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Bruno

            A la manière de La Bruyère, Patrice de Plunkett a épinglé avec justesse, et beaucoup de finesse, l'un des travers de notre époque…

Il l'a fait, le lundi 17 Août, en consacrant la note de son blog (http://plunkett.hautetfort.com/) à la relation faite par un média de la procession du 15 Août, à Paris.

A partir de cette relation, Plunkett – qui note par ailleurs avec satisfaction que le média a rendu compte correctement de la procession - s’attarde sur le cas d’un certain Bruno, dont parle le journal : "La ferveur des fidèles tranchait parfois avec l'indifférence de certains curieux, à l'instar de Bruno Rocher, venu d'Alsace avec sa famille "simplement pour profiter de Paris". Bien qu'"élevé dans la plus pure tradition catholique", il estime que "l'Eglise catholique a un problème d'identité du fait qu'elle résiste à la modernité", allusion faite à l'interdiction de l'utilisation du préservatif et de la contraception."

 Voici l’opinion de Plunkett sur l’opinion de Bruno. C'est bien vu, et bien dit....

            « …Quant à Bruno, son état d'esprit est – regrettons-le mais c'est ainsi – celui d'une majorité de Français d'aujourd'hui : « "l'Eglise catholique a un problème d'identité du fait qu'elle résiste à la modernité", allusion faite à l'interdiction de l'utilisation du préservatif et de la contraception ». Ce qui veut dire, dans l'esprit de Bruno (et de combien d'autres), que :

a) on n'a une "identité" que si elle est alignée sur la "modernité",

b) la "modernité" se résume à des techniques ; ici, le préservatif et la contraception.

L'idée qu'être aligné constitue au contraire une perte d'identité, n'effleure pas les Bruno. L'idée que la modernité ne devrait pas se résumer àdes techniques, ne les effleure pas non plus.

Bruno (et des centaines de milliers d'autres) ne voient pas encore qu'une véritable attitude « moderne » consisterait à maîtriser l'emploi des techniques, et que cette maîtrise postulerait un « point de vue » : une « liberté » intellectuelle et morale, par rapport à la pression de la sous-culture ambiante…. »

Commentaires

  • Oserai-je dire que je ne suis qu'imparfaitement convaincu par le raisonnement de Plunkett?
    Je le suis quand il dit que l'alignement se traduit par une perte d'identité. En revanche, quand il suggère que la modernité ne devrait pas se résumer à des techniques, il a certes raison mais cette constatation devrait le conduire à faire l'inventaire de cette modernité et alors il constaterait que ces techniques n'ont pas été inventées par hasard, mais qu'elles sont la conséquence directe, dans leur découverte comme dans leur utilisation, du principe fondamental de cette modernité: la primauté du sujet. Je conçois que Plunkett n'ait pas envie de se colleter avec ce monstre ; il préfère paraître habile en disant qu'une "véritable attitude moderne" (pourquoi serait-elle plus moderne que l'autre?) consisterait à "maîtriser l'emploi des techniques", c'est à dire, et là les mots sont subtilement déviés de leur sens, à les écarter. En bref, Plunkett retire à ce débat l'essentiel, pour se limiter à des détails.

  • La réaction du "Bruno" est est typique de l’époque actuelle : l’individu, même croyant, a de plus en plus de mal à accepter des prescriptions morales fondées sur une tradition et impliquant une discipline ou un renoncement. L’idée même de dogme n’est plus comprise : dans un monde en perpétuel mouvement, que l’Eglise puisse ne pas changer sur certains points qu’elle juge essentiels devient incompréhensible.
    On pourrait à cet égard comparer la popularité sans réserves dont jouit le Dalaï Lama, qui ne demande ni n’impose rien, et la popularité mitigée de Benoit XVI, dont on déplore qu’il veuille normer les comportements en matière de contraception.
    Le pape, en d’autres termes, est perçu comme un professeur de morale, non comme un pédadogue de la transcendance ou de l’Incarnation.
    Alors même qu’elles sont en phase avec d’autres critiques,
    politiques ou intellectuelles, sa dénonciation de l’hédonisme de la société actuelle, sa condamnation de la "culture de mort", ses mises en garde répétées contre le "virus" de l’indifférentisme, du relativisme et du matérialisme pratique sont tombées le plus souvent dans le vide.

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