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Actualité Europe - Page 4

  • Histoire & Actualité • Les commémorations ont encore de la gueule dans certains pays

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgLes célébrations de la Victoire commencent à Moscou par le défilé militaire sur la place Rouge. Cela mérite d'être regardé, n'est-ce pas ? Avec un rien de regret et d'envie ... Superbe ! 

     

     

    Le commentaire de RT France

    Ce 9 mai, la Russie célèbre le 74e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie. L'URSS, dont la Russie est l'héritière, a subi les plus grosses pertes humaines de la Seconde Guerre mondiale avec plus de 27 millions de victimes.

    La Russie commémore ce 9 mai le 74e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie. Des défilés ont lieu dans plusieurs villes du pays afin de rendre hommage aux nombreuses victimes soviétiques du conflit qui a fait 27 millions de morts en URSS.

    Comme de coutume, un grand défilé est organisée sur la place Rouge à Moscou. Des centaines de véhicules militaires, soldats et officiers traversent chaque année la célèbre place moscovite depuis 1965, date du 20e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, connue comme la «Grande Guerre patriotique» en Russie. Après l'effondrement de l’URSS, cette tradition avait été brièvement interrompue, avant de reprendre en 1995.  

  • ENVIE D'EUROPE ?

     

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    Deux mots et un constat suffisent à vérifier la futilité et l'inconsistance de la démocratie française : 33 listes ont été enregistrées pour les élections européennes du 26 de ce mois.  

    Cependant, les sondages s'accordent à annoncer une participation de 40%. À supposer que ces 40% de votants se répartissent à parts égales sur les 33 listes, cela fait 1,21 voix, si l'on peut dire, par tête de pipe. Ce n'est pas grand-chose. 

    Certes, ce n'est pas ainsi que les choses se passeront. Il y aura ceux qui auront 20 ou 25% des 40% de votants, ceux qui en auront 13 ou 15, 8 ou 9, etc. Les autres ramasseront les miettes sous la table de ce festin électoral du pauvre. Voire du très pauvre. Car même ceux qui auront les plus hauts scores, n'auront pas grand-chose non plus. Ceux-là crieront victoire. Et les médias retiendront leurs chants, au fond ridicules. L'opinion s'y laissera prendre plus ou moins. Elle oubliera qu'elle n'a pas voté ou bien peu. Et cette comédie s'achèvera avec un semblant de vainqueur et de vaincu.  

    5ccd3c6a24000033003dba72.jpgQuelle est la légitimité de ce psychodrame ? Des élus qu'il engendrera ? Elle est nulle. Et les Français le sentent bien, qui ne s'y intéressent guère. 

    Nous ne disons pas qu'il faut s'en désintéresser. Nous dirons même qu'il serait bon que la politique européenne d'Emmanuel Macron soit sanctionnée comme elle le mérite, pour son irréalisme obstinément contraire aux intérêts vrais de la France et de l'Europe.   

    Il n'empêche : selon toute apparence, cette campagne pour l'élection du parlement européen n'est pas plus sérieuse que ce parlement lui-même. Jean-Claude Junker lui-même, un jour de sainte colère, l'avait jeté à la figure des parlementaires abasourdis : « je vous le dis, nous sommes ridicules ». 

    Tant mieux si les partisans d'une Europe des nations et des États y entrent en force. Nous voterons en ce sens. Mais la fracturation de l'Europe de Bruxelles, accélérée par le Brexit, tient à des facteurs objectifs autrement déterminants que les parlotes d'une quelconque assemblée. Le divorce aggravé du couple franco-allemand, la crise financière à venir dont tout le monde pressent l'imminence et sans-doute la gravité, la montée des populismes identitaires qu'ils exercent déjà le pouvoir ou qu'ils ambitionnent de l'exercer avec de bonnes raisons de l'espérer, sont par contre des facteurs objectifs de nature, ceux-là, à opérer la salutaire dislocation des institutions de Bruxelles. Elles ont failli. Elles sont déjà sur la défensive.   

    Alors, comme nous ne sommes pas du tout des ennemis de l'Europe, il faut souhaiter que nous serons capables de la reconstruire sur des bases nouvelles et saines. Une Europe des peuples, des nations et des États, redevenus souverains mais désireux de s'entendre. Pour une Europe grande de nouveau, car elle l'a été bien avant que Jean Monnet. Robert Schuman et consorts eussent existé. Et leurs émules ont échoué. Europe Great again ? Va pour great again ! Moscovici et Barnier comprendront mieux. C'est triste à dire.  lafautearousseau

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    Le pauvre homme est crédité de 4,50% des voix ...

     

  • Éric Zemmour : « Vox ou la fin du "modèle” espagnol »

     

    thUKZO41O8.jpgEn introduction à cet intéressant article, Le Figaro écrit : Les raisons de la percée du parti Vox en Espagne sont d’une banalité confondante: d’abord et avant tout l’immigration et l’islam. (Figaro Magazine du 3.05). Éric Zemmour montre aussi que ce n'est pas que cela et c'est à lire.  LFAR 

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    « Les leaders de Vox ont donc posé la question du peuple.»

    L’Espagne était la dernière à résister. Au nom de l’Europe, de l’humanisme, du traumatisme franquiste.

    La dernière à ne pas avoir de députés « d’extrême droite » ou « populiste » à l’Assemblée nationale. La dernière à « faire barrage ». La dernière à connaître une alternance d’ancien monde entre sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates. Même l’Allemagne avait cédé.

    Depuis les dernières élections législatives du dimanche 28 avril, l’Espagne ne pourra plus se vanter de son « exception ibérique ». Le parti Vox a réalisé une percée remarquable (gagnant 24 députés d’un coup) dans une bataille électorale où les places étaient chères et la participation forte (75%).

    Les raisons d’une semblable percée sont d’une banalité confondante : d’abord et avant tout l’immigration et l’islam. Comme en Allemagne avec l’AfD, comme en Italie avec la Ligue. Comme en France avec le Front national. Il n’y a que les aveugles pour continuer à ne pas voir ce qu’ils voient et surtout dire ce qu’ils voient, selon la célèbre formule de Péguy.

    Longtemps, l’Espagne a résisté parce que sa situation était atypique. Les immigrés ne restaient pas, sauf en Catalogne, à cause des salaires trop bas et de la faiblesse des allocations. Le pays se voulait un Européen exemplaire, le meilleur élève de la Bruxelles et des juges européens. Le meilleur soutien de l’Allemagne, aussi. Quand l’Italie de Salvini a fermé ses ports aux migrants, l’Espagne a ouvert les siens. Depuis quarante ans, l’après franquisme avait viré à un antipatriotisme. Médias, universités, école déversaient un discours militant de « haine de soi ». Tout y était passé : l’empire de Charles Quint, la découverte de l’Amérique, les rois très catholiques. Même la tauromachie. Le féminisme, dominé par le lobby LGBT, attaquait et ridiculisait le « machisme » national. La Catalogne tentait de faire sécession. Interdisait la langue castillane. Et faisait venir en masse des travailleurs marocains pour mieux « déshispaniser » la « nation ». Dans ce contexte de « suicide » national, voulu par le politiquement correct d’extrême gauche, la crise de 2008 a encore aggravé la situation. Le modèle économique, qui reposait sur la spéculation immobilière, s’est effondré. Les Espagnols ont, eux, subi une réelle austérité avec des baisses de salaires de 25 %.

    La révolte vint donc de l’extrême gauche avec Podemos. Le fameux populisme de gauche tant admiré par Mélenchon et même par les plus grands esprits comme Jean-Claude Michéa. Un populisme qui se limitait au combat du bas contre le haut. Du peuple contre les élites.

    Mais quel peuple ? La question n’a pas tardé à se poser. C’est la question qui pose la limite du populisme de gauche. La question identitaire. La question qui ramène tout naturellement les prétendus populistes dans le giron d’une gauche traditionnelle.

