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Les bobards de l’intervention occidentale en Libye et au Kosovo

 

Par Marc Rousset 

 

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Quelque chose est en train de bouger ou de changer dans le royaume de France. Il est ahurissant qu’ait pu paraître sur la page 18 entière du Figaro du samedi 3 février 2018 un dossier aussi accusateur et politiquement incorrect que l’interview de Rony Brauman, ex-Président de Médecins sans frontières, par le grand journaliste Renaud Girard, Normalien, adepte de la « Real Politik », épris très souvent de vérité et d’un sens minimum de l’honnêteté intellectuelle.

Rony Brauman vient en effet de faire paraître son ouvrage intitulé : « Guerres humanitaires ? Mensonges et intox » (éditions Textuel). Cette chronique dans le premier quotidien français pourrait être le point de départ d’une commission d’enquête parlementaire française sur les mensonges politico-médiatiques lors de l’intervention en Libye. Les accusations de Rony Brauman sont d’autant plus graves que le Parlement britannique a mené une enquête qui a confirmé la réalité des bobards. L’ancien Président Obama a pu qualifier l’expédition en Libye, tant vantée pourtant par Hillary Clinton, de « plus grande erreur de sa présidence ».

guerres-humanitaires-rony-brauman-161x300.jpgLes bobards dépassent en intensité ceux des armes de destruction massive de Saddam Hussein pour justifier l’intervention américaine en Irak. On peut mieux comprendre à la lumière de cet ouvrage l’indignation des Russes et le désir de Poutine de ne pas être de nouveau le dindon de la farce en Syrie.

Contrairement à ce qui a été prétexté, la rébellion armée de Benghazi était parfaitement à même de se défendre et de protéger son territoire. Personne n’a jamais vu, à supposer qu’elle ait existé, la prétendue colonne de chars de Kadhafi. Il n’était de toute façon pas nécessaire de commencer une guerre ; de simples survols de la « colonne fantôme » ou des tirs d’arrêt auraient suffi.

Le colonel Kadhafi qui prétendait dans ses discours enflammés aller chercher les opposants « ruelle par ruelle », n’avait pas les moyens d’écraser la rébellion de Benghazi. L’attaque de manifestants à Tripoli par les avions de Kadhafi n’a également jamais eu lieu. Sarkozy, Cameron et Obama ont pu cependant déclarer : « Un chef d’Etat qui envoie son aviation contre son peuple n’est plus digne de gouverner ; il doit partir ».

De même les charniers de Benghazi et de Tripoli n’ont jamais existé. Le représentant de la ligue libyenne des droits de l’homme faisait pourtant état de six mille morts ensevelis à la hâte en une dizaine de jours. La quasi-totalité des médias, des hommes politiques et des intellectuels ont repris et divulgué en 2011 cette fausse information.

IL y a ceux qui voient ce qu’ils croient et ceux qui, comme les patriotes, croient ce qu’ils voient. La guerre était en réalité voulue par l’Occident. Il s’est passé seulement 5 semaines entre la première manifestation à Benghazi du 15 février 2011 et l’attaque aérienne française du 19 mars. Toutes les tentatives de médiation (Union africaine, Turquie, Sénégal, Afrique du Sud) ont été repoussées. Voilà ce que le politiquement correct et l’infâme BHL appellent une guerre juste !

A noter qu’il en a été de même pour la guerre déclenchée par l’Otan en mars 1999 qui a bombardé pendant 83 jours Belgrade et les populations civiles serbes alors que la  Serbie souhaitait reprendre le contrôle du Kosovo, son berceau mythique ancestral avec ses monastères, perdu le 28 juin 1389 face à l’empire ottoman lors de la bataille du Champ des Merles, envahi par l’immigration d’origine albanaise devenue majoritaire.

La véritable raison de l’agression par l’hyper-puissance américaine était alors le désir de justifier le maintien de l’organisation militaire de l’OTAN, de narguer les Nations-Unies, la Chine, l’Europe et la Russie, d’affaiblir l’Europe en favorisant le multi-ethnisme et l’islam, de poursuivre l’expansion militaire à l’Est et d’implanter la plus grande base militaire hors des Etats-Unis de « Bondsteel » forte de 10 000 hommes.

