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Société • Pires que les pires curés

 

Par  Mathieu Bock-Côté

Cette tribune [4.11] est de celles que Mathieu Bock-Côté donne sur son blogue du Journal de Montréal et auxquelles nous faisons très souvent écho .    LFAR  

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Il y a quelques jours, c’était l’Halloween. Normalement, pour l’occasion, on se déguise, et généralement, en autre que soi.

C’est ce que s’était dit le directeur d’un collège montréalais. Apparemment, il aimait Bob Marley. Il s’est donc déguisé en Bob Marley et s’est noirci le visage.

Erreur ! Dans le climat hystérique qui domine aujourd’hui, son déguisement a fait scandale sur les médias sociaux.

Fanatisme

Des agités lui ont non seulement reproché sa possible maladresse, mais l’ont accusé de racisme parce qu’il se serait livré à la pratique du blackface. Ils font comme si nous étions ici dans le sud des États-Unis ! À quand une leçon d’histoire et de géographie ?

Ils hystérisent la société en lançant sans cesse des accusations de racisme et de sexisme. Il s’agit d’une minorité criarde qui impose ses lubies à la société entière en créant des controverses grotesques et des scandales artificiels.

On a appris que ce pauvre directeur d’école a même dû faire la tournée des classes ensuite pour s’excuser à ceux qu’il aurait blessés. C’est ainsi qu’on met les adultes en pénitence : on les condamne à l’humiliation publique.

La société est désormais patrouillée par des idéologues excités qui font penser aux pires curés d’hier.

Ils vérifient les costumes d’Halloween et écrivent des codes pour nous expliquer comment nous déguiser de manière politiquement correcte. Ils surveillent les blagues. Ils inspectent les publicités. Ce sont des préposés aux tabous et des policiers des bonnes mœurs multiculturalistes.

Censure

Ils réclament un droit de veto sur tout ce qui se dit en société et se croient tout permis parce qu’ils s’imaginent les défenseurs des « minorités opprimées ».

Ils ont le fanatisme de ceux qui croient avoir le monopole de la vertu. Ils rêvent de censure.

Pour un costume d’Halloween qu’ils désapprouvent, ils peuvent vous gâcher la vie. Et ils n’hésiteront pas à le faire. 

Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007), de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016) et de Le Nouveau Régime (Boréal, 2017).

Commentaires

  • Terrifiant mais pas vraiment nouveau depuis que le monde est monde. Rappelons la mort de Socrate et, celle de Cicéron,
    Boire la cigüe ou avoir la tête et les mains coupées et exposées sur les Rostres c'est aujourd'hui être la risée (hi!hi!) de Ruquier,
    Les idéologues circulent toujours en patrouille et à découvert, prenons des sentiers sans balises,
    Michèle RAVEL

  • Mais chère madame, nous ne recherchons pas notre sécurité personnelle. Nous travaillons pour le bien commun, pour la France. Et, dans ce cas, il faut quitter les sentiers sans balises, n'est-ce pas ?

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