    Les leaders de Vox ont donc posé la question du peuple. La question de l’islam et de ces militants islamistes qui veulent reconquérir l’Andalousie par « le ventre de leurs femmes ». Et toutes les questions adjacentes, celles du féminisme, de la famille, de la démographie qui s’effondre aussi en Espagne, de la place de l’homme, donc. Des traditions, de l’histoire, de la nation. Des questions qui fâchent. Et qui n’ont pas fini de fâcher.    

    Éric Zemmour

  • Le Kosovo rapatrie ses djihadistes de Syrie : ils y seront comme chez eux

    Antoine de Lacoste 

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    Après la débâcle de l’Etat islamique ...

    La semaine dernière, le Kosovo a rapatrié 110 personnes de Syrie. Elles étaient retenues dans un camp après s’être rendues aux Kurdes lors de la débâcle de l’Etat islamique.

    Le ministre kosovar de la justice, Abelard Tahiri, a précisé qu’il y avait « 4 combattants, 32 femmes et 74 enfants dont 9 qui ont perdu leurs parents pendant la guerre. »

    MDJ100_KOSOVO-SYRIA-_0420_11-1555775538_988287_highres.jpgIl ajoute que ces personnes « méritent une réhabilitation et l’espoir d’une vie paisible et loin des conflits. » [Photo] On se doute en effet que ces braves gens seront très à l’aise dans cet État fantoche, mi-mafieux mi-islamiste, né par la grâce des bombardements de l’OTAN en 1999 et arraché à la Serbie en toute iniquité. Cette intervention de l’OTAN, illégale et sans mandat de l’ONU, était « humanitaire » comme il se doit.

    Elle avait donné lieu à une gigantesque désinformation des Américains et des pays européens, inventant des épurations ethniques inexistantes et donnant des bilans de morts civils sans aucun rapport avec la réalité. Sur place, les combattants albanais maquillaient les cadavres de leurs combattants tués par les Serbes dans les combats et les faisaient passer pour des civils massacrés qu’ils venaient de découvrir. Les journalistes et les dirigeants occidentaux relayaient tout cela avec la complaisance qu’on leur connait.

    Le clou de cette désinformation fut l’opération « Fer à cheval ». Il s’agit d’un document révélé par le ministre allemand des Affaires Etrangères, Joschka Fischer, détaillant un vaste plan d’épuration ethnique du Kosovo afin d’en purger les Albanais musulmans (on ne parlait pas encore des Kosovars, ces derniers étant en réalité des musulmans d’origine albanaise). Cette diffusion fut le dernier acte de propagande avant l’intervention de l’OTAN qui bombardera massivement la Serbie, empêchant celle-ci de défendre son propre territoire.

    Le Monde diplomatique, supplément mensuel du Monde, a d’ailleurs reconnu tout cela dans un article étonnant (et courageux) intitulé « Le plus gros bobard de la fin du XXè siècle ». Il va même assez loin dans le processus de vérité, citant des extraits du Monde de l’époque, et appuyant sans pitié sur le sujet : « Loin d’être des internautes paranoïaques, les principaux désinformateurs furent les gouvernements occidentaux, l’OTAN ainsi que les organes de presse les plus respectés. Parmi eux, Le Monde. »

    Kossovo.jpgSur ce sujet on peut aussi se reporter à l’excellent livre de Nikola Mirkovic : Le martyre du Kosovo.

    Toute cette triste affaire aura, contrairement à ce qui avait été annoncé vigoureusement à l’époque, abouti à la création d’un nouvel État qui a autoproclamé son indépendance en 2008. Les Américains y sont solidement installés, ont construit une de leurs plus grandes bases européennes, appelée Camp Bondsteel et maintiennent sous perfusion une économie inexistante.

    Ce sont d’ailleurs eux qui ont organisé le rapatriement des djihadistes de Syrie. L’ambassadeur américain à Pristina a salué cette opération, la qualifiant « d’exemple important à suivre »…

    Espérons que non !  ■   

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste parmi les articles de dans notre catégorie Actualité Monde.

  • « Amo de moun païs… »

    par Louis-Joseph Delanglade 

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    « L'âme du pays perdure grâce à sa dimension tellurique ... » 

    Certains s’extasient sur les prestations fortement médiatisées de la jeune Greta Thunberg, laquelle, après Davos et l’Elysée, a de nouveau été exhibée le 15 avril, à Strasbourg cette fois et devant les députés européens : spectacle pathétique de cette adolescente suédoise sans doute manipulée par son entourage familial et certainement instrumentalisée par des groupes de pression écologistes pour lesquels le « renouvelable » est un business comme les autres. Tout se passe désormais comme si un catéchisme vert avait remplacé le défunt catéchisme rouge, celui-là même que brandissaient naguère ceux dont les plus ardents des activistes climatiques d’aujourd’hui sont les héritiers. Prophètes de l’apocalypse, rien ne les arrête, surtout pas l’échec probable ou avéré, à tout le moins l’impasse évidente, des solutions qu’ils proposent, de l’éolien au solaire en passant par la voiture électrique. 

    image.jpgOn se souvient du fameux « Notre maison brûle » de M. Chirac (Johannesburg, 2002) : belle image (sans doute inspirée par l’étymologie grecque, « oïkos », du mot écologie) mais de peu d’effet politique car chacun habite d’abord chez soi. Certes, les frontières n’ont pas arrêté le nuage de Tchernobyl, mais, s’il est des problèmes qui nécessitent de solides accords internationaux, cela n’a rien à voir avec ces grands-messes du messianisme vert, comme l’Accord de Paris sur le climat (2016), à la suite desquelles l’engagement contracté fait l’objet d’un respect inversement proportionnel à la foi et à l’émotion orchestrées par leur mise en scène. Qu’on le veuille ou non certains Etats, au demeurant peu nombreux, ont le pouvoir de faire la pluie et le beau temps. Et ces Etats, jaloux de leur souveraineté, c’est-à-dire d’abord de leurs frontières, restent maîtres de l’avenir écologique. 

    Mieux, ces frontières qui perdurent, ces limites qui déterminent l’en deçà et l’au-delà de chaque pays, restent à ce jour le meilleur moyen de se protéger des pollueurs, prédateurs, indésirables et envahisseurs de tout ordre. Voilà sans doute qui dérange nos écolos dont l’approche mondialiste minore fortement la dimension proprement humaine et enracinée d’une authentique écologie. Pour parler de la seule France, on ne peut nier que paysages, villages et villes ont acquis au cours des siècles et hors progressisme industriel une apparence forcément liée à nos cultures provinciales et à notre civilisation. Qui n’en veut plus de ces différences essentielles si ce n’est l’idéologie mondialiste basée sur la finance et les flux migratoires, idéologie pour laquelle les frontières nationales et l’enracinement local qu’elles permettent constituent des obstacles à abattre ? Voilà donc nos écolos, quoi qu’ils puissent prétendre par ailleurs, complices objectifs d’un libéralisme débridé, qui s’accommode fort bien de leurs options sociétales. 

    588451919895_m.pngLes mondialistes de tout poil font ainsi cause commune dans une sorte de libéralo-libertarisme dont le seul adversaire reste les tenants de la souveraineté nationale, garante de frontières à l’intérieur desquelles vivent ces subdivisions territoriales léguées par l’Histoire que d’aucuns (un Mistral, un Barrès, un Maurras) dénommaient si joliment les petites patries. Relisons les premiers vers du Calendau de Frédéric Mistral (la fameuse « invocation ») : l’âme du pays, en l’occurrence de la patrie provençale, incarnée dans les hommes et les événements historiques, cette âme perdure grâce à sa dimension tellurique : elle est la terre elle-même, au sens large, la « terro maïre » (la terre mère). Cette âme, Mistral, grand admirateur de Lamartine, nous dit qu’elle est dans le fleuve, le vent, la forêt ou encore les calanques de sa Provence. Peut-il y avoir message plus écologique que celui qui fait de la nature, donc de la défense de son intégrité par tous les moyens, le siège de l’âme de la patrie ?   

