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Sur le site de l'URBVM, dictature de l’opinion : du ridicule au dangereux…

3655806653.18.jpg“Considérons l’opinion, la renommée, avec l’idée qu’elle doit non pas guider, mais nous suivre.”

Cette citation de Sénèque reste aujourd’hui malheureusement cruellement d’actualité, et tout particulièrement au sein de notre république française. L’actuelle gestion de la crise sanitaire, économique et politique que traverse notre Nation pose de nombreuses questions, mais malheureusement les réponses se trouvent, comme toujours, limitées par le dogme républicain : seul le gouvernement peut être critiqué, et non le système en lui-même.

De fait, les analyses « politiques » actuelles se limitent souvent à une constatation de l’incompétence de l’actuel gouvernement, notamment au niveau communication par la si bien nommée Mme N’Diaye. Toutefois, si l’on ne peut qu’abonder à ce premier constat, tâchons de pousser plus loin la réflexion : comment en est-on arrivé là ?

La réponse est simple et fut défini en 1835 par Alexis de Tocqueville comme « le despotisme de la majorité » : l’opinion publique, au lieu de suivre, devient guide et référence pour la politique d’un pays… Et cette opinion, non contente d’être volatile et peu pertinente d’un point de vue raisonnable, s’avère hautement manipulable dans notre ère ultra-médiatisée et communicante. D’où la frénésie d’annonces et de communication de notre gouvernement qui, en cherchant à faire valoir sa gestion de la crise, s’est allégrement pris les pieds dans le tapis.

Mais cette dictature de l’opinion n’est d’ailleurs pas réservée à la tête de l’Etat et se distille partout, et même jusqu’au ridicule, comme lorsqu’un média demande l’avis de la population sur l’efficacité d’un médicament sur un virus (sondage du Parisien du 6 Avril). Réaction stupide, mais logique : on demande déjà l’avis des français sur les problématiques géopolitiques et dynamiques socio-économiques, pourquoi ne pas leur demander leur avis sur la pertinence d’études cliniques et la balance innocuité/efficacité d’un médicament ?

Il n’est pas question ici de résoudre cette problématique, mais de remettre ces questions – et l’opinion publique – à leur place. Comme le dit si bien Saint Jean Paul II, “La vérité n’est pas toujours conforme à l’opinion de la majorité.”

Ce constat étant fait, le ridicule cède place au dangereux car il ne faut qu’un pas pour comprendre que cette dictature de la majorité n’est pas une dérive, mais bien consubstantielle au régime républicain à une ère ultra-médiatique, où le diktat des sondages prend rapidement le pas sur l’intelligence politique. Sortir de cette dictature de l’opinion publique requiert donc un choix fort : celui de faire sortir la Politique de notre Nation de la volatilité de l’opinion publique, en lui offrant le luxe de la stabilité et du recul qu’apporte une vision politique à long terme, loin des querelles de partis et des appétits de leurs petits marquis de papier. Vive le Roi !

Erwan Boreau

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