mercredi, 04 juillet 2012
Le Louis XIV de Stéphane Bern ? Ca, c'est de l'Histoire ! De la grande, de la belle, de la vraie....
Il nous l'avait promise, il l'a faite, cette émission pour laquelle on peut employer indifféremment les adjectifs de "superbe", grandiose", "magnifique", ou n'importe lequel de leurs synonymes. Tout était beau, dans cette remarquable émission, tout était vrai, et aussi tout y était, rien n'y manquait : les Lettres et les Arts, la Guerre, les amours, l'enfance et la Fronde, Versailles, bien sûr, titanesque chantier et - au fond - vitrine du savoir-faire français pour "l'exportation" !....
Il y avait aussi, et il fallait qu'il en fût ainsi, les revers, les ombres, les faiblesses les maladies...; la persécution des protestants (mais qui entraîna une adhésion populaire immense...).
"Embrasser les 72 ans du règne, corrigeant les clichés parfois faciles attachés à l'Ancien Régime" avec "des explications éclairées de plusieurs historiens" (Jean-Christian Petitfils, Joël Cornette, Simone Bertière...) : c'était ce que nous promettaient les chroniqueurs qui avaient visionné l'émission. Pari tenu (et de quelle façon !) par un Stéphane Bern manifestement de plus en plus à l'aise, de plus en plus mûr. Si on écrivait dans le style des perles du Bac, on pourrait dire "de plus en plus meilleur"...
Il a dit la vérité, ou il l'a rétablie. Tout simplement. Sans polémique inutile, sans parti-pris "tout noir" ou "rose-bonbon". "La marche en avant" est une expression que l'on entend à un moment : Stéphane Bern a bien montré cette marche en avant du règne et de la France, en parallèlle, en n'oubliant pas la personne, l'homme Louis XIV, et son évolution, émouvante et même poignante, à la fin de sa vie. Là, on est bien d'accord avec cette mauvaise langue de Saint Simon pour dire que, oui, Louis XIV fut grand, dans ses dernières années, de souffrances et de douleurs physiques, de revers et d'inquiétudes majeures aussi bien politiques que militaires....
Comment dire tout ce qui est "bon" dans une émission où, justement, tout est bon ? C'est de la belle ouvrage que Stéphane Bern nous a donné là : et dire que c'est lui qui, à la fin nous a remerciés de l'avoir suivi ! Mais les mots sont faibles pour lui dire, à lui, combien nous lui sommes reconnaissants de nous avoir emmené sur les sommets, au cours d'une émission passée beaucoup trop vite, et qui honore la télévison en général, le Service public, mais aussi et surtout celui qui l'a conçue, et celles et ceux qui l'ont entourée dans cette belle et bonne action.
Voilà l'Histoire comme on devrait l'apprendre au collège et au lycée : "l'élève veut qu'on l'élève", disait Alain; enseignée par Stéphane Bern, l'Histoire est belle, elle plaît, elle élève. Le coeur, l'âme, l'esprit.....
Et, bien sûr, Versailles !....
Il y eut bien évidemment des zones d'ombre dans le règne, car rien ni personne n'est parfait, et l'émission ne les a pas cachées. Il n'empêche que, pour la France, le règne de Louis Dieudonnée fut bien une "marche en avant" : le roi pensionna artistes et savants, non seulement français mais, chose rarissime, étrangers; il attira une foule de talents de toute l'Europe et développa "l'industrie française"; il agrandit le royaume du Roussillon (Perpignan), de la Franche-Comté (Besançon), de l'Alsace (Strasbourg), de l'Artois et la Flandre (Lille) : pourrait-on seulement imaginer aujourd'hui la France sans ces villes ?
"Louis, le grand en tout", disait de lui Pierre Puget, qu'il aimait et qui l'aimait. Et Vauban écrivait : "Le Roi me tenant lieu de toutes choses, après Dieu, j'exécuterai toujours avec joie tout ce qu'il lui plaira de m'ordonner, quand je saurai même y devoir perdre la vie."
00:20 Publié dans Culture et Civilisation Françaises. | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : academos | mercredi, 04 juillet 2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : academos | mercredi, 04 juillet 2012
Écrit par : lafautearousseau | mercredi, 04 juillet 2012
Répondre à ce commentaireMême François Bluche a écrit dans son "Louis XIV" que cet Edit aurait du être révoqué depuis 1629 par Louis XIII. D'après lui 200 mille protestants quittèrent la France, 5 millions d'après Saint-Simon, 80 mille d'après Monsieur de Vauban qui signale qu'ils emmenèrent avec eux trente millions de livres d'argent ! On a vu plus pauvre et persécuté !
Petitfils a omis, ce qui n'est pas bien pour un historien, de parler des conditions de vie des catholiques dans les pays protestants où ils sont écarté de toute vie civile mais aussi dans les villes françaises remises aux Protestants: La Rochelle, Saumur, Montauban, Montpellier, Angoulême, Saintes etc... Sans oublier, durant cette période d'Edit, les destructions d'église, de cathédrales, de monastères et d'abbayes - occupants inclus.
Il y a près de l'église de Saturargues, dans l'Hérault, une plaque rappelant la destruction de 60 habitants (sur 110) par les Camisards, le 20 septembre 1703. Monsieur Petitfils, vérifiez vos sources comme pour votre "Jésus".
Écrit par : Noël Stassinet | mercredi, 04 juillet 2012
Répondre à ce commentaired'histoire", et félicitations à Stéphane Bern.
Il faut saluer également France 2, qui a mis le paquet en tant
que chaîne publique, en faisant suivre également après
l'émission le film "le soleil noir" sur Louis XV et celui de
"l'évasion de Louis XVI". Un vrai régal.
C'est ainsi que les Français finiront par se réapproprier leur
histoire nationale, à l'aimer, pour le meilleur et pour le pire et
à renouer le fil du temps, en s'intéressant à nos Princes qui
ne peuvent rester les bras croisés.
Écrit par : DC | mercredi, 04 juillet 2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Oddone Michèle | mercredi, 04 juillet 2012
Répondre à ce commentaireIl y a comme qui dirait un bogue sur le papier "éducation" de J-F Mattéi :))) À part ça, chapeau comme d'hab !
Écrit par : Denis Blanc | mercredi, 04 juillet 2012
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