Le droit de l’hommiste Bill Clinton avait eu alors le toupet de dire : « Nous intervenons pour édifier un Kosovo pacifié et multi-ethnique ».  • 

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Économiste

Ancien haut dirigeant d'entreprise

Commentaires

  • cette guerre au kosovo quel infamie . Les Serbes étaient en droit de récupérer leur territoire c'est bien vrai . Je crois que nos dirigeants occidentaux sont devenus cinglés . Les Américains n'en parlons pas pffff . Quel monde

  • complètement d'accord, l'islamisation de l'Europe est le moyen trouvé par les USA pour affaiblir nos nations, cela fait longtemps que je le pense, mais personne ne semble le comprendre; pourtant il suffit de lire entre les lignes de l'actualité !

  • Oui, et les américains, depuis longtemps, ne sont pas nos amis. Chaque fois qu'ils en ont eu l'occasion, ils nous ont planté un couteau dans le dos comme, entre-autre, au Vietnam et en Algérie.

  • Qu'il me soit permis de proposer ces liens qui proposent souvent de très bonnes analyses :
    https://www.polemia.com/
    http://lesakerfrancophone.fr/
    https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/

  • N´oublions pas que le Danemark a aussi participé à l´opération.. Fogh Rasmussen était à l´´époque Premier Ministre. Un bon garcon...
    Mais bien entendu, les médias danois, mis à part un site Den korte avis - pendant de Boulevard Voltaire en France.- seront sur ce point fidèle au politiquement correct.
    G.L. Danemark

  • Très intéressante chronique de Marc Rousset.

    Pour ma part, je fais l'analyse suivante des deux évènement cités qui donnent l'occasion à certains lecteurs de LRAR de se déchaîner contre les américains qu'ils semblent détester viscéralement, on se demande pourquoi.

    1) L'affaire du Kosovo et le déclenchement de la guerre de l'OTAN contre la Serbie.

    Comme par hasard, Bill Clinton, alors président de USA, a déclenché cette opération au moment précis où la presse américaine a révélé le scandale de l'affaire Lewinski, nom de cette stagiaire de la Maison Blanche que Clinton a séduite (elle n'attendait peut-être que cela) et avec laquelle il a passé des moments très excitants dans un petit bureau tout près du bureau présidentiel ce qui a fait un énorme scandale aux Etats-Unis, peuple qui se veut moral et religieux.

    Bref, l'opération contre la Serbie a fourni une occasion en or à Clinton pour faire diversion en faisant montre d'un esprit moral contre les vilains Serbes de Milosevic qui martyrisaient les gentils et faibles musulmans du Kosovo. En outre, c'était une guerre qui se passaient loin de USA et ne portait pas trop à conséquence pour ce pays.

    2) J'ai toujours trouvé très bizarre l'empressement montré à l'époque par Nicola Sarkozy, président, qui a réussi à embrigader la Grande Bretagne de Cameron et les américains de Barak Obama dans l'opération contre Kadhafi, opération qui se voulait moral contre le méchant dictateur libyen dont le fils avait déclaré sans trop réfléchir sans doute que le soulèvement se terminerait dans un bain de sang, offrant ainsi un beau prétexte à un Sarkozy indigné en apparence par ce propos, pour se débarrasser du dictateur qu'il avait pourtant reçu en grande pompe quelques temps avant à Paris en lui permettant même d'installer sa tente folklorique à deux pas de l'Elysée. Mon opinion est que Sarkozy voulait se débarrasser de Kadhafi, témoin gênant, auteur et complice du financement illégal que ce dernier lui avait apporté pour sa future campagne électoral.

    Quant aux américains, ils restent à mes yeux les plus anciens alliés de la France qui leur a permis d'obtenir leur indépendance, il y a un peu plus de deux siècles grâce au grand roi que fut Louis XVI, grand stratège avec une vision de la France à laquelle il voulait rendre sa grandeur maritime après les déconvenues connues par Louis XV avec notamment la perte du Canada à la suite d'une défait maritime humiliante.. Ceci étant, il ne faut pas être naîf et il est vrai que les américains font la politique qui convient à leur nation mais de là à faire d'eux des ennemis systématique de la France, je répondrais qu'il faut garder un peu de calme et faire montre de réflexion !

