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  • La faute de Dom Hollandère, par Dominique Jamet

     

    Recours plein d'esprit aux Contes du Lundi, par Dominique Jamet, dans Boulevard Voltaire, pour réfléchir sur le cas Hollande, après que les derniers chiffres du chômage, ceux du mois de mars, sont tout juste tombés. On s'en amusera, en même temps qu'on discutera l'optimisme de Dominique Jamet : certes, la croissance continue du chômage depuis l'élection de François Hollande devrait, théoriquement, lui interdire de se représenter en 2017. Ce serait, dit Jamet, une chance, sinon pour lui, du moins pour nous. Mais croit-il vraiment que cette hypothèse soit actuellement celle que retient François Hollande ? Terra Nova s'active à définir de nouvelles stratégies en vue, non seulement qu'il se représente, mais, selon l'inquiétante hypothèse de Houellebecq, en vue de sa réélection. Le système est conservateur ! Nous verrons bien.  LFAR

     

    3312863504.jpgChacun connaît, ou du moins devrait connaître, Les Trois Messes basses, l’un des plus succulents Contes du lundi d’Alphonse Daudet. Son grotesque et pitoyable héros, le révérend Dom Balaguère, chapelain gagé des sires de Trinquelage, est induit en tentation le soir même de Noël par son clerc, le diabolique petit Garrigou – d’autant plus diabolique qu’il est le diable en personne. Obsédé et affolé par l’odeur et la pensée des dindes aux truffes, des carpes dorées, des gélinottes et autres friandises qui constituent le menu du réveillon, le prêtre indigne, censé célébrer comme il se doit la naissance du Sauveur, expédie ou plutôt massacre ses trois messes basses devant les châtelains et toute la bonne société du village, effarée et complice. Après quoi, tout ce petit monde cède joyeusement au péché de gourmandise, et Dom Balaguère, qui en a pris plus que sa part, succombe dans la nuit à une indigestion carabinée. En punition de quoi, tous les 24 décembre, le desservant et ses fidèles reviennent dans la chapelle en ruine pour y suivre trois messes d’outre-tombe.

    Ce n’est pas par gourmandise mais par présomption que Dom Hollandère a péché et persévéré dans le péché. « Le chômage », a-t-il dit, « n’est pas une fatalité, et j’inverserai la courbe ». C’était le 9 septembre 2012, sur TF1, et le petit Garrigou, je veux dire Michel Sapin, renchérissait sur son maître : « L’inversion de la courbe du chômage est désormais amorcée », affirmait-il sur BFMTV le 28 novembre 2012. De passage au Salon de l’Agriculture, le révérend Dom Hollandère récidivait : « 2013 », admettait-il, « sera marquée par une progression du chômage, mais en 2014, nous serons sur une reprise. » C’était le 23 février 2013.

    Conscient mais un peu tard du risque qu’il avait pris, Dom Hollandère, en visite le 18 avril 2014 aux usines Michelin, faisait à moitié acte de contrition : « Si le chômage ne baisse pas d’ici 2017 », avouait-il, « je n’ai ou aucune raison d’être candidat ou aucune chance d’être réélu. » Ce qui n’empêchait pas le père François Rebsamen, qui n’est pourtant pas un enfant de chœur, de prendre à son tour des risques inconsidérés : « On va avoir fin 2015 », assurait le 17 mars dernier le ministre du Travail, « une stabilisation, voire une baisse du chômage. J’en prends l’engagement. » Ils sont décidément incorrigibles.

    En vain de bons apôtres ont-ils suggéré qu’on ne publie et qu’on ne commente plus qu’une fois par trimestre les chiffres du chômage. La punition de Dom Hollandère, de son Sapin (de Noël) et de l’abbé Rebsamen continue de tomber chaque mois lorsque l’INSEE rend publics les résultats de leur politique, que les médias leur rappellent leurs promesses et que nous en mesurons l’aune. Et il devrait en être ainsi jusqu’en 2017, où nous verrons peut-être enfin le bout du tunnel que nous traversons depuis 2008. Car si le châtiment de Dom Balaguère est supposé durer toute l’éternité, celui de Dom Hollandère devrait arriver à son terme dans deux ans. Une chance pour lui. Et pour nous.  

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    - Boulevard Voltaire

     

  • Réflexions sur la laïcisation des esprits ... Par Yves Morel sur le site de Politique magazine

    Le modèle social de la laïcité française évoque Le Meilleur des Mondes d’Huxley 

    La laïcité est devenue, peu à peu, le porte-étendard du sécularisme. Brandie à tout bout de champ pour nier la dimension spirituelle d’un pays, cette notion, plutôt récente, ne s’est implantée que dans trois pays : la Turquie, le Mexique et, bien sûr, la France.  

    Depuis le 11 janvier, on réaffirme à qui mieux mieux le rôle de la laïcité comme socle de notre démocratie. L’assimilation de cette laïcité au « droit au blasphème » est significative. Elle ne relève pas d’une vision biaisée ou réductrice. Préparée par notre « siècle des Lumières » et la Révolution, institutionnalisée par la IIIe République, la laïcité s’est d’emblée présentée comme le rejet de la religion du domaine public et la négation du christianisme.  

    Mouvement historique naturel de distinction des pouvoirs spirituel et temporel  

    Certes, ce mouvement était conforme à l’évolution historique de la justice et du droit tendant à distinguer les domaines du spirituel et du temporel et à prévenir les possibles empiétements de l’un sur l’autre. Les premiers chrétiens firent cette distinction, pratiquant et prêchant tout en se comportant en loyaux sujets de l’Empire romain (« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui revient »). Les souverains d’Europe, tout particulièrement en France (opposition violente entre Philippe le Bel et Boniface VIII, Pragmatique Sanction de Bourges en 1438, articles gallicans des évêques en 1682) et dans le Saint-Empire (Querelle des Investitures de 1075 à 1122), défendirent l’indépendance de leur pouvoir à l’égard du Saint-Siège. Mais, en aucun cas, les souverains n’exclurent la religion de l’État, de la vie publique et de la société. En Angleterre, le schisme henricien de 1534 institua la rupture avec l’Église catholique, mais non avec le christianisme, toujours présent à la tête de l’État (le roi, chef de l’Église anglicane) et dans la société anglaise. 