  • Quand France Inter finit par avouer la vérité sur le feuilleton euro-britannique : L'Europe otage du Brexit ! Écoutez !

     
    Le premier ministre britannique Theresa May à son arrivée à Bruxelles pour le sommet européen sur le Brexit
     
    Le premier ministre britannique Theresa May à son arrivée à Bruxelles pour le sommet européen sur le Brexit © AFP / Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

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    5 minutes.

    France Inter

    L'Europe otage du Brexit

    LA CHRONIQUE DE JEAN-MARC FOUR

  • Sommet populiste à Milan : vers une nouvelle Europe ?

    Par Nicolas Gauthier

    296519203.jpgUn excellent article lu dans Boulevard Voltaire du 9 avril. Des échos tout récents qui nous parviennent directement d'Espagne nous portent à croire que ce dernier pays est désormais en chemin pour rejoindre ses voisins impatients de construire une nouvelle Europe sur ses bases historiques et populaires.  LFAR

    « Sale temps pour Jean Monnet ... »

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    Lundi 8 avril 2019, sale temps pour Jean Monnet, certes l’un des pères fondateurs de l’Europe, mais agissant plus pour les intérêts américains que ceux des Européens. Marie-France Garaud l’affirmait il y a longtemps, Philippe de Villiers le confirme aujourd’hui. Ce lundi, qui pourrait demeurer fameux, a donc vu la rencontre au sommet de quatre leaders populistes – Olli Kotro (Les Vrais Finlandais), Jörg Meuthen (porte-parole de l’AfD allemande), Anders Primdahl Vistisen (Parti populaire danois) – sous la houlette du ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini.

    En ligne de mire de cette famille enfin recomposée ? Le couple franco-allemand, pas vraiment en forme, sachant qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron ne sont pas tout à fait dans des situations de politique intérieure leur permettant de tutoyer les anges. À propos de couple, celui que forme Matteo Salvini et Marine Le Pen était fortuitement amputé de moitié, la présidente du Rassemblement national étant retenue en France – impératifs de campagne électorale obligent.

    Assez logiquement, Le Figaro s’interroge : « Le Pen et Salvini sont en rivalité pour le leadership des partis populistes en Europe. » Tout cela n’est pas neuf. En 1972, c’est grâce au MSI italien que le FN français prend son envol, tandis que le rapport de force évoluera ensuite dans le sens contraire. Aujourd’hui, si l’antériorité campe de ce côté des Alpes, la dynamique engendrée par un début de prise de pouvoir se situerait désormais plutôt de l’autre. On a connu pire en matière de querelles de préséance ; tant ces deux-là ont de commun.

    Il y a l’âge, bien sûr, les ayant tous deux conduits à bousculer leurs formations politiques respectives. Au risque de tuer le père – pour elle, ce n’est pas totalement une clause de style –, Marine Le Pen a rénové le Front national de fond en comble. Tandis que Matteo Salvini faisait de même de la Ligue du Nord, faisant passer ce mouvement d’une sorte de séparatisme empreint de mépris vis-vis du Sud à un parti devenu italo-italien, plus nationaliste que régionaliste.

    Sur la question de l’euro, ils ont également dû modifier leur ligne, principe de réalité aidant. D’abord alerter les peuples sur les dangers de cette monnaie unique, avant d’en revenir à des positions moins tranchées ; menacer de quitter l’Union européenne pour ensuite proposer de la subvertir de l’intérieur : la politique demeure toujours l’art du possible. Mieux, Matteo Salvini et Marine Le Pen paraissent avoir aussi intégré ce fait majeur : le populisme est avant tout un style plus qu’un programme ; un contenant plus qu’un contenu politique. Lequel « style » consiste, principalement, en ceci, tel qu’assez justement défini par le politologue Ilvo Diamanti, cité par Libération de ce 7 février : « Matteo Salvini est l’interprète des humeurs du pays. Il s’adresse à ceux qui expriment rage, ressentiment et rancœur contre tout et tous ; comme le Mouvement cinq étoiles, il joue sur le climat antipolitique de la société italienne. »

    « Tout et tous », ce sont évidemment les élites, qu’elles soient politiques ou médiatiques. Lesquelles devraient, d’ailleurs, s’interroger sur ce désamour de plus en plus flagrant. Le peuple est peut-être injuste mais, en démocratie, il est tout de même censé avoir le dernier mot ; surtout lorsqu’il se rend compte que, non content de gouverner « sans » lui, le Système gouverne « contre » lui. Ainsi, et toujours à propos de l’alliance conclue avec le M5S, Salvini ne fait que reproduire – succès à la clef – ce que Le Pen a tenté d’initier lors de l’entre-deux tours de la dernière élection présidentielle. Si ce « Système », concept à base de « bonne gouvernance » et de « cercle de la raison », tel que circonscrit par Alain Minc, tend à réunir, en France comme en Italie, les vainqueurs de la mondialisation, majoritairement issus des bourgeoisies de droite et de gauche, il est tout aussi logique que les populistes tentent, eux aussi, d’unir les peuples de gauche et de droite. Plus qu’une réflexion programmatique, un simple réflexe de survie.

    Les populismes européens à la croisée des chemins ? Nous n’en sommes pas loin. Et le « Système » dans l’impasse ? Nous n’en avons jamais été aussi près.  

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    Journaliste, écrivain
  • « Tout va basculer ! ». L'Europe de Nathalie Loiseau a vécu ...

     

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    « Le monde actuel : le face à face des puissances. L'Europe ne peut se construire que sur les peuples, les nations, les États »

    Il fallait entendre,  jeudi soir (4 avril), autour de minuit, lorsque son tour fut venu, Nathalie Loiseau prononcer sa conclusion à la fin du grand débat de lancement de la campagne des européennes, sur France 2. Organisé, soit dit en passant, dans les formes terriblement contestables qu'on connait.  

    Nathalie Loiseau parle ... La succession des phrases apprises par cœur a comme toujours en pareil cas un air de récitation inconvenante. Cette parole artificieuse égrène la mécanique des arguments de telle sorte qu'ils ne peuvent guère convaincre, fussent-ils justes ... Ils ont été trop rabâchés et cette intellectuelle hors normes n'en a pas trouvé de nouveaux. L'écoute en devient ennuyeuse. dérangeante. Sans compter le phrasé monocorde. Y-t-il au moins un fond ? Ne sont-ce que des mots creux ? 

    Nathalie Loiseau porte la parole majoritaire au parlement. Minoritaire dans le pays. Si c'est un honneur, c'est un honneur redoutable. Elle exprime surtout la pensée présidentielle. Celle des oligarques hors sol et des élites mondialisées.  

    CarteRoutesdelaSoie.jpg.560x300_q85_box-0,146,5501,3088_crop_detail.jpgJustement, mondialisation, globalisation : où en est-on ? Nathalie Loiseau se rend-elle compte de ce qu'elle va dire ? Les arguments s’enchaînent, dont la mécanique l'entraîne. Mais aussi celle des mots. Pourquoi l' Europe est-elle si indispensable ? Pourquoi les États-nations n'ont-ils plus la taille pertinente ? Pourquoi vouloir une «  Europe-puissance » ? Qu'importe qu'elle ne puisse l'être que par la taille, la masse inerte, et non par la cohésion, la volonté, la dynamique d’un patriotisme ! L'Europe, il la faut à tout prix. Parce qu’elle doit faire front. Front commun. Contre qui ? Et là les «  face à » se succèdent. «  Face à la Chine ». «  Face aux Etats-Unis ». «  Face à la Russie ». « Face aux GAFA ». Quoi encore ? Elle pourrait ajouter quelques autres vraies puissances, c'est à dire nationales. Pourquoi pas «  Face à l'Inde » ? « Face au Japon » ? Cela fait beaucoup de face à face. Et beaucoup de monde. Le monde ... Tel qu’il est. 

