que le roi gravit les ultimes degrés de son supplice, les tambours, qui ont battu jusque-là, se taisent en même temps que les murmures de la foule dans l'attente du moment fatidique. Traversant la plate-forme de la guillotine et s'avançant à son extrême bord, le roi s'adresse à l'assistance. Sa voix est si forte qu'on l'entend jusqu'au pont tournant des Tuileries :

"Peuple, s'écrie-t-il, je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France." On ne peut en entendre davantage. D'un geste, Santerre commande aux tambours de reprendre leur roulement afin de couvrir la voix du souverain; la liberté, qu'on proclame à grands sons de trompe, ne va pas jusqu'à laisser Louis s'exprimer librement.

Quelques instants plus tard, le couperet de la guillotine tombe. Il est dix heures vingt à l'horloge de l'Histoire... Brandissant la tête du supplicié comme un trophée, Sanson semble libérer la populace de la retenue qu'elle a observée jusqu'alors. Des cris, maudissant celui qui vient de mourir, s'élèvent. La vue du sang provoque une sorte d'hystérie collective qui rappelle de manière inquiétante les pires moments de la barbarie. Des gardes s'activent à tremper leurs piques et leurs sabres dans le sang du roi; un autre s'en répand sur les joues. Un autre encore paye quinze livres au bourreau une touffe de la chevelure royale...

Le corps du roi est transporté au cimetière de la Madeleine de La Ville-L'Evêque, où il est inhumé. Une chapelle expiatoire, élevée en 1815, marquera l'emplacement où repose la dépouille royale. Pour ma part, j'aurais souhaité que la République eût été portée sur les fonts baptismaux d'une autre manière..."

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À Paris, la Chapelle expiatoire : sur les origines de cette Chapelle, voir l'Éphéméride du 11 janvier...

 

Louis XVI a été guillotiné Place de la Concorde (de son nom premier, Place Louis XV, une grande statue équestre du Roi ornant alors le centre de la Place), face à l’Hôtel de Crillon, près de l’entrée piétonnière du parc autos. La statue détruite, une statue de la Liberté prit sa place, faite de maçonnerie et de plâtre, colorée en bronze et portant un bonnet rouge.

C’est entre cette statue de la Liberté et le socle sur lequel est actuellement la statue de la ville de Brest, à 12 mètres de celle-ci, que fut placée la guillotine. C’est en regardant la statue de la Liberté que Madame Roland prononça - au moment d'être elle-même guillotinée... -  le fameux "Liberté que de crimes on commet en ton nom !"...

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C’est là que furent aussi guillotinés la Reine, Madame Élisabeth, Philippe Égalité, Robespierre, les Girondins, Charlotte Corday, la du Barry, Danton, Hebert et Lavoisier ("la République n’a pas besoin de savants !").

En 1800 Bonaparte fit raser cette statue de la Liberté. Á la Restauration on pensa mettre à la place une statue de Louis XVI. Finalement, en 1836, le fameux Obélisque offert à Charles X fut installé. C’est entre 1836 et 1840 que des statues représentant les principales villes de France furent également installées, dont la ville de Brest.
On fit combler les fossés qui couraient autour de la place de la Concorde car c’était le lieu de "travail" de maintes prostituées.
Au numéro 2, se trouvait l’ancien Garde-Meubles où Marie-Antoinette logeait quand elle passait la nuit à Paris, et c’est des fenêtres de son ancien appartement, que des commissaires de la République assistèrent à son supplice. Ce bâtiment abrita jusqu'à nos jours le Ministère de la Marine.

 

 

 

Écouter : Requiem de Cherubini (extrait, V - Sanctus) : Ambrosian Singers Philharmonia Orchestra Riccardo Muti - Requiem a la memoire de Louis XVI in C minor V. Sanctus.mp3

Requiem n°1 en ut mineur, pour chœur mixte et orchestre : composé à la mémoire de Louis XVI en 1816 par Luigi Cherubini, à la demande de Louis XVIII, afin d’honorer la mémoire de son frère aîné guillotiné le 21 janvier 1793.


D’une majestueuse gravité, il a été perçu par Beethoven comme un chef d’œuvre supérieur à celui de Mozart. Beethoven avait une grande admiration pour les œuvres de Cherubini dont il fit la connaissance à Vienne et qu’il considérait comme le plus grand compositeur vivant.

Il lui écrira en 1823 : "Ce sont vos œuvres que j’apprécie par-dessus toutes celles que l’on compose pour le théâtre". Le requiem de Cherubini fut joué pour les obsèques de Beethoven... 

 

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Et un an après, jour pour jour :

1794 : Les Colonnes infernales commencent la destruction méthodique de la Vendée

 

1A.jpgLa date ayant été bien sûr choisie volontairement, les Colonnes Infernales de Turreau (ci contre) fondent sur la Vendée. Après la dislocation de l’armée vendéenne à Savenay, la Convention décide de poursuivre la "pacification" de la Vendée.

Le soutien apporté à la contre-révolution par la population ayant été puissant, Robespierre et son gouvernement souhaitent appliquer jusqu’au bout leur résolution du 1er août, prônant des mesures extrêmes pour détruire la rébellion : destruction des récoltes et des villages, exécution des suspects, confiscation du bétail.

Turreau va mettre en œuvre avec application cette politique de la terre brûlée. Seules quelques villes d’importance doivent être épargnées, le reste peut être rasé… Pendant près de cinq mois, les Colonnes infernales vont multiplier exactions et massacres.

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 • http://www.loire-france.com/histoire/guerres-vendee/colonnes-infernales.htm

 

"Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé" déclarait Carrier.

Qui, sans crainte de la contradiction, faisait pourtant sienne aussi cette déclaration: "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."  (Article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793)...

C'est une constante, chez les révolutionnaire, que de vouloir détruire les hommes et les choses  si ils ou elles opposent une résistance à "leur" volonté : bien après Carrier, Louise Michel en donnera une démonstration parfaite - et, à nouveau, tragique - lors de la Commune de Paris : voir notre Éphéméride du 17 mai.

Ce à quoi Gustave Thibon répond, en écho, transperçant les siècles :

"La vie devient enfer dès qu'on essaie d'en faire un paradis..."

 

 • Dans notre album Totalitarisme ou Résistance ? Vendée, "Guerres de Géants"voir la photo "Les Colonnes infernales" et les suivantes...

 • Et, sur la planification du Génocide vendéen par les deux lois de Lazare Carnot, en plein accord avec Robespierre et la Convention, voir les deux Éphémerides des 1er août (première loi de Carnot) et 1er octobre (deuxième loi de Carnot)...

 

 Patrick Buisson a raison, qui l'a bien dit sur France Inter :

En matière de terrorisme d'Etat, la Terreur, c 'est nous qui l'avons inventée...

Et il a, après son intervention,

répondu en direct aux auditeurs de France Inter...

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