    L’Europe connut un mouvement général de développement des libertés individuelles vis à vis des églises, de sécularisation des institutions et d’autonomie de la connaissance à l’égard des vérités révélées, là encore sans exclusion de la religion. En Angleterre, la Magna Carta (1215), l’Habeas Corpus (1679) et le Bill of Rights (1689) reconnurent les droits fondamentaux des sujets royaux sans remettre en question la religion d’État. En Allemagne, l’Aufklärung intégra les conquêtes de la raison à la vision chrétienne de l’homme et du monde et ne mit pas en cause les écritures ni les églises luthérienne et catholique qui se partageaient l’Empire.  

    L’entreprise révolutionnaire de déchristianisation  

    Rien de tel en France : Voltaire, déiste, assimile la religion à la superstition. Diderot, Helvétius, d’Holbach, Morelly et Damilaville sont athées, anticléricaux, et demandent une éducation des jeunes Français par des maîtres laïcs, agents de l’état. La Révolution met à la disposition de l’état les biens du clergé, abolit les ordres, impose un serment de fidélité aux prêtres, devenus fonctionnaires, et fait prévaloir, avec la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, une philosophie morale antichrétienne. Les divers projets éducatifs révolutionnaires sont les uns areligieux (Condorcet, Lakanal, Daunou), les autres ouvertement opposés à la religion (Lepeletier). Enfin, Bonaparte, par le concordat de 1801, fonctionnarise les prêtres, asservit la religion à son pouvoir (il impose le Catéchisme impérial) et transforme les évêques en « préfets violets » à ses ordres. Au XIXe siècle, les régimes qui succèdent à la Restauration se fondent sur les principes et le legs de la Révolution, tiennent en laisse l’église, excluent la religion de l’État et, en matière scolaire, s’accrochent au monopole de l’Université.  

    La conquête des institutions par les républicains (janvier 1879) inaugure la grande offensive contre l’Église : expulsion des Jésuites (1880), laïcisation totale des jurys universitaires, monopole universitaire de la collation des grades (1880), interdiction d’enseigner aux membres de congrégations non autorisées (1880), institution d’une école primaire laïque et obligatoire (1882), institution du divorce (1884), expulsion des congrégations (1902-1904), interdiction d’enseigner à tous les membres du clergé (1904), et enfin, séparation de l’Église et de l’État (1905). Et, le 8 novembre 1906, Viviani se félicite à la Chambre que les républicains aient « éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus ». On ne saurait se montrer plus clair. La laïcité a toujours consisté en une déchristianisation de la nation. L’école d’État est la matrice permanente de cette laïcité, et l’enseignement confessionnel est devenu une annexe de l’Éducation nationale depuis la loi Debré (1959) qui place sous la tutelle de cette dernière les établissements scolaires dits « libres » (?)  

    Laïcité : un mot révélateur  

    Cette notion même de « laïcité » révèle d’ailleurs sa nature idéologique et partisane. Si les libertés de conscience, de pensée, d’expression, de culte (ou d’incroyance) sont reconnues par tous les pays évolués, il n’existe que deux pays, la Turquie et le Mexique, qui, à l’instar de la France, excluent totalement le fait religieux de la conception de l’homme étayant l’action de l’état. Ceci explique que le mot même de « laïcité » (du grec laos, peuple) n’ait d’équivalent en aucune langue étrangère. Les peuples étrangers comprennent si peu cet esprit d’exclusion (et d’hostilité à peine contenue) qu’ils n’ont pas de mot pour le désigner.  

    Les Anglo-Saxons parlent de secularity pour distinguer les champs de compétence de l’État et des diverses églises, de secularism pour le régime juridique ou le parti pris de cette distinction ; les peuples germanophones emploient le mot weltlichkeit (« mondanité » au sens d’être dans le monde et non dans une institution religieuse), de säkularismus pour désigner la sécularisation de l’État , ou de trennung von Kirche und Staat pour la séparation de l’Église et de l’État . En espagnol, est apparu au XXe siècle le terme de laicidad, forgé d’une part par les républicains espagnols désireux d’importer la laïcité française, d’autre part par les gouvernements mexicains qui instituèrent la séparation de l’Église et de l’État ; la Turquie kémaliste accoucha du néologisme laiklik, imité du français.  

    La laïcité, socle du totalitarisme actuel  

    La laïcité emprisonne la religion dans la sphère privée et lui dénie toute dimension sociale, culturelle et politique. Or, tout homme et toute société ont une dimension religieuse. Nier cette dernière revient à mutiler nos compatriotes ainsi réduits à la condition de clones d’un Homme universel abstrait ramené à la seule raison en ce qu’elle a de plus général. C’est d’ailleurs ce qui explique l’échec de notre modèle républicain d’intégration. Aucune personne issue de l’immigration ne peut envisager de s’amputer de sa spécificité éthique et culturelle pour se fondre dans une masse indifférenciée d’individus qui pensent et disent tous la même chose. Le modèle social de la laïcité française évoque Le Meilleur des Mondes d’Huxley ou la zone de transit d’un aéroport international parcouru par des foules de gens qui n’ont rien en commun sinon leur présence ici et maintenant.  

    Au service du totalitarisme soft qui régit notre vie et notre pensée, coulée dans le moule de la bien-pensance d’un pseudo-humanisme universaliste, la laïcité permet de sanctionner durement ceux qui s’écartent de ce conformisme, et n’accouche que de fausses libertés, tel le droit au blasphème, qui sapent les valeurs fondamentales de notre civilisation et travestissent en âge d’or de la liberté notre ère de total asservissement.   