    87d15281-7b63-475e-bc79-23e2472dc735.jpgNathalie Loiseau ne mesure pas qu'elle sonne ainsi le glas des idéologies, des artefacts institutionnels ou autres, des illusions, sur lesquels le monde a été sommé de vivre depuis 1945 et bien davantage encore depuis l'effondrement du bloc communiste autour de 1990. De quoi sonne-t-elle le glas ? La mondialisation ou globalisation, le multilatéralisme, l'embryon de gouvernance mondiale - façon Attali - que l'on croyait constituer et que l'on ne tarderait pas à «  finaliser » ... En bref, la fin de l'Histoire que l'on avait actée. L’avènement du Grand Marché globalisé. Et tout cela se conclut par de classiques « face à face ».  C'est le constat de Nathalie Loiseau. Le monde n'est plus constitué de sages « partenaires » parfaitement humanistes, œuvrant au Bien Commun Universel, se réunissant pour cela, mais bel et bien par des « concurrents ». Cela change les choses. Cela sonne aussi le glas de tout futur G20 qui maintiendrait ses prétentions universalistes passées. Si elle poussait un peu plus avant sa théorie des face à face, Nathalie Loiseau s'apercevrait que le champ intra européen en est tout aussi empli. 

    Etude-et-voyage-en-Allemagne.jpgPar exemple lorsque l'Italie au bord du krach financier négocie en solitaire avec la Chine l'ouverture de ses ports - à commencer par Trieste sur l'Adriatique - à cette route de la soie en construction par laquelle l'Empire du Milieu compte accéder en force aux marchés européens. Les exemples de telles entreprises en solitaire ne manquent pas en Europe et des plus importantes. Nathalie Loiseau devrait savoir que tel est précisément le cas de la Grande-Bretagne qui s’en va mais tout autant de l'Allemagne qui reste. Pour l’instant. Son nationalisme réel et très profitable est démo-compatible…  

    ob_1628b7_tout-va-basculer.jpgEn somme, volens nolens, Nathalie Loiseau a utilisé les mots qui confirment que nous sortons  d'une ère. ou, si l'on veut, d'un cycle, pour un autre. Ce que dit François Lenglet dans un ouvrage* qui vient de paraître dont il développe la thèse sur toutes les antennes. Et ce que Pierre Renucci a montré pareillement dans une remarquable tribune ** sur lafautearousseau. 

    Nathalie Loiseau trahie, la pauvre, par les mots ? Eh bien ! peut-être l'ignore-t-on à l'ENA, il faut donner un sens plus pur aux mots de la tribu. C’est-à-dire veiller, c'est la moindre des choses, à ce qu'ils correspondent autant que faire se peut à la simple réalité du monde actuel. Tel qu'en lui- même ....  lafautearousseau

    * François Lenglet, Tout va basculer ! – Albin Michel, 2019, 16€90 

    ** Pierre Renucci, Fin de cycle, lafautearousseau, jeudi 4 avril 2019
    Retrouvez l'ensemble des chroniques En deux mots (123 à ce jour) en cliquant sur le lien suivant ... 
    En deux mots, réflexion sur l'actualité
  • Cardinal Sarah : « Si les dirigeants de l’Occident se résignent à la tiédeur et oublient ses racines chrétiennes, ils le conduisent droit à sa perte »

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgTout le monde n'a pas lu ou ne lira pas cet entretien donné par le cardinal Sarah à Atlantico, hier 8 avril. Pourtant, il doit être lu - raison pour laquelle nous avons décidé de le reprendre ici - tant les déclarations de ce haut prélat de l'Église catholique nous paraissent importantes pour la France et pour l'Occident. Tant ses analyses tranchent avec le discours le plus courant de l'Église d'aujourd'hui, hélas délétère, y compris celui du pape François. « Laissons François » répond le cardinal Sarah - et on le comprend ! - à une question de Jean-Sébastien Ferjou. À propos de ce dernier, disons qu'il nous paraît être l'un des journalistes les plus brillants de sa génération et l'un des débatteurs les plus lucides des plateaux de télévision. Ici, avec le cardinal Sarah, il se trouve à une autre altitude.  lafautearousseau

    GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la parution de l'ouvrage « Le soir approche et déjà le jour baisse »  publié aux éditions Fayard, le cardinal Robert Sarah se livre à Atlantico. Première partie d'un entretien en deux volets.

    2ff6842cf58019c057615601d7ce8403.jpgJean-Sébastien Ferjou : Eminence, vous parlez de la crise de l'Eglise, vous en analysez les différents symptômes, puis vous parlez de la crise de l'Occident. Vous utilisez deux images, celle de l'homme riche qui suit Jésus jusqu'au moment où Jésus lui demande de renoncer à sa fortune, ce que cet homme refuse parce qu'il a trop de biens. Et une autre : « Le monde moderne a renié Dieu car il ne voulait pas voir son image reflétée dans les yeux de Jésus. Mais s'il refuse de se laisser regarder, il finira comme Jésus dans le désespoir. Tel est le signe de la crise contemporaine de la foi » . L'Occident n'a plus voulu de ces renoncements au confort matériel ou moral et n’a plus accepté de se laisser regarder dans cette posture. Diriez-vous que l'Eglise est en crise parce qu'elle est trop occidentale ? Ou que l’occident est en crise car le christianisme l’est aussi ?

    Cardinal Robert Sarah : Je peux me tromper, mais moi je ne distingue pas l'Occident de l'Eglise. L'Occident est chrétien, a été façonné par le christianisme. Sa culture, son art, sa vision de l'homme sont chrétiens. La crise de l'Eglise est en même temps la crise de l'Occident. La crise de l'Occident est en même temps celle de l'Eglise. Nous ne pouvons pas logiquement séparer les deux. Pour moi, comme Africain, l'Occident a été créé par le christianisme, même si on refuse les racines chrétiennes de l'Occident aujourd'hui. Mais on ne peut pas nier cette culture, ce que vous êtes. Votre art, votre musique, tout est chrétien. Les deux s'influencent. L'Occident n'est pas quelque chose en l'air.

    Beaucoup de prêtres ne sont plus occidentaux aujourd'hui…

    Bien sûr. Mais l'Occident c'est le christianisme, qu'il soit protestant ou catholique. La culture, l'art, la pensée sont chrétiens. Les deux crises sont contemporaines et corrélées. Car l'Eglise, c'est vous, les prêtres comme les laïcs.

    6a00d83451619c69e201b8d2350b06970c.jpgIl y a aussi de nombreux croyants chinois, sud-américains ou africains…

    Oui, mais si nous sommes chrétiens ailleurs dans le monde qu’en Europe, c'est parce que l'Occident nous a apporté le christianisme. La mission de l'Occident n'est pas pour moi le fruit du hasard. Dieu l'a voulue ainsi. C'est vous qui avez envoyé des missionnaires partout. On ne peut donc pas vous séparer de l'Eglise. La crise de l'Occident est donc contemporaine de la crise de l'Eglise. C'est parce que l'Eglise s'est affaissée que l'Occident s'est affaissé. Et réciproquement. Qui témoigne de l'Evangile dans la politique ? Ce n'est pas le prêtre mais les laïcs. Qui témoigne de l'Evangile dans l'économie ? Ce n'est pas le prêtre mais aussi les laïcs.

    Justement, trouvez-vous que les catholiques français - peut-être par une mauvaise compréhension de la laïcité - ont renoncé à la part de témoignage dont ils devraient être porteurs en masquant leur identité catholique pour ne pas heurter les autres ?

