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Documents pour servir à illustrer une histoire de l'URP (19)...

(Documents pour servir à illustrer une histoire de l'URP : contribution, commentaires, informations, renseignements, prêt de photos etc... bienvenus; retrouvez l'ensemble de ces documents dans notre Catégorie : Documents pour servir à illustrer une histoire de l'URP)

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19 : Les années 74/75 : fin de première "période" pour notre groupe militant...

J'ai rapidement évoqué, dans la livraison n° 14 de cette Chronique, où je parlais des trois locaux que nous avons occupé à Marseille, la façon dont s'est formé notre groupe militant, dans les années 63/64. A ce moment, l'un de mes frères, Jean-Marie, de quatre ans et demi mon aîné, et l'un de ses camarades de classe, décidèrent d'aller rue Saint Suffren, siège de l'URP. Bien que beaucoup plus jeune, et n'ayant évidemment pas lu une seule ligne de Maurras ou du moindre ouvrage politique, j'avais déjà lu, passionné d'Histoire, la trilogie Bainvillienne : l'Histoire de France, l'Histoire de deux peuples et le Napoléon. Je ne pouvais pas encore comprendre grand chose en politique pure, mais j'avais compris l'essentiel, avec et grâce à Bainville : la Royauté - et ses bienfaits - prouvée par l'Histoire; à l'inverse, la malfaisance de la République, elle aussi prouvée par l'Histoire. Aussi, quand mon frère me demanda si je voulais l'accompagner, j'acceptai avec plaisir, et l'accompagnai non par suivisme mais par conviction.

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le n° 1063, du jeudi 30 janvier 69
 
 
C'est là, rue Saint Suffren, que nous rencontrâmes Chauvet, Lavo et les autres "anciens", à l'époque dans la pleine force de l'âge. Et que nous trouvâmes un groupe de jeunes assez peu militants, avec qui le courant ne passa pas du tout, et qui du reste s'éclipsèrent assez vite. Ils furent heureusement remplacés par les Balanda, Lapeyrouse, Mondoloni et beaucoup d'autres jeunes motivés, eux, car nous avions initié tout de suite une dynamique autour de la vente du journal (Aspects de la France, ci dessus), ainsi que de notre mensuel étudiant AF Université, que nous appelions entre nous "A.F.U" (ci dessous):

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Nous organisions aussi des affichages réguliers et longs (on finissait couramment à 3h/3h30 !...) avec cette affiche que nous avions trouvé au local, en très grande quantité !....

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Mais aussi, et surtout, nous sortions des tracts sur un peu tous les sujets, ce qui nous permettait d'aller distribuer devant pas mal de lycées. Car, entretemps, mon frère Jean-Marie fut remplacé, si je puis employer l'expression, par un autre de mes frères, Jacques, qui lui n'a que quinze mois de plus que moi. Il était d'abord, lui, à la FEN, dans cette mouvance d'extrême-droite, qui devait donner, par exemple, le G.R.E.C.E. un peu plus tard, avec "l'ancien" Alain de Benoist. Je dis à dessein "l'ancien", en me référant au profond changement de sa personnalité, de ses positions, aujourd'hui, par rapport à cette époque; mais c'est évidemment bien du même Alain de Benoist qu'il s'agit. Mon frère Jacques était à la FEN avec un autre de mes frères, Philippe, et nous étions ainsi une famille bien partagée et même séparée, sans hostilité cependant, entre les deux royalistes et les deux FEN... Il faut bien reconnaître qu'à l'époque la FEN était très dynamique, et mon frère Jacques y avait appris pas mal de choses, d'un strict point de vue militant, qui devaient nous servir par la suite : notamment en ce qui concernait la conception et réalisation de tracts, avec photos intégrées (on appelait cela "stencil électronique"...). Cette "prise de guerre" nous permit à la fois de renforcer notre groupe mais, surtout, de prendre peu à peu le dessus sur la FEN, et de devenir le groupe le plus actif sur Marseille. D'où l'arrivée assez rapide de nombreux nouveaux, comme je l'ai dit plus haut, et la constitution d'un vrai groupe, nombreux parce qu'actif, et réciproquement...
A de rares exceptions près, nous nous rencontrions tous, tous les soirs au local (rue Saint Suffren, puis rue Dieudé, puis rue Pavillon). Le local ouvrait tous les jours, de 18h à 20h, et le samedi de 15h à 20h. Mais, bien sûr, nous restions très souvent bien après 20h !... A partir de la rue Dieudé, puis rue Pavillon, Lavo me confia les clés, et c'était moi qui ouvrais (et, la plupart du temps, à 17h30 plutôt qu'à 18h !...).
Cet heureux temps devait durer dix ans, jusqu'en 74/75. Il est clair que se voir aussi souvent, tous ensemble - du moins ceux qui étaient réellement impliqués dans la marche concrète des choses... - et pouvoir sans cesse proposer des idées nouvelles à Chauvet et Lavo, c'étaient les conditions idéales pour faire tourner une bonne équipe. 
C'est pendant cette dizaine d'années, heureuse, que nous avons :
- changé trois fois de local; 
- passé Mai 68 à la rue Dieudé (en vendant 300 exemplaires du n° de Mai 68 d'AFU, dont 50 dans le seul Lycée "Saint Charles Maurras" : j'en reparlerai bientôt, car si nous faisions toujours tout tous ensemble, nous moquant éperdument des "titres" et autres organigrammes, il y avait quand même de l'organisation, et c'est moi-même qui m'occupait plus spécialement d'AFU : au Congrès de la RN de décembre 68, Michel Giraud, qui me logeait chaque année, à la Plaine Saint Denis (car nous montions au Congrès chaque année !...) parla à la tribune de "Marseille, qui a commandé, puis recommandé et encore recommandé, jusqu'à arriver à diffuser 300 n° du mois de Mai..." : dans la salle nous n'étions pas peu fiers !...