  • Zemmour : « Ce ne sont pas la France, l’Italie, l’Europe, ou la Méditerranée qui tuent, mais les Droits de l’homme qui tuent »

     

    « Au nom des droits de l'homme, on doit oublier qu'on ne leur a pas demandé de venir ».

    Non pas sur les droits que des personnes, des groupes, des communautés, des sociétés ont pu, su ou voulu se donner, respecter et garantir, mais sur l'idéologie des droits de l'homme en tant que telle, absolue et universelle, Eric Zemmour dit l'essentiel.  Essentiellement, que comme toute idéologie, celle-ci peut devenir totalitaire. Et qu'elle peut tuer. 

      

      Cliquer sur l'icône rectangle pour agrandir (Bas d'écran, à droite)

     

  • Christiane Taubira instaure la laïcité en mode « Charlie » par François Teutsch*

    Dormez tranquilles, braves gens, le gouvernement agit efficacement pour convertir les musulmans à la laïcité. 

     

    2276192934.jpgFace à la menace terroriste, le gouvernement réagit efficacement ! Qu’on en juge : une circulaire d’information fait état des moyens alloués à la justice, à concurrence de 181 millions d’euros (sur trois ans), et commence par cette phrase d’anthologie : « Elles s’inscrivent dans le prolongement et la consolidation du travail engagé par Christiane Taubira depuis 2012, qui s’était déjà traduit par la mise en place d’un dispositif global de lutte contre le terrorisme. » Le ton est donné, on sent que la suite ne va pas nous décevoir.

    Et, en effet, la suite ne déçoit pas. Chacun sait que l’islam n’est pas un problème en France. C’est sans doute pour cela que le gouvernement annonce en premier lieu des moyens alloués à la protection judiciaire de la jeunesse :

    • Organisation de stages de formation sur la laïcité (2 millions d’euros de budget !) ;
    • Création de référents laïcité et citoyenneté ;
    • 82 postes de psychologues et 6 éducateurs dédiés déjà recrutés pour identifier, accompagner et prendre en charge les mineurs en voie de radicalisation.

    C’est beau comme un poème de Jacques Prévert. On comprend bien, en effet, qu’il faut prendre en charge les petits catholiques qui seraient tentés – polissons ! – de faire preuve de prosélytisme dans les cours d’école et de commettre toute une série de délits au nom du Christ. À moins qu’on vise, par la formation à la laïcité, à réduire le terrorisme bouddhiste en augmentation constante. Mais, comme cela ne suffit pas toujours, et que Christiane Taubira est soucieuse du bien-être des délinquants incarcérés, l’État décide aussi de s’attaquer au problème des prisons. En construisant de nouveaux établissements modernes et décents ? Non, en recrutant 60 nouveaux aumôniers musulmans, en renforçant les services pénitentiaires d’éducation et de formation grâce à « 50 binômes éducateurs-psychologues ».

    Pour ceux qui ne seraient pas habitués à ces curieuses dénominations, il faut savoir qu’un éducateur, dans le jargon judiciaire, est un individu généralement issu d’une fac de psycho, plutôt cool dans son attitude et son habillement, chargé d’accompagner à intervalles réguliers les « jeunes » tentés par des activités extra-scolaires et carrément illégales. Histoire de leur apprendre à se lever le matin, et à se trouver à l’heure à un rendez-vous socio-éducatif au cours duquel on leur proposera un autre rendez-vous d’insertion : on appelle ça un stage de « mobilisation sur projet » (sic). Tous les jeunes avocats qui fréquentent les tribunaux correctionnels connaissent cette merveilleuse institution aux résultats si probants qu’on croit nécessaire de les multiplier.

    Et pour faire bonne mesure, il est prévu une ligne budgétaire de 2,7 millions sur 3 ans pour former les magistrats à la laïcité. 

    Non, vous ne rêvez pas ! Le document émane du service de presse du ministère de la Justice. Pas de doute, on prend le problème du fondamentalisme à bras-le-corps. Dormez tranquilles, braves gens, le gouvernement agit efficacement pour convertir les musulmans à la laïcité en mode Charlie. Nous voici rassurés ! 

     

    * Avocat, Boulevard Voltaire

     

  • Les mouvements royalistes • Activités • Nouvelles annonces

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    Nouvelles annonces :  

    FEDERATION D'ILE DE FRANCE (Restauration nationale) 

    PARIS
     

    ♦ Dimanche 10 mai 2015, jour de la fête nationale de Jeanne d’Arc, nous participerons au cortège traditionnel en l’honneur de la Sainte de la Patrie. Rendez-vous à 10 heures place de l’Opéra à Paris, en face de l’entrée du théâtre.  Le cortège défilera ensuite de l’Opéra à la place des Pyramides, où aura lieu le dépôt des gerbes et les discours.

     

    ♦ Mardi 12 mai 2015 à 20h : Conférence mensuelle du Cercle Histoire, Culture et Patrimoine à l’ASIEM  6, rue Albert de Lapparent, Paris 7ème. Maitre Jacques Trémolet de Villers, avocat à la Cour, parlera de : « La vraie leçon de Jeanne d’Arc ». Participation aux frais.
     
    ♦ Samedi 30 mai 2015, de 9h00 à 17h00, réunion annuelle des Cadres de la Restauration Nationale. Si vous n’avez pas reçu une invitation, veuillez vous adresser à la Restauration Nationale   1, rue de Courcelles, 75008  Paris. Téléphone : 09 67 34 21 42.
     