    La laïcité à la française est une parfaite contradiction : vous êtes essentiellement façonnés par l'Eglise. Vous ne pouvez pas dire je suis laïc dans la société et je suis chrétien à l'Eglise, c'est ridicule. Un homme ne peut pas être divisé : il est Un à tout point de vue, en toutes circonstances. Un Français à l'Eglise est aussi un Français en politique. C'est une incohérence que d’imaginer l’inverse. La foi est une réalité intime mais elle doit aussi être vécue en famille et dans la société au sens large.

    Pensez-vous que les évêques français se sont trop retirés du débat public ?

    Ils n'ont pas à participer à la politique en tant que telle. Mais ils doivent défendre les valeurs chrétiennes, les valeurs de la vie, les valeurs de la morale, c'est leur devoir. Ils doivent défendre ce que Dieu leur dit de défendre.  Ils doivent dire ce que Dieu demande de nous. Tout ce qui est dans les commandements – tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne commettras pas d'adultère – ils doivent le répéter aux gens. Ils doivent dire que le mariage est un mariage entre un homme et une femme. Ils doivent dire qu'il ne doit pas y avoir de divorce car personne ne peut se marier pour casser sa famille. Ceci est valable pour les chrétiens mais aussi pour toute la société.

    Vous évoquiez ce qu'on appelle en France le « Mariage pour tous »  ou les problématiques de filiation qui en découlent - PMA, GPA. L'Eglise s’est-elle montrée suffisamment aimante envers les personnes différentes ? L'Eglise n'a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité dans la montée des revendications sociétales faute d’avoir su écouter et accueillir des chrétiens ou des non-chrétiens aux trajectoires de vie moins évidentes ? Sans céder sur ses enseignements bien sûr mais en ne se montrant pas excluante.

    Je pense qu'il faut faire une distinction entre l’Eglise et ceux qui l’incarnent. Moi je peux être un mauvais prêtre. Mais regardez qui m'a donné mon sacerdoce : c'est Jésus. Lui demande la même chose à tous de la même manière. Même s'il y a une défaillance au niveau des prêtres ou des évêques, le message de fond, lui, ne change pas. Et c'est ce que je dis aux gens : si moi je suis défaillant, portez votre regard sur le Christ.

    Mais sur le Mariage pour tous, je demeure persuadé qu’il était essentiel pour l’Eglise de défendre l’ordre naturel des choses. Car c’est celui voulu par Dieu.

    Vous expliquez que les Occidentaux opposent leur liberté à cet ordre naturel dont vous venez de parler, qu'ils font entrer la liberté en concurrence avec la loi naturelle, ce qui est finalement ne pas comprendre la nature réelle de la liberté…

    On a perdu le sens de la liberté. La liberté, ce n'est pas suivre ses tendances, ses instincts sans recul. La liberté, c'est chercher la vérité, c'est chercher le bien-être, pas seulement personnel mais de tous. La liberté ne revient pas à casser celle de l'autre. Au contraire, ma liberté me contraint à nouer des relations dans lesquelles je respecte l'autre. Quand vous conduisez dans la rue, votre liberté est freinée par le feu rouge. Si vous continuer à aller tout droit, vous écrasez des gens. Aucune liberté n'est totale. Toute liberté est freinée. Et de ce point de vue, la loi naturelle n’est pas une entrave : c’est la grammaire de notre nature.

    L'œcuménisme, le dialogue interreligieux sont des valeurs très occidentales. Vous dites qu'on les a beaucoup transformées en irénisme, en une sorte de niaiserie. Avez-vous été frappé par la déclaration du pape François qui a lancé un appel avec le roi du Maroc à la liberté de culte à Jérusalem, en oubliant peut-être de préciser qu'il faudrait aussi que la liberté de culte soit respectée dans les pays arabes – particulièrement dans le Golfe ? Le pape accepte que les chrétiens ne fassent pas de prosélytisme pour donner des gages de sa volonté pacifique mais ne réclame pas la pareille aux musulmans avec lesquels il s’entretient.

    27854821810_040f50fdd8_o.jpgLaissons de côté François. L'œcuménisme, qu'est-ce que c'est ? Le Christ a voulu que nous soyons un. Cela ne signifie pas que pour dialoguer avec mon vis-à-vis, je dois renoncer à ce que je suis. La liberté, ce n'est pas cacher ma foi catholique, mes doctrines à moi, celles que j'ai reçues depuis mon baptême, tout ça pour m'accorder avec des anglicans, des protestants. Ce n'est pas ça. L’œcuménisme, c'est de réfléchir ensemble à la question : qu'est-ce que Dieu demande à nous autres croyants ?

    Le dialogue interreligieux est autre chose, il signifie de trouver des terrains d'entente pour ne pas se disputer, pour que chacun respecte la foi de l'autre. Mais si je crois que ma foi est meilleure, pourquoi ne pas la proposer à celui qui a une autre foi que moi ? Je ne lui impose rien, je lui expose juste ce que me dit ma foi, qui est Jésus pour moi. Mais si je cache mon identité et ma foi, ce n'est plus un dialogue et on se trompe alors l'un l'autre.

    Vous dites d'ailleurs qu'il faut proposer aux migrants notre foi chrétienne, pas l'imposer, la charité doit être gratuite, mais qu'il faut proposer notre identité…

    Si je reçois quelqu'un, je lui donne le meilleur de moi-même, ce que j'ai de plus beau. Or, si je donne aux migrants uniquement un toit, du travail, des médicaments… et que je lui cache ce qui fait vraiment un homme, son ouverture au transcendant, je le prive. Pourquoi ne pas proposer au migrant ma foi chrétienne ? Je ne lui impose absolument pas, je lui dis seulement : c'est une très bonne possibilité pour ton salut.

    Au-delà de ce que nous proposons aux migrants, je suis troublé par ce renoncement de l’Occident à sa propre identité. Non seulement, nous ne savons plus expliquer aux autres qui nous sommes mais nous ne le savons souvent plus nous-mêmes.

    Je crois que l'Occident pourra disparaitre s'il oublie ses racines chrétiennes. Les barbares sont déjà là, en son sein. Et ils lui imposeront leur culture, ils lui imposeront leur religion, leur vision de l'homme, leur vision morale si l’Occident n’a plus qu’un ventre mou et fuyant à leur opposer.

    Est-ce qu'une telle mort de l'Occident signifierait une mort de l'Eglise ?

    Cette mort de l'Occident pourrait entrainer la mort de l'humanité. L'Occident a eu la révélation divine par les apôtres, Pierre, Paul. Ils ont changé l'humanité et l'homme. Ici à Rome, dans l’Antiquité, les gens s'entretuaient et envoyaient des hommes se faire dévorer par les lions. Il n'y avait aucun sens de l'homme. L'Eglise a inculqué ce sens de l'homme aux Romains. Et l'Occident a changé. Il y avait l'esclavage. Beaucoup d'hommes religieux ont dit : ce n'est pas juste et l’Occident a été le premier dans le monde à y renoncer. Si l'Occident disparaissait parce que disparaissent ses racines, le monde changerait terriblement.

    Vous écrivez que le Seigneur est sans miséricorde envers les tièdes, vous revenez plusieurs fois sur cette idée et on sent que c'est quelque chose qui vous est cher. Vous citez d’ailleurs Charles Péguy : « Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée, c'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse, c'est d'avoir une âme habituée » . Pensez-vous que ceux qui se définissent comme progressistes, comme défenseurs de la démocratie et du Bien, que ce soit Emmanuel Macron en France ou ceux qui s'opposent aux populistes en Italie - sont dans une pensée courageuse ou dans une forme de pensée tiède, de pensée habituée ?

    Je crois que si ceux qui dirigent l'Occident, ceux qui veulent le conduire, le font sans –voire contre - le christianisme alors ils deviennent tièdes et conduisent l'Occident à sa perte. Sans cette radicalité évangélique qui change le cœur de l'homme et donc la politique, l'économie, l'anthropologie, ils œuvrent à sa disparition même si ça n’est pas leur intention.