    Je voudrais rappeler que lors de la commémoration de l'exécution de Louis XVI, en janvier 1993 (ou 1992 ?) à laquelle beaucoup de royalistes de cœur assistaient, il a pu être constaté la présence officielle de l'ambassadeur des Etats-Unis, un des rares sinon le seul représentant d'une nation à cette commémoration. Combien d'autres personnalités officielles se sont courageusement fait porter pâles, ce matin-là d'un froid glacial de janvier traversé par l'onde de choc du rappel de l'assassinat légal d'un grand roi qui n'a jamais voulu faire tirer un boulet de canon ou mêm une balle de fusil contre son peuple.

  • Je suis bien d'accord avec l'analyse de Gilbert Claret sur le Kosovo et la Libye.
    Moins d'accord sur les Américains.
    Certes, comme dirait De Gaulle, ce sont de bons et vieux alliés. Mais tout est relatif. C'est selon Comte, le seul principe absolu. Tout est relatif, notamment les alliances. Certes, il ne s'agit pas de "se déchaîner contre les américains" ni de les "détester viscéralement". Pas plus, d'ailleurs, que de les aimer "viscéralement". Laissons le viscéral à sa place.
    Mais soyons lucides. Les motivations de Bill Clinton pour décider "le déclenchement de la guerre de l'OTAN contre la Serbie" que rappelle Gilbert Claret ne sont pas reluisantes ! Et bombarder une capitale européenne est chose grave ...
    Les motivations de George W. Bush pour déclencher la guerre d'Irak étaient-elles meilleures ? Ce n'est pas sûr. Ce qui est sûr c'est le résultat : une catastrophe proche-orientale avec de catastrophiques conséquences pour la France et pour l'Europe. Car la déstabilisation globale de la région a eu pour nous de considérables effets négatifs dont la vague migratoire.
    Les aventures afghanes où les Américains se sont et nous ont fourvoyés sont un autre échec, fort coûteux, en hommes, en argent, en prestige.
    Si nous remontons plus loin, le lâchage du Shah d'Iran par les Américains, au profit de la République islamique de Khomeiny, la guerre perdue du Vietnam, après que les Américains aient tout fait pour nous en chasser, tout cela fait une suite d'échecs dont il n'est pas interdit de mesurer l'ampleur et les conséquences dont la France a sa part.
    Les Américains ont été, il est vrai, nos alliés lors des deux Guerres mondiales. En 1914-1918, ils sont entrés en guerres en 1917 ; en 1939-1945, ils ont d'abord déclaré leur neutralité et ne sont entrés en guerre que deux ans après que la France ait été envahie, battue, occupée. C'est ce que De Gaulle rappelait - d'ailleurs sans animosité - à je ne sais plus quel président des Etats-Unis, qui tentait d'empêcher la France de se doter de l'arme atomique. ("Par deux fois, au cours de ma vie, mon pays a dû attendre deux longues années pour que le vôtre ...etc.). Sans-doute les Américains avaient-ils leurs raisons. Telle est la relativité des alliances. C'est pourquoi De Gaulle était resté dans l'Alliance Atlantique mais avait retiré la France de l'OTAN.
    En matière économique et culturelle, nos intérêts sont contrebattus par la déferlante des produits américains. Et le très compréhensible "America First" de Trump n'améliorera pas, pour nous, la situation. Serions-nous illégitimes à dire "France d'abord" ?
    Que les Américains gardent pour le roi Louis XVI une vive reconnaissance est à leur honneur. Il y a d'ailleurs de quoi, car la guerre d'Amérique ruina l'Etat et c'est l'une des causes de la Révolution. Mais il est vrai que cette reconnaissance ils la conservent et l'ont manifestée en maintes occasions dont celle, émouvante, que Gilbert Claret rappelle.
    .

  • Les zamis zaméricains appliquent en politique la doctrine de Monroe modifié Brzezinsky.

  • Nixon reviens !

    " Assurer la sécurité de la liberté dans le monde , ne signifie donc pas établir la démocratie partout sur terre . Cela signifie assurer la sécurité de la liberté partout ou elle existe : la protéger de l' agression ouverte et aussi de la subversion soutenue par l'étranger . Si nous assumons la sécurité de la liberté là ou elle existe , la liberté deviendra , par la simple force de l'exemple , le raz de marée de l'avenir . "

    " la vraie guerre " Richard Nixon 1980

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