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« Avec le passe sanitaire, on va fabriquer deux catégories d’élèves », par Jean-Paul Brighelli.

Jean-Paul Brighelli réagit aux annonces de Jean-Michel Blanquer concernant la mise en application du dans les collèges et les lycées. Il dénonces des mesures « inhumaines » et « pédagogiquement pas tenables ».

https://soundcloud.com/bvoltaire/jean-paul-brighelli-850502877

Que pensez-vous de l’annonce de Jean- Blanquer précisant qu’en cas de Covid, un élève non vacciné serait évincé ?

Tout le monde fait de la surenchère en ce moment. Avec le passe sanitaire, on a clairement établi deux catégories de citoyens. va nous fabriquer deux catégories d’élèves. Il faudrait être clair sur un point : qui va dire que tel élève est vacciné ou non ? Va-t-on se fier aux déclarations sur l’honneur des parents ?

L’idée est de dégager les élèves non vaccinés, qui sont dans la tranche d’âge où les symptômes sont bénins, en excluant les élèves ayant les stigmates non vaccinés.

Il a également dit que les élèves non vaccinés resteront chez eux pour suivre les cours en distanciel si un cas se présente. Jean-, le président du SNALC [Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, NDLR], a dit qu’il en était hors de question. Les profs vont faire cours toute la journée en présentiel et ils devraient faire cours en distanciel le soir ? Ou bien on branche un micro dans la classe, mais ce sera à sens unique, l’élève ne peut pas intervenir. Des élèves sont totalement déscolarisés depuis un an et demi, c’est compliqué du côté des enseignants d’avoir des classes où les deux tiers des élèves ont perdu l’habitude d’être en cours.

C’est dans les quartiers défavorisés que l’on trouve le plus grand nombre de gens non vaccinés, on va leur faire une double peine ! Ceux qui ont le plus besoin de l’école et des cours vont être mis à la marge parce qu’ils n’ont pas de . On marche sur la tête ! Pédagogiquement, ce n’est pas tenable, humainement, c’est inhumain et je me demande si les sages du Conseil constitutionnel apprécient ces façons de créer deux classes d’élèves.

 

Que pensez-vous de l’installation de centres de vaccination dans les collèges et les lycées pour faciliter la vaccination des ?

Il va falloir que vous me montriez les collèges et les lycées où on trouvera de la place pour créer de tels centres ! Lorsque vous avez 2.500 ou 3.000 élèves dans le lycée, ce n’est pas dans une salle de classe que la vaccination va se passer, ou alors vous y mettez l’année ! Il vaudrait mieux que les centres soient totalement extérieurs. Actuellement, pour être vacciné, il faut attendre entre un mois et un mois et demi. De surcroît, les élèves ne sont pas du tout motivés pour être vaccinés car ils ne sont pas malades. Il faut être clair là-dessus : ce n’est pas être anti-vaccin que de le dire, ils ne sont pas malades. Dans la tranche 12-25 ans, il y a eu très peu de cas graves depuis un an et demi sur des millions de cas. Pour la tranche d’avant, le ministre dit que la classe fermera au premier cas. Où va-t-on ?

Des élèves de familles défavorisées, peu vaccinées, habitant dans des quartiers qui sont plus des ghettos qu’autre chose, seront obligés de rester chez eux, comme s’ils étaient malades. Je comprends qu’un malade contagieux soit amené à rester chez lui. Mais là, il s’agit d’exfiltrer des gens sains de l’école et de créer deux catégories d’élèves et faire porter le blâme sur les non-vaccinés. Pourquoi, à ce moment-là, ne pas rendre le vaccin obligatoire ? La plupart des élèves ont été vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la polio, et moi-même et ceux de ma génération contre la variole. C’était des vaccins sérieux. Quand on était vacciné, on était sûr de ne plus avoir la maladie en question. Aujourd’hui on dit aux gens : vous êtes vaccinés, mais vous pouvez avoir la maladie, la transmettre et vous garderez un masque. Dans ce cas, je comprends les parents, comme ceux de la FCPE, qui hésitent sérieusement à faire vacciner leurs enfants. On vient de sortir un vaccin théoriquement réservé aux adolescents en disant qu’il serait évalué dans un an : on se fiche de qui ? Ils n’ont pas fait les essais de phase trois, ils vont les faire en grand sur nos enfants ? Sans moi !

 

Le 21 juillet dernier, l’OMS a demandé aux pays les plus riches de ne pas vacciner les plus jeunes et de donner leur dose aux pays pauvres. L’OMS a-t-elle raison ?

On pourrait, en tout cas, reverser les doses en question à nos propres pauvres qui sont les moins vaccinés afin de leur permettre de sortir des ghettos dans lesquels ils sont socialement enfermés.

 

Jean-Paul Brighelli

Enseignant et essayiste

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