    Regardez aujourd'hui ce qui se passe : il y avait six entités fondatrices à la création de l'Union européenne. Dans ces six, il y en a au moins cinq où les dirigeants ne savent pas ce qu'est une famille ou ce qu'est un enfant. Avant le gouvernement actuel en Italie, l'ancien Président du Conseil Paolo Gentiloni n'avait pas d'enfant. Macron, Merkel, n'ont pas d'enfants. Theresa May n'a pas d'enfants. Au Luxembourg, le premier ministre partage sa vie avec un homme. Quelles que soient leurs intentions, ces gens-là mènent l'Occident vers l’abîme. Ils ne savent pas ce qu'est une vie humaine, un enfant qu'on chérit parce qu'il est la vie.

    Ils pourraient vous répondre que les hommes d'Eglise non plus n'ont pas de famille…

    Ce n'est pas la même chose. Nous sommes sans famille parce que c'est un choix religieux. Eux sont mariés, en couple. Il ne faut pas mélanger les choses. J'ai fait un choix afin d'imiter quelqu'un qui m'a appelé et qui n'a pas fondé de famille. Mais Jésus me donne en retour le centuple : tous les hommes sont mes parents, mes frères, mes sœurs. En renonçant à une épouse, le prêtre reçoit le centuple.

    Entre les convictions modérées, tièdes pour reprendre votre expression, d'Emmanuel Macron ou des opposants au gouvernement actuel en Italie, et des personnalités pas du tout tièdes comme Matteo Salvini, Donald Trump ou Viktor Orban qui parfois assument une identité chrétienne, voire catholique, même si le pape avait considéré que Donald Trump n'était pas chrétien, qu'est-ce que vous préférez ?

    Dans la révélation, Dieu déteste les tièdes. Dans le chapitre 3 de l'Apocalypse, il dit : puisque tu n'es ni chaud ni froid, je te vomis. Dieu déteste la tiédeur.

    L’Occident, c’est le christianisme mais c’est aussi la science, la technologie, la Silicon Valley et ses recherches sur le transhumanisme ou l’immortalité.

    Mais que veulent ces gens ? Vivre jusqu’à 150 ans, 300 ans ? Que peuvent-ils bien en attendre ? Humainement, qu'est-ce qu'un homme fait à cet âge- là ? Pire, pourquoi vouloir vivre aussi longtemps si c’est pour se contenter de jouir de possessions matérielles ?

    Sans aller jusqu'à ce fantasme d'immortalité, le fait que sur une même planète des gens puissent vivre de manière très différente, des pauvres sans accès à la médecine et d'autres avec des organes réparés, une meilleure vue… pourrait créer deux humanités. Redoutez-vous les découvertes scientifiques de ce 21ème siècle ?

    Je pense qu'avoir deux types d'hommes sur cette Terre est irréalisable. Et même si c'était fait, je ne vois pas quelle joie il y aurait pour un homme « invincible »  à voir d'autres hommes mourir lentement à côté de lui. Dieu ne nous a pas créés immortels, sauf dans notre âme. Physiquement, tout ce qui est créé est fini. Tout cela, c'est vouloir être comme Dieu. Et c'est une illusion. Et même si on réussissait à faire de tels hommes – invincibles, immortels – sur cette Terre, que feraient-ils de cette immortalité ? Notre bonheur, c'est Dieu, pas l’imitation de Dieu.

    Vous parlez de cette Terre. Avec les inquiétudes sur l’environnement et le climat, «  sauver la Planète »  est devenu un slogan politique majeur. Mais peu de gens parlent de sauver l'homme et l'humanité…

    cardinal-robert-sarah_article_large.jpgSauver la planète alors qu’on continue à tuer des enfants ou qu’on tue les vieillards quand leur faiblesse déplaît aux regards ? Mais que sauve-t-on alors ? Quand on perd Dieu, on perd l'homme. Dieu n'existant plus, on sauve la nature. Mais qu'est-ce que la nature sans homme ?

    J'ai vu un évêque du Congo lors du dernier synode qui disait : dans notre région, on était heureux, il y avait des fleuves, des arbres… et ils sont venus chercher je ne sais quel minerai et ont creusé, puis ont pollué toutes les rivières. Pour boire de l'eau dans son diocèse, ils doivent désormais l'importer. Les gens n'ont plus d'eau potable. Il faut sauver les fleuves bien sûr. Mais pas indépendamment des gens qui boivent dedans.

    Est-ce à dire que certains écologistes ont une théologie négative, ou que la planète est devenue leur Dieu ?

    On a effectivement fait de la planète un Dieu, mais c'est une idolâtrie. Mais c'est un Dieu qu'on ne respecte même pas, parce qu'on la pollue, on l'exploite de manière désordonnée, au détriment des habitants. Il suffit de regarder ce qui se passe en Amérique Latine ou en Afrique. Les hommes ne comptent plus. Ce qui compte c'est le gain. Et ce sous le prétexte qu'on veut sauver la nature.

    C'est de la comédie. Tant que l'homme ne connait pas ses limites, qu’il ne reconnait pas qu'il n'est pas Dieu, qu'il a été créé par quelqu'un, qu'il vit dans une nature si bien organisée, nous ne sauverons ni les hommes ni la nature.  Pourquoi l'homme ne veut-il pas reconnaitre qu'il a été créé, qu'il a des limites ? Quand on regarde la profondeur de l’univers, le mouvement des étoiles, on voit pourtant bien que ce n'est pas le fruit de l'intelligence humaine. Et que ce n'est pas un hasard non plus.

    Vous le dites dans le livre : les gens préfèrent ne pas recevoir un héritage parce qu'ils ne veulent rien devoir à personne…

    Exactement. Ils veulent tout ce qu'ils ont eux-mêmes créé. Il n’y a plus que cela qui compte. Pourquoi le monde moderne veut-il à ce point sauver la nature mais pas celle de l’homme ? La dignité de l’homme consiste pourtant à être fondamentalement un débiteur et un héritier. 

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  • Europe et dénatalité

    Les conjoints des chefs d'Etat au sommet de l'OTAN, le 25 mai 2017 

    Publié le 11 juillet 2017 - Actualisé le 9 avril 2019 

    Par Péroncel-Hugoz

    Informé par des statisticiens chrétiens des Etats-Unis, notre chroniqueur s’est penché sur le phénomène de « dénatalité » constaté récemment parmi le haut personnel politique en Europe occidentale.

    peroncel-hugoz 2.jpgL’élection cette année à la présidence française d’Emmanuel Macron (39 ans, né en 1977), le plus jeune chef d’Etat français depuis Napoléon Bonaparte (Premier consul à 30 ans, en 1799) a suscité l’attention de chercheurs catholiques nord-américains, dont le journaliste Phil Lawler, connus pour investiguer dans les affaires intimes de leurs contemporains. Ils en ont déduit, par exemple, que si le président Macron reste marié à son épouse actuelle, Brigitte Trogneux (née en 1953, 64 ans, mère de trois enfants par son mariage précédent avec un certain M. Auzière qu’on donne pour « financier »), il n'aura pas de postérité. 

    Sur cette lancée, la curiosité démographique de nos chrétiens anglo-saxons les a conduits à dresser la liste des grands dirigeants d’Europe occidentale, mariés ou « en couple » - mais sans le moindre enfant. Cette liste est longue ; en voici « les stars » : la chancelière allemande, la Première ministre britannique ainsi que les chefs de gouvernement hollandais, suédois, écossais, italien, etc. Le Grand-Duché de  Luxembourg bat, si l’on ose dire, tous les records avec le tout-puissant président en exercice de la Commission européenne, marié sans postérité, et son compatriote le Premier ministre du minuscule Etat luxembourgeois, époux…d’un autre homme. Cette union officielle entre personnes de même sexe est légale depuis 2015 dans cette monarchie catholique créée en 1867 sur une base historique plus ancienne. 