    NICE 

     

    ♦ Dimanche 10 mai 2015, Hommage à Sainte Jeanne d'Arc

    Messe suivie d'un déjeuner 

    Renseignements : M. Jean-Pierre Thouvenin

    04 93 81 22 27   ou   06 34 47 67 03 

     
    Suivez ces informations, qui sont régulièrement mises à jour. Pensez à nous transmettre les annonces de vos activités importantes. Cette rubrique est destinée à les faire connaître ! 
  • Bernard Maris, amoureux de la France, vu par Jean-Philippe Chauvin

     

    Et si on aimait la France ? Pour autant, tout n'en serait pas réglé aussitôt. Mais ce pourrait être, en effet, pour la France, le socle d'un recommencement.  LFAR

     

    arton8470-7b8cd.jpgAimer la France est une passion que certains voudraient aujourd'hui éradiquer comme une maladie honteuse : or, il n'y a pas de honte à aimer, et aucune à aimer la France en particulier, cette particulière historique qui, Français, nous est propre, nés que nous sommes sur sa terre et inscrits dans son histoire et son présent. D'autres n'ont pas cette chance natale mais viennent y frayer, parfois s'y joindre et, par leur amour nouveau qui lui redonne toujours quelques couleurs supplémentaires, confirmer la belle formule de Bainville : « Le peuple français est un composé. C'est mieux qu'une race. C'est une nation. »

    Assassiné en janvier dans les circonstances que l'on sait, l'écrivain Bernard Maris, à qui l'on doit quelques textes forts de dissidence économique et une très belle étude sur Genevoix et Jünger, laisse en héritage un livre qui va paraître ces jours prochains et qui s'intitule « Et si on aimait la France » : les longs extraits publiés dans l'hebdomadaire Marianne cette semaine (17-23 avril 2015) dévoilent quelques aspects de cet amour vrai pour une France qui, si nous n'en voyons pas tous les mêmes attraits et n'en sommes pas tous amoureux de la même manière, n'a jamais cessé d'inspirer les plus nobles sentiments et, parfois, les actions les plus folles. 

    S'il n'apprécie guère le Maurras de la « divine surprise », il n'en rend pas moins hommage à bien d'autres qui peuvent agacer les Bernard-Henri Lévy et Fleur Pellerin, par exemple, ces cuistres actuels de la « culture de gôche » qui prônent le libéral-nomadisme et refusent l'enracinement. A ceux-là, Maris préfère « les historiens dits de droite, de Bainville à Tocqueville en passant par Pierre Chaunu et Patrick Buisson ». Il poursuit : « Je lis même courageusement le Dictionnaire amoureux de la France de Tillinac, sympathique Gault et Millau de la franchouille, avec Cyrano et d'Artagnan, et Jeanne la Bonne Lorraine, et les nichons de la Pompadour qui donnèrent forme à nos coupes de champagne », et rappelle qu'il a connu « des Français pleins de gaieté. Authier, Lapaque et leur bande, par exemple ». « Et si j'écrivais pour eux ? Pour les désespérés si drôles ? Houellebecq, Cabu, Reiser, Cioran ? » En fait, Bernard Maris écrit pour beaucoup d'autres et, en particulier pour tous les Français et ceux qui, même loin d'elle, aiment la France. 

    Il nous rappelle aussi que cet amour de la France n'est la propriété privée de personne mais la possibilité publique de tous : que des anarchistes, que l'on croit parfois sans attaches, soient des passionnés de la France ne nous surprend pas, nous qui avons jadis lu Proudhon et qui savons que ce sont aussi (et entre autres) des anarchistes espagnols qui participèrent, sous les ordres du monarchiste Leclerc, à la Libération de Paris ! Ainsi, Maris évoque, par exemple, François Cavanna comme l'un des « plus grands défenseurs de la France (…), anarchiste, fils de maçon immigré italien, fondateur de Hara-Kiri puis de Charlie-Hebdo, rat d'archives et grand connaisseur de la période des rois dits fainéants, incroyable goûteur et apprêteur de la langue, ennemi radical du point-virgule que j'adore, et le meilleur conteur de l'histoire et de l'architecture de Paris. » 

    La France aimée, y compris de ceux qui n'y sont pas nés et qui valent mille fois mieux, bien souvent, que ces libéraux mondialisés de type Pascal Lamy ou Pierre Moscovici, ces salopards en costume qui méprisent notre pays, « trop petit » selon eux, ou « trop irréaliste » ! Bernard Maris vante ainsi « Mustapha, algérien, correcteur de son métier, immigré, Mustapha dont la syntaxe est tellement parfaite qu'il en remontrerait au Bon Usage – fait par un Belge, si j'ai bonne mémoire. » Et l'on pourrait y ajouter Max Gallo, Andreï Makine, ou Milan Kundera et, bien sûr, Léopold Sedar Senghor ! 

    Maurras parlait de la déesse France : elle est, en tout cas, notre éternelle passion, et nous aimons qu'elle soit aimée des nôtres et des autres... 

     

    Le blog de Jean-Philippe Chauvin

     

  • Le Grand Remplacement de l’Histoire de France, vu par Julien Langard* dans Boulevard Voltaire

     

    Jean Sévillia a été l'un des premiers et initialement l'un des rares, à analyser les méthodes du politiquement correct, moralement correct, historiquement correct, etc. Nombreux sont ceux qui s'attachent aujourd'hui à réaliser le même travail critique et l'actualité leur en fournit de nouveaux motifs. Exemple : la réflexion que livre ici Julien Langard à propos de l'Histoire. 

    54a913395ee69a35a830d1860b9f1a09 vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv.pngPlus un mensonge est gros, plus il passe… Cet adage illustre à merveille la manière dont ont été présentés par le Conseil supérieur des programmes (CSP) les projets de nouveaux programmes d’histoire au collège.

    En effet, le préambule des nouveaux programmes dévoilés le 13 avril dernier précise que ce projet ne fait pas « disparaître le cadre national, ni la perspective chronologique propre à l’histoire » et que « dans un ordre chronologique, le programme permet de mieux lire et comprendre le monde d’aujourd’hui en insistant sur des moments forts, des traits marquants des sociétés du passé et des problématiques indispensables à la formation du citoyen ».