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Couverture du n° d'Aspects spécial Mai 68
 
 
- et, surtout, inventé et commencé à réaliser les Rassemblements royalistes : les trois premiers eurent lieu à Montmajour (69, 70 et 71), le quatrième à Saint Martin de Crau (là où avait eu lieu le Camp, dirigé par Hilaire de Crémiers, auquel j'ai participé - avec celui d'Etrie, en Vendée...) puis aux Baux, dans le Val d'Enfer, sur le terrain prêté gracieusement par notre ami François Cornille...

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Malheureusement, cette mécanique bien huilée connut sa première sérieuse "ratée" en 74/75. Mon frère Jacques, puis moi, passâmes notre C.A.P.E.S. (lui de Lettres modernes, moi d'Espagnol). C'est connu, les jeunes professeurs, débutants, ont un "barème" de O points, et sont donc nommés "là-haut", dans le nord; alors que les professeurs âgés, au barème impressionnant, raflent les postes dans le Sud (Nice, Perpignan...). Mon frère fut muté à Longwy, dans l'Académie de Nancy-Metz, et moi à Amiens (où je réussis malgré tout à me faire transférer à Beauvais). Mon frère effectua bien sa première année de Capesien à Longwy, où il partit en septembre 74, mais il pensa que, s'il passait l'Agrégation, cela lui vaudrait, sinon une mutation dans l'Académie d'Aix, du moins une plus proche de Marseille. Je l'accompagnai à Paris, pour un mois de juin/juillet de révision vraiment très sérieuse avant son oral, m'occupant de tout le "matériel" (repas, courses...) afin qu'il puisse ne faire que réviser. Nous nous autorisâmes à peine deux sorties : une après-midi dans l'Île Saint Louis, le défilé du 14 juillet (deux excellents souvenirs...). J'étais persuadé qu'il réussirait, et pourtant, malgré tout son sérieux, une année de vrai travail et un mois de révision acharnée, il échoua. Mortellement déçu, et ne voulant pas repartir pour Longwy, il opta pour la Coopération, et partit - en septembre 75 - faire la plus grande partie de sa carrière au Maroc (avec quelques essais de retour, jamais concrétisés). 
Quant à moi, ayant effectué mes deux ans de PMS, je partis le premier août 75 intégrer l'Ecole de l'EAABC à Saumur, pour quatre mois, après lesquels j'intégrais le 5ème régiment de Hussards, à Stetten, en Allemagne (RFA, à l'époque), devenu très vite le 3ème Régiment de Dragons (Colonel Albert Royer). C'est là que je devais rencontrer celui que je ne peux qu'appeler "Mon Lieutenant", même aujourd'hui, et dont vous avez découvert le nom sur la photo ouvrant cette note : on y voit mes Brigadiers et Maréchaux des Logis devant l'entrée de l'Escadron d'Instruction Wallaert (inutile de présenter !...), dans lequel j'eus la joie et le bonheur de servir, pendant mes huit mois. C'est juste dans le très court intervalle entre la fin des quatre mois d'Ecole et le départ pour le Régiment que nous allâmes à Madrid, pour les obsèques de Franco, avec Jean-Charles Masson, entre autres...

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Je quittai donc Marseille moi aussi, puisque, après mon année de Régiment, j'intégrais le Collège Nord (vite devenu "Georges Sand) et le Lycée Félix Faure de Beauvais...
Mais au moins, ayant préféré rester en France, je pouvais revenir à Marseille, dans ma famille et "mon" local, avec les amis d'AF, à chaque vacances (Toussaint, Noël, Mardi-Gras, Pâques...). Et, surtout, venir aux Baux chaque année puisque, très vite, dans les années 80, Chauvet et Lavo me demanderont de devenir "le régional de l'étape" en montant à la Tribune chaque année, pour un discours.
Mais c'est une autre affaire, et nous en parlerons dans une autre livraison...
En attendant, voilà pourquoi je propose cette date de 74/75 comme celle de la fin de la première partie de notre histoire commune : c'était fini, ces soirées parfois interminables, ou nous nous réunissions tous, tous les soirs, "au local", comme nous disions.
Mais, bien sûr, ce n'était pas fini, ni pour l'URP ni même pour le groupe, qui, s'il dut s'adapter à la situation nouvelle, sut parfaitement continuer - en partie grâce à la très réelle dynamique des Baux - à faire ce pourquoi il s'était créé : diffuser, par tous les moyens, même légaux, les idées de Salut public...

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