    Lors du sommet du Pacte atlantique, ce printemps, à Bruxelles, les téléspectateurs du monde entier ont pu voir, avec stupéfaction pour pas mal d’entre eux, la photo des « premières dames » dont les époux participaient à ce sommet. A côté de la reine des Belges et de la « compagne » du Premier ministre belge, on notait la présence de Mme Trump en grand décolleté, de Mme Macron en robe courte, de Mme Erdogan, empaquetée en bleu, et enfin celle du « mari » du chef du gouvernement luxembourgeois… 

    Ce que ces chrétiens américains, férus de statistiques matrimoniales européennes, n’ont pas relevé, c’est le contraste abyssal entre la dénatalité en Europe occidentale, symbolisée par cette photo qu’on n’ose plus guère appeler de « famille » et le grand nombre d’enfants animant la plupart des cours européennes (Danemark, Norvège, Suède, Angleterre, Hollande, Belgique, Luxembourg, Liechtenstein, Monaco, Espagne) mais aussi la plupart des familles royales seulement prétendantes (Portugal, Italie, Grèce, Bulgarie, Allemagne, France, etc.). 

    Un constat s’impose : les couples politiques ne voient guère plus loin que leur propre vie ou carrière tandis que les couples princiers, ayant l’habitude héréditaire de la continuité nationale, essaient, eux, de se projeter dans l’avenir.

    Rendez-vous dans 50 ou 100 ans !

    Lire : Philippe d’Edimbourg - Une vie au service de Sa Majesté, par Philippe Delorme, Tallandier, Paris, 2017. 300 p. avec cahier de 24 photos
    Péroncel-Hugoz
    Repris du journal en ligne marocain le360 du 7.07.2017
  • IL FAUT LIBÉRER L'EUROPE

    par Louis-Joseph Delanglade 

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    « Pour une renaissance de la vraie Europe, celle si variée des peuples et des nations, dont les seuls représentants sont les Etats... » 

    L’argument prétendument dirimant des européistes est que, conçue pour assurer la paix en Europe, ce qui est devenu aujourd’hui l’Union européenne a parfaitement réussi. Argument rien de moins que fallacieux.

    l_equilibre_de_la_terreur_2005_1.jpgEn effet, une Allemagne écrasée par la coalition soviéto-américaine et une France empêtrée dans ses guerres coloniales eussent été bien incapables, dans les années d’après-guerre, de se ré-affronter militairement alors même que le continent européen était tenu, voire occupé, par les deux super-puissances. C’est donc bien plutôt l’équilibre dit « de la terreur », forme moderne de la paix armée, qui a permis l’éclosion de la CECA puis du Marché commun, l’Union d’aujourd’hui n’étant en fait que le dernier avatar de cette Europe-croupion, forcément inféodée dès le début aux Etats-Unis. 

    Ces derniers ont tout naturellement, après leur victoire de 1945, continué d’imposer leur vision des choses au Vieux Continent, conformément à leur idéologie mise en oeuvre dès les traités de paix qui ont suivi la première guerre mondiale. Et cela s’est poursuivi même après la disparition de l’Union soviétique, ce que prouve la gestion du démembrement de la Yougoslavie. Aux diverses puissances qui composent de jure l’Union d’aujourd’hui, il convient donc d’ajouter les Etats-Unis, devenus de facto une sorte de puissance européenne grâce à leur force militaire et à leur influence culturelle. La première raison est évidente puisque l’Otan est à leurs ordres. M. Trump peut bien faire mine de bouder l’organisation, celle-ci reste un formidable moyen de pression sur les capitales concernées (confort sécuritaire oblige) mais aussi de profit (vente d’armes aux « alliés »).

    830x532_donald-trump-emmanuel-macron-washington-24-avril-conference-presse-commune.jpgLa seconde raison est plus subtile qui fait des Etats-Unis une « puissance douce » du fait de l’américanisation des élites européennes : la plupart de ceux qui sont aux postes de commande ou d’influence de ce côté-ci de l’Atlantique, formés si ce n’est « formatés » dans les universités d’outre-Atlantique, manifestent même inconsciemment une complaisance évidente pour les les façons d’être, de faire et de penser américaines. 

    Au regard de ces enjeux, qu’il a paru décalé le débat-brouhaha concocté par France 2 (jeudi 4) ! Du fédéralisme incantatoire d’un Lagarde au Frexit assumé d’un Asselineau on a bien eu droit à tout l’éventail des propositions. Mais les opposants les plus déterminés à l’Union, ceux qui la critiquent à  juste titre en tant que telle, semblent mal mesurer et les problèmes posés par une sortie plus ou moins sèche et l’illusion d’une réforme de l’intérieur via un groupe parlementaire important.

    capture_decran_2016-09-07_a_10.52.35.pngEt ceux qui, malgré tout, maintiennent plus ou moins leur confiance à l’Union, ne veulent pas admettre que cette Europe-là est une impasse politique car, d’essence rationaliste, il lui manque l’assentiment populaire : faite par et pour des élites coupées de l’Histoire, mais aussi dépourvue d’affect et d’imaginaire, elle « ne se souvient d'aucun passé et ne définit aucun avenir », selon l’écrivain-philosophe Régis Debray (Le Figaro, 29 mars). 

    Pour une renaissance de la vraie Europe, celle si variée des peuples et des nations, dont les seuls représentants sont les Etats, il faudra bien, à défaut de pouvoir l’amender, se débarrasser de l’Union mais aussi recouvrer une indépendance perdue il y a un siècle au profit de l’allié américain. Alors ou en même temps on pourra envisager non une copie de l’Etat fédéral américain mais bien ce qui correspondrait davantage au génie propre de l’Europe, à savoir une confédération.  

  • Figaro de ce jour : Le Brexit « No deal » se précise. Les passeports anglais sans « UE » seraient déjà imprimés...

    Figaro : Le Brexit « No deal » se précise. Les nouveaux passeports anglais - sans UE déjà imprimés ...

  • Fuite en avant des banques centrales pour retarder l’explosion du Système

    Par Marc Rousset    

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    « La BCE en est réduite à prévoir des prêts géants à long terme »

    Lors d’une conférence à Paris, le jeudi 28 mars 2019, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a pu déclarer : « Si nous avons un choc défavorable, la première réponse serait d’employer les outils monétaires habituels. Si cela ne suffit pas, il y a d’autres instruments dans la boîte à outils qui ont déjà été employés et il est certain qu’on les emploierait à nouveau si nécessaire. »

    Autrement dit, baisse à venir des taux d’intérêt déjà pas très élevés et reprise probable, en 2019 ou en 2020, de la création monétaire non conventionnelle par achat d’obligations, le fameux « QE ». Mais c’est aussi reconnaître l’échec de la politique laxiste pratiquée jusqu’à présent par les banques centrales.

    En fait, la Fed a jeté l’éponge le 20 mars dernier avec une volte-face historique puisque, trois mois auparavant, elle affirmait que la taille de son bilan serait réduite, en 2019, de 50 milliards de dollars par mois et que les taux continueraient de grimper. En septembre 2019, la Fed aura toujours, dans son portefeuille, plus de 3.500 milliards d’obligations, soit 17 % du PIB, alors que ce chiffre s’élevait à seulement 6 % en 2006. L’économie est droguée avec des taux bas, une liquidité record, une dette record, trop d’entreprises zombies, une croissance insuffisante et une bulle des actifs. La Fed ne peut plus faire marche arrière, seulement aller de l’avant tout droit dans le mur, tout comme la BCE en Europe !