    Il s’agit là d’un mensonge grossier, d’un véritable déni de la réalité.

    Déjà supprimée au lycée (rappelons, pour mémoire, que les élèves de 1re étudient aujourd’hui la Seconde Guerre mondiale avant même d’avoir étudié le totalitarisme nazi et soviétique), l’histoire chronologique parvenait jusqu’à présent à survivre tant bien que mal au collège. Ce temps est révolu. Ainsi en 5e, le programme se divise non pas en période chronologique – comme, par exemple, les Mérovingiens, les Carolingiens, les Capétiens – mais par thèmes – la Méditerranée, un monde d’échange, Sociétés, Église et pouvoir politique dans l’occident chrétien, Nouveaux mondes, nouvelles idées.

    Mais ce n’est pas tout. Le CSP a décidé qu’environ les 2/3 de l’Histoire de France seraient désormais traités selon « le libre choix des professeurs » en créant une distinction arbitraire entre des thèmes obligatoires et des thèmes facultatifs. Par exemple, en classe de 5e, l’étude de l’islam devient obligatoire mais l’Occident chrétien au Moyen Âge, l’Empire carolingien ou l’Empire byzantin deviennent facultatifs, de même que l’humanisme, la Réforme protestante et les guerres de religion.

    En classe de 4e, la traite négrière est obligatoire mais l’étude de la société du XVIIIe siècle, les Lumières et la révolution américaine deviennent facultatives. L’histoire politique du XIXe s’interrompt, quant à elle, à la fin du Premier Empire en 1815 pour reprendre sous la IIIe République ; exit la Restauration, la monarchie de Juillet et le Second Empire.

    Enfin, en classe de 3e, la Seconde Guerre mondiale n’est principalement étudiée que sous le prisme du génocide des Juifs et des Tsiganes, des déportations et de l’univers concentrationnaire. Pearl Harbor, Stalingrad et le débarquement de Normandie vont donc rejoindre le catalogue des grandes batailles dont vos enfants n’entendront jamais parler aux côtés de Marathon, Salamine, Actium, les champs Catalauniques, Poitiers, Bouvines, Azincourt, Marignan, Lépante, Fontenoy, Valmy, Trafalgar, Camerone, la Marne, etc.

    Ces nouveaux programmes finissent donc de dynamiter les vestiges d’une histoire nationale déjà en partie ruinée par trente années de pédagogisme démagogique. D’un collège à l’autre, les élèves apprendront une Histoire de France différente selon les choix programmatiques du professeur et le socle commun sera largement dominé par une histoire « venue d’ailleurs », marquée par le culte perpétuel de l’excuse et de la repentance.

    Alors que l’Histoire fut au XIXe siècle la pierre angulaire de l’élaboration de notre « roman national », elle est aujourd’hui utilisée comme une véritable arme de sabotage pour spolier les jeunes générations de leur identité et de leur droit le plus légitime au « sentiment d’appartenir à une nation ».   

    Sur ce sujet, l'on pourra aussi écouter utilement Laurent WETZEL sur le thème «Ils ont tué l'Histoire-Géo », traité lors d'un Café Politique de Lafautearousseau, à Marseille, le 15.12.2012. Pour lire la vidéo, cliquez

    ICI

  • No Way par Louis-Joseph Delanglade

     

    C’est dans la nature des choses : la succession ininterrompue de « tragédies humanitaires » en Méditerranée provoque, dans le petit monde du politiquement correct, une indignation croissante et militante. Mieux vaudrait commencer par les causes : le chaos régional, aggravé, sinon créé, par d’intempestives interventions militaires « occidentales »; la poussée islamiste, qu’elle soit conjoncturelle ou structurelle; la misère paradoxale d’une Afrique noire dont la population croît très (trop ?) vite; mais aussi l’idéologie humanitariste et droit-de-lhommiste qui imprègne l’Europe et la fait apparaître comme un eldorado. 

    Pour l’instant, la sourde hostilité que l’on sent monter un peu partout dans les opinions publiques européennes, semble contenir les velléités des dirigeants politiques. Le bon sens le plus élémentaire commande en effet de ne plus accabler des pays déjà trop généreux mais dont la situation socio-économique est plus que préoccupante. On se propose donc, au plus haut niveau de l’Union européenne, de prendre des mesures de lutte contre le trafic humain, d’attaques ciblées de bateaux, de dissuasion des migrants et…de meilleur accueil des réfugiés. Mais, outre qu’il est contradictoire de continuer à rendre attractive une immigration dont on voudrait par ailleurs tarir la source, l’ensemble est assez irréaliste, dans la durée, pour une union de façade, sans armée et sans  politique étrangère commune. 

    En fait, les pays qui se sentent - et qui sont - menacés sont ceux qui bordent la Méditerranée. Pour ceux-là, et donc pour la France, ce ne sont pas des décisions bruxelloises qui régleront le problème. Il conviendrait plutôt de conclure, au plus vite, des accords de défense d’une grande fermeté avec les Etats du pourtour méditerranéen, européens mais aussi non européens. En effet, les pays d’Afrique du Nord sont les premiers exposés à l’explosion du phénomène migratoire actuel. Pour la France, ce serait une belle opportunité de resserrer ses liens avec le Maroc et la Tunisie, et - pourquoi pas ? - de renouer enfin avec l’Algérie - sur la base d’un intérêt et d’un avenir communs évidents. 

    Il est vain de se poser la question des responsabilités. Le pouvoir politique n’a pas à s’assigner des objectifs moraux. Aider ? Peut-être, mais dans la mesure du raisonnablement possible et certainement pas au détriment de notre sécurité et, à terme, de notre existence même. « Vous ne ferez pas de l'Australie votre maison »: le message adressé par les autorités australiennes aux envahisseurs potentiels est clair, les résultats évidents. Certes, dans ce cas, la géographie facilite bien des choses. Il nous faudrait cependant faire preuve de la même volonté politique. On pourrait commencer par l’abolition du « protocole compassionnel » dénoncé par M. Camus dans Boulevard Voltaire : « Vous voulez en finir avec l’hécatombe en mer ? Traitez les flottes qui se présentent pour ce qu’elles sont : les instruments d’une invasion. » No way !  

     

  • Nos archives sont faites pour être consultées

    2930543338.jpgLes Lundis de Louis-Joseph Delanglade

    Ce sont des réflexions - hebdomadaires (hors vacances) - sur l'actualité politique (politique intérieure et politique étrangère généralement alternées) qui synthétisent ou définissent les positions - la ligne politique - de Lafautearousseau.

    C'est pourquoi ces chroniques sont regroupées depuis l'origine (20.11.2012) et toutes consultables dans une annexe de LafautearousseauLes lundis de Louis-Joseph Delangladeen permanence à votre disposition.  Vous pouvez donc consulter l'ensemble des chroniques déjà parues, en cliquant sur l'icône les lundis de Louis-Joseph Delanglade. (Page d'accueil, colonne de droite)

  • Entretien avec le père Jean-Marie Benjamin, dans Boulevard Voltaire

    La politique des pays dits occidentaux dans le monde arabe, au moins depuis la première guerre du Golfe, justifie pleinement la critique du connaisseur qu'est le père Jean-Marie Benjamin. C'est des erreurs tragiques de cette politique que nous supportons aujourd'hui les conséquences.

    Jean-Marie Benjamin, de son vrai nom Guillaud-Benjamin, né le 11 avril 1946 à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), frère de l’actrice Joëlle Guillaud, est un compositeur de musique, chef d’orchestre, écrivain, réalisateur et producteur de films français. Fonctionnaire des Nations unies auprès de l’UNICEF de 1983 à 1988, il devient prêtre catholique en 1991 et milite contre la guerre d’Irak depuis 1998. Il réside en Italie depuis 1975.

    Durant vos nombreux voyages en Irak, entre 1997 et 2003, vous avez maintes fois rencontré le vice-Premier ministre chrétien de Saddam Hussein, Tarek Aziz et vous lui avez organisé une rencontre avec le pape Jean-Paul II, le 14 février 2003. Vous dites dans votre livre qu’il y a eu des pressions au Vatican pour empêcher cette rencontre. Lesquelles ?

    La visite de Tarek Aziz au Saint-Père s’est en effet heurtée à de forts obstacles de la part du gouvernement de Silvio Berlusconi et de Washington. Plusieurs monsignori de la Secrétairerie d’État bénéficiaient alors des « faveurs » de Washington et ne voulaient surtout pas les perdre. Mais le pape n’en a pas tenu compte et l’audience a eu lieu. D’autres pressions ont été exercées : quand Tarek Aziz est arrivé à Rome, il devait participer à une importante émission télévisée sur la RAI. Non seulement sa participation a été annulée, mais les directeurs de toutes les chaînes publique ont reçu des instructions formelles pour lui interdire l’accès aux plateaux.

    Aujourd’hui, Tarek Aziz est emprisonné sous le coup d’une peine capitale. La DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure, vous a contacté en 2003 pour proposer l’asile politique à Tarek Aziz. Pourquoi celui-ci a-t-il refusé ?

    Tarek Aziz m’a répondu : « Veuillez remercier le président Chirac, mais je ne peux pas laisser mon peuple mourir sous les bombes et me réfugier tranquillement à l’étranger. J’ai le devoir de rester aux côtés du peuple irakien et de ma famille. » Aujourd’hui, Tarek Aziz est emprisonné depuis douze ans. Transféré depuis le mois d’août dernier dans le sud de l’Irak, il est malade, sans assistance médicale. Il a subi plusieurs ictus, parle difficilement et a perdu 35 kg. En fait, il est mourant, sous le regard indifférent de la Communauté internationale. Vous verrez que lorsqu’il décédera, l’on entendra les hommes d’État déclarer qu’Aziz était un « homme modéré, un grand diplomate » et que le traitement qu’il lui a été infligé « était injuste ». Ce sera le chœur larmoyant des défenseurs des droits de l’homme et autres exportateurs de démocratie !

    Devant le chaos qui règne aujourd’hui en Irak, en Syrie, au Yémen, l’impression domine que les gouvernements occidentaux ne savent plus comment gérer la situation ? Mais qui se trouve derrière l’État islamique ?

    La grande presse nous dit que l’État islamique et les groupes djihadistes sont financés par les monarchies du Golfe. Curieusement, les noms de ces pays ne sont jamais mentionnés. Or, tous sont des alliés de l’Occident et tous y investissent par dizaines de milliards de dollars. Au-delà des hypocrisies sémantiques, chacun sait qu’Al-Qaïda, Al-Nosra et l’État islamique sont soutenus, armés et financés par de riches Saoudiens. Que les takifiristes qui opèrent en Syrie et sur d’autres fronts anti-chiites sont soutenus par Riyad. Bref, ceux qui financent le terrorisme islamique dans le monde et aussi en Europe sont principalement des Saoudiens et le Koweït. Tous les gouvernements le savent pertinemment. Le grave problème des hommes politiques occidentaux, malgré leurs myriades d’experts, est qu’ils ne comprennent quasiment rien au monde arabe. Tous demeurent radicalement étrangers aux mentalités, aux traditions et aux aspirations de ces populations, sans parler d’une profonde méconnaissance de l’islam. Leurs conseillers sont restés des années les fesses collées sur les bancs des universités pour accumuler des titres. Diplômés jusqu’aux oreilles, ils n’ont en réalité aucune connaissance réelle de l’Orient arabe.