    La Fed a capitulé face aux pressions politiques de Trump et des « banksters » de Wall Street. Le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a appelé, vendredi dernier, la Fed à baisser ses taux immédiatement d’un demi-point pour les ramener entre 1,75 % et 2 %, au lieu de 2,25 % et 2,50 %. Trump vient de nommer Stephen Moore, un économiste soumis, au Conseil de la Fed en précisant qu’il n’avait pas l’intention de limoger le président de la Fed, Jerome Powell, soi-disant indépendant. L’outil « Fed Watch » du marché de Chicago CME montrait, vendredi dernier, une très forte probabilité que les taux soient rabaissés.

    Le comble, c’est que cette politique est présentée sous le nom de « théorie monétaire moderne » ! En fait, la TMM n’est ni moderne ni une théorie, mais de la démagogie pure et simple pour justifier les bas taux d’intérêt et le laxisme de la création monétaire. Le Système veut nous faire croire, par ce subterfuge, que les taux d’intérêt pourraient un jour remonter, alors qu’il en sera incapable. Selon le site Bloomberg mondialement connu, « la TMM est une blague qui n’est pas drôle ». Les empereurs romains et les rois de France pratiquaient déjà la création monétaire laxiste avec de moins en moins d’or et d’argent dans chaque pièce de monnaie. On peut illusionner en créant de la monnaie à volonté, mais on ne peut pas créer de la richesse économique à volonté sans capital, sans technologie et sans travail compétitif.

    Le taux des obligations américaines à long terme sur dix ans est passé en dessous du taux des bons du Trésor à trois mois pour la première fois depuis 2007. Au cours des sept dernières fois où la courbe de rendement s’est inversée, l’économie américaine est entrée, en moyenne, en récession après onze mois. Selon le modèle de récession de la Fed de New York, la probabilité de 29 % est aujourd’hui plus élevée que celle observée avant cinq des sept dernières récessions. Le fait qu’en Europe, le taux négatif du Bund allemand à 10 ans de -0,008 5 % soit inférieur à celui du taux japonais de -0,008 3 % – une première depuis 2016 – est aussi annonciateur de cataclysme.

    Le retour en grâce des métaux physiques précieux en or et en argent est aussi très préoccupant puisque, de 2009 à 2018, les achats d’or de 16.200 tonnes ont été multipliés par 4 par rapport à 1999-2008, tandis que les achats d’argent de 57.800 tonnes étaient multipliés par 3,8.

    Les banques centrales, en créant de la monnaie non conventionnelle et en baissant les taux d’intérêt, empêchent les banques, les États hyper-endettés et les Bourses de s’écrouler dans l’immédiat, mais elles ne pourront pas empêcher l’inéluctable récession à venir et c’est alors que le Système explosera d’une façon encore plus violente, avec un effondrement monétaire en lieu et place d’un simple krach économique, financier et boursier, style 1929 !    

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    Économiste
    Ancien haut dirigeant d'entreprise
  • C Politique : F. Lenglet développe tranquillement des analyses économico-politiques « incorrectes » mais novatrices

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgCette heure et quart de débats doit être écoutée. Non pas pour ce qu'y disent les différents intervenants qui ne font que ressasser en toute matière des formules convenues archiconnues mais pour ce qu'y déclare François Lenglet de réfléchi, d'original et de juste. 

    Sur chacun des sujets - le Brexit, l'Europe, le libre-échange, la crise économique en vue à court terme, l'évolution des systèmes politico-économiques du monde, etc. - Lenglet développe des analyses libérées de l'idéologie qui ouvrent sur des perspectives économiquement et politiquement incorrectes. Notamment lorsqu'il constate tranquillement la fin du cycle libéral des 50 dernières années et l'ouverture d'un nouveau cycle protectionniste, qui voit le retour des nations, des peuples et des États, des pouvoirs autoritaires et du politique en général. Inutile d'en dire davantage. Bonne écoute !  LFAR 

     

     1h16'

  • Quand l’oiseau s’envole

    par Louis-Joseph Delanglade 

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    « Une trop belle image du fourre-tout idéologique macronien… » 

    La mise en scène outrée de sa déclaration de candidature en plein direct d’un débat l’opposant à Mme Le Pen (14 mars) n’a certes pas aidé Mme Loiseau, personne n’ayant été dupe de sa prétendue volte-face, en réalité un de ces trucs de communication prisés des jeunes conseillers de l’Elysée.

    B9719049448Z.1_20190327160030_000+G5QD91TRB.1-0.jpgMoins de deux semaines après (26 mars), nouveau fiasco, la présentation des candidats de la liste officielle sombrant dans le comique le plus grossier : une tête de liste endormie face à une salle quasi-vide, un directeur de campagne qui ne cesse de bafouiller, une estrade qui s’effondre au moment de la photo et fait rire la France entière : comme le dit M. Ciotti, c’est « Le Ridicule En Marche ». On n’avait pourtant pas encore tout vu : le meeting d’ouverture (Aubervilliers, 30 mars) aura permis aux mélomanes d’apprécier un remix (anglicisme pudique pour « altération d’un morceau de musique original ») du thème musical de l’ « Ode à la joie » de Beethoven ; il s’agissait, paraît-il d’une version « techno » : la barbarie ne connaît pas de limite. 

    880x495_cmsv2_a0efa77a-5147-53df-836c-1019b7abedf3-3755820.jpgVoici donc Mme Loiseau en campagne. Sa liste, baptisée « Renaissance », est censée porter les convictions que M. Macron a explicitées dans une tribune publiée en mars dans les vingt-huit langues des pays de l’Union européenne : inévitable affichage de bonnes (et moins bonnes ) intentions. Reprenant à son compte le manichéisme lexical primaire de M. Macron qui oppose « forces populistes » et « offre progressiste », Mme Loiseau a choisi de privilégier l’aspect purement politicien de son entreprise : son objectif est bien d’arriver en tête, devant la liste du R.N. Du coup, et en rappelant ici que « Europe » et « Union européenne » ne signifient pas du tout la même chose, le seul intérêt de cette élection sera le match entre ce qu’il est convenu de nommer souverainistes et européistes ou, si l’on préfère, euro-sceptiques et euro-béats. 

    pascal-canfin-nathalie-loiseau-et-stephane-sejourne-lors-de-la-presentation-de-la-liste-lrem-aux-elections-europeennes-mardi-26-mars_6165668.jpgCet aspect politicien est d’ailleurs conforté par le subtil panachage des personnalités de la liste de Mme Loiseau. Quelques non-engagés seulement mais surtout des personnalités venant de façon assez équilibrée de la gauche, de la droite, « des » centres, écologistes compris. Quelques noms connus dans les premières places : M. Canfin, énième écologiste en rupture de ban, Mme Keller qui fut maire UMP de Strasbourg ou encore l’ineffable M. Guetta, icône incontestée de la géopolitique médiatique dont le passé trotskiste (Jeunesse communiste révolutionnaire puis Ligue communiste) n’inquiète personne maintenant que sa dérive semble s’achever au portes du centre droit. 

    JeanCchristophe_Rufin.jpgIn fine, on peut penser que la personnalité même de Mme Loiseau constitue son principal handicap. Elle est en effet une trop belle image du fourre-tout idéologique macronien. Le titre de l’article de M. Porter (Causeur, 29 mars) dit tout à ce sujet : « Nathalie Loiseau : pour la libération des femmes, le hijab, la GPA et le pape à la fois - On comprend mieux pourquoi LREM en a fait sa tête de liste européenne ». De son côté, M. Rufin, [Photo] l’académicien-ambassadeur-écrivain, pas le député agité, souligne son côté « hors sol » insupportable aux Français, tellement représentatif de tout ce que l’on reproche à l’Union : de fait, Mme Loiseau a travaillé essentiellement dans les ambassades françaises puis comme directrice de l’ENA, c’est-à-dire comme « mère supérieure des [apprentis] technocrates français » (France Inter, 25 mars). 

    Quoi qu’il en soit, cui cui, l’oiseau s’est envolé. On ne peut pas dire encore que c’est cuit, tout au plus que ce ne sera pas du tout cuit.