    La France ne fait évidemment pas exception ?

    Le Président français se rend à Riyad pour y recevoir l’accolade du roi… et un beau chèque ! Après quoi l’on nous raconte que la France lutte contre l’État islamique terroriste, mais elle fait la guerre à Bachar el-Assad, qui est pourtant en guerre contre Al-Nosra, Al-Qaïda et Daech. Cela fait désordre. A contrario, les États-Unis se démarquent de plus en plus de Riyad et traitent avec Téhéran alors que les chiites sont en passe de prendre le contrôle du Yémen. À telle enseigne que l’Arabie saoudite se retrouve maintenant encerclée par l’Irak, l’Iran et le Yémen chiites. On imagine quel vent de panique commence à souffler à Riyad… Pendant mes années passées en Irak, j’ai connu nombre de hauts gradés de la Garde républicaine de Saddam Hussein, des dirigeants du parti Baas. Beaucoup ont aujourd’hui rejoint l’État islamique, même s’ils en désapprouvent l’extrême brutalité, l’exécution de civils ou la persécution des chrétiens… Pourtant, au lendemain de la pendaison de Saddam Hussein, George Bush déclarait : « Le monde sans Saddam Hussein est maintenant plus sûr. » Certes, nettement plus sûr !  • 

    Propos recueillis par J.-M. Vernochet

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • Rire ou sourire un peu ...

     

    L'or noir à la baisse - Signé Nicolas Vial - Figaro magazine

  • CULTURE • Pro lingua latina par Dominique Jamet *

     

    3312863504.jpgUn ordinateur et un téléphone portables, une calculette, un vocabulaire français de cinq cents mots, quelques notions de verlan et de globish, le mépris de la culture, le culte de la réussite, la religion de l’argent, c’est plus qu’il n’en faut pour faire son chemin dans l’existence et pour que nous ressemblions entièrement et définitivement à des porcs.

    Courage, Madame le Ministre ! Encore un effort, encore une réforme pédagogique, encore un coup de hache et ça y est. Soyons de notre temps, soyons de notre monde, l’avenir et la raison sont si évidemment de votre côté. Il y a des luxes que nous ne pouvons plus nous permettre. Ce ne sont pas seulement les charges des entreprises, c’est notre encombrant bagage culturel, ou ce qui en reste, qu’il faut alléger d’urgence. Parce qu’enfin, à quoi bon tout ce fatras ? Quel besoin pour être trader, quelle nécessité pour être chômeur, ou député, ou présentateur de télé, ou commissaire de police, ou technicien de surface, ou caissière de Monoprix, ou président de la République, ou informaticien, ou aide-soignant, ou préretraité, ou emploi-jeune, ou jardinier-paysagiste, de se frotter si peu que ce soit à Cicéron, à César, à Salluste, à Virgile, à Catulle, à Tacite, à Eschyle, à Sophocle, à Euripide, à Platon, à Aristote, à Homère ? A quoi ça sert, je vous le demande !

    Et comment ne pas comprendre, et comment ne pas prévoir, et comment ne pas constater que ce qui est vrai du latin et du grec l’est tout autant de l’histoire, de la géographie, de la littérature, du dessin, de la musique, de la philosophie, des langues étrangères, à l’exception naturellement de l’anglais commercial, de tout ce qui élargit notre horizon, de tout ce qui embellit notre vie, de tout ce qui nous distingue des animaux, de tout ce qui nous élève, de tout ce qu’on a ou qu’on avait la chance, quelques chances d’aborder, d’apprendre, d’aimer à l’école, au collège, au lycée, en faculté, de tout ce qui, transmis par nos aînés à leurs cadets, était transmis par ceux-ci à leurs enfants, de tout ce qui était gratuité et qu’il y a si peu de chances, si l’on n’y est pas initié avant l’âge adulte, que l’on croise de nouveau une fois entrés dans « la vie » ?

    Un ordinateur et un téléphone portables, une calculette, un vocabulaire français de cinq cents mots, quelques notions de verlan et de globish, le mépris de la culture, le culte de la réussite, la religion de l’argent, c’est plus qu’il n’en faut pour faire son chemin dans l’existence et pour que nous ressemblions entièrement et définitivement à des porcs.

    Les insensés ! Ils n’ont pas compris ou ils ont oublié la formule sublime du Cyrano de Rostand : « Non, non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »  

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    - Boulevard Voltaire

     

  • HISTOIRE • Jean-François Solnon : « Le goût, un miroir du pouvoir » Par Raphaël de Gislain

    Et si l’exercice d’un goût personnel ou d’une passion aidait à l’exercice du pouvoir ? Avec Le Goût des rois, Jean-François Solnon, agrégé d’histoire et docteur ès-lettres, nous emmène dans les jardins secrets des souverains, pour tenter de comprendre les hommes derrière les monarques.

    Un roi se doit-il d’avoir du goût pour exercer son métier ?

    On a vu des chefs d’État à travers le monde avoir le goût des arts et être des tyrans ! Le goût n’est pas indispensable à l’exercice du métier de roi. Mais on peut penser comme Pompidou qu’en se nourrissant intellectuellement, on devient plus à même de traiter les problèmes d’un pays. Le goût est à la fois une ouverture sur le monde et une façon de saluer l’héritage du passé, en tentant de l’égaler, de le surpasser. Obsédée par l’Antiquité, la Renaissance a été guidée par cet esprit d’imitation et de dépassement, dans un mouvement d’élan de la civilisation. Les souverains qui ont, à des degrés divers, manifesté un goût pour les arts ou les sciences, sans posséder forcément la clé pour gouverner au mieux, ont pu bénéficier d’une envergure, d’une ampleur bénéfique à leur politique.

    Vous montrez un Henri III fou de danse, un Louis XIII mélomane, un Louis XIV guitariste, un Napoléon III historien… Ces visages sont parfois à l’opposé des masques que nous leur connaissons. Le pouvoir a-t-il contrarié la nature des souverains ?

    En se tenant au plus près de certains souverains, on découvre en eux des richesses insoupçonnées. Prenons l’exemple de Louis XIII, roi ombrageux et discret, dominé par la figure de Richelieu. On s’aperçoit que sa vie était vouée à la musique et qu’il composait… De même pour Louis XVI, que l’on présente comme un roi immobile, presque paralysé ; il aimait par-dessus tout la géographie et les grands voyages !

    Ainsi, lors d’un déplacement à Cherbourg, fait-il montre d’une connaissance de la mer et des navires qui épate les officiers de marine. Que l’on se souvienne de ses dernières paroles sur l’échafaud, qui laissent entendre toute sa passion pour les lointaines expéditions : « Avez-vous des nouvelles de monsieur de La Pérouse ? » Le roi exprime là sa nature profonde, celle d’un homme ouvert et cultivé, que l’on prend pourtant pour un aimable benêt… Le cas de Napoléon III est peut-être encore plus flagrant. Malgré sa réhabilitation depuis déjà presque un siècle et le fait que tous les historiens soulignent l’importance de son règne, son image demeure modelée par les pamphlets de Victor Hugo ; on ne reconnaît rien de son rôle fondamental en matière de culture, de lecture, de sciences, d’archéologie. Ces exemples nous enseignent que l’exercice du pouvoir ne contrarie pas les natures. Au contraire, il met à la disposition du souverain tous les moyens nécessaires pour pratiquer une passion, pour la magnifier, ce qui profite à son règne.

    Les rois donnent le ton, leurs goûts sont suivis… Peut-on dire que leurs choix souvent personnels ont forgé, sinon le bon goût, le goût français ?

    Qui pourrait juger du bon ou du mauvais goût rétrospectivement ? Qu’est-ce que le bon goût à l’époque de Louis XIII ou de François Ier ? L’idée que nous pouvons nous en faire ne peut être que faussée par les temps. Ainsi, l’ouverture à l’art italien apparaît-elle aujourd’hui comme la marque du bon goût vers 1500. Mais à l’époque, personne n’en a conscience. On reste attaché à des formes familières, médiévales et gothiques… Lorsque les hommes de Charles VIII ou de Louis XII découvrent l’Italie, c’est la chartreuse de Pavie qu’ils admirent, dont la luxuriante façade leur rappelle le style flamboyant. Ils n’ont rien vu de l’art épuré de Brunelleschi, que nous considérons pourtant comme le point de départ de la Renaissance et l’expression du goût a posteriori… D’un point de vue historique, la question du bon goût n’a donc pas vraiment sa place.

    En revanche, on peut dire que la succession des souverains a permis l’édification d’un goût français. Nombre d’entre eux ont favorisé ou même imposé le développement d’activités artistiques ou scientifiques. Prenons l’exemple de Louis XIV. Malgré une formation intellectuelle peu théorique, il a été capable de protéger Racine, Boileau et surtout Molière contre l’avis de la Cour et de sa mère. En ce sens, il a participé incontestablement à la formation du goût français. Il est d’ailleurs, avec Napoléon, celui qui s’est passionné pour le plus grand nombre de disciplines. Ce qui est remarquable, c’est que chaque souverain a contribué à l’élaboration de cet esprit, selon ses centres d’intérêt, qu’il se soit agi de musique, de peinture ou de tout autre domaine.

    Le goût se révèle-t-il une arme politique ?

    Oui, il peut l’être. Le goût est un moyen politique quand il s’exprime par la voie d’un mécénat officiel. C’est la dimension que l’on connaît le mieux et c’est précisément celle que j’ai voulu éviter. La tâche n’est pas aisée : lorsqu’un souverain crée des bâtiments, on ne sait jamais s’il agit pour son image de marque, pour la postérité ou bien si c’est véritablement une passion à laquelle il s’adonne. Il existe tout de même des critères : un Henri IV, un Louis XIV ou un Louis XV sont capables de lire des plans, de les dessiner. Ils se rendent sur les chantiers pour voir comment s’élabore une œuvre, pour débattre avec les architectes… Ils se tiennent au plus près de la création. Ce sont des hommes de l’art. On touche-là au goût personnel, même si un doute peut toujours subsister…

    Votre ouvrage s’arrête au second Empire… Le goût est-il incompatible avec les républiques qui suivent?

    La réponse est non, même si j’avoue que j’espérais pouvoir remonter jusqu’à la Ve République et que l’exercice s’est avéré compliqué… Jusqu’à ces dernières années, les hommes politiques ont été en général bien formés, le plus souvent par les Jésuites, les Oratoriens ou l’enseignement public. Ils ont appris le grec et le latin et pouvaient encore être de grande culture. Que l’on pense à Pompidou, qui citait Paul Eluard dans ses conférences de presse… On sent bien qu’un Sarkozy ou un Hollande n’ont pas suivi un tel cursus. Tout ceci semble s’être évanoui parce que la formation de nos hommes politiques n’est plus fondée sur les humanités. Aujourd’hui, il y a l’ENA… à la différence des souverains d’hier, les hommes politiques passent et cultivent des jardins qu’ils veulent le plus souvent garder secrets. J’ai un peu l’impression que dans l’expression d’un goût aujourd’hui, on veut sacrifier d’une manière systématique aux avant-gardes et à une modernité impérieuse voire impérialiste. Ce terrorisme intellectuel fait que des hommes, mêmes cultivés, n’osent plus donner leur sentiment. Il faut avoir à l’esprit que la simplicité, la pauvreté des discours actuels est peut être voulue, à des fins politiques…

    Dernier livre paru : Le Goût des Rois, de Jean-François Solnon, Perrin, 348 p., 22 euros.

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