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Tribune des militaires : le devoir patriotique avant le devoir de réserve, par Maximilien Varangot.

Cérémonie de présentation et de passation du drapeau à la promotion 2018 sous la présidence du Général d'Armée François Lecointre, Chef d'état-major des Armées le samedi 25 mai 2019. © École polytechnique - J.Barande

Dans ces moments de tensions mais aussi de vérités sur ce que devient la France, loin du rêve multiculturel et mondialiste, l’appel d’anciens militaires dans une tribune publiée dans Valeurs Actuelles devient l’espoir et le salut de la gauche, qui n’attendait que ce pain bénit pour agiter son traditionnel chiffon brun et détourner le regard du réel qui la contredit. La voix du soldat, scandale pour les gauchistes, folie pour les pacifistes.

Dans une tribune publiée dans Valeurs Actuelles, une vingtaine de généraux s’adresse au Président de la République, au Gouvernement et à l’ensemble des parlementaires pour les alerter sur la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays. À l’origine de cette lettre, le Capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac, ancien officier de l’Armée de Terre et de la Gendarmerie. La publication remonte au 14 avril 2021 sur le blog Place d’Armes, le « site engagé de la communauté militaire ». Elle est signée par des centaines d’officiers venus de tous les corps d’armée, dont un certain nombre de généraux à la retraite, parmi lesquels Christian Piquemal, connu pour avoir appelé à manifester à Calais contre l’immigration, Emmanuel de Richoufftz, surnommé le « général des banlieues » pour son implication sur ces questions, ou encore François Gaubert, conseiller régional RN de la région Occitanie. Nul doute que la majorité de ces anciens militaires soit proche des partis patriotiques. Cela n’est guère surprenant, tant l’aveuglement, le déni et l’idéologie qui habitent les sphères dites « bien-pensantes » semblent incompatibles avec ce qu’un militaire peut apprendre du réel qu’il côtoie chaque jour sur le terrain.

Les médias, dans un réflexe pavlovien, s’enflamment sur la prise de paroles de militaires à la retraite dont la simple démarche de « l’ouvrir » sont les prémices de la geste fasciste. Qu’ils soient d’active ou retraités, jeunes ou vieux, ils doivent être à jamais marqués du sceau du silence. Il est vrai que le devoir de réserve s’impose pour les militaires, et de façon plus élevée que pour d’autres fonctionnaires de l’État, comme le prévoit l’article L. 4121-2 du Code de la défense. Il ne peut donc ni s’exprimer sur la politique menée par le pays, ni se syndiquer ou adhérer à une association politique. Cela est légitime compte tenu de sa mission qui transcende l’intérêt des partis pour servir celui de la nation. Cela permet entre autres de préserver l’unité de l’armée et de conserver une discipline qui lui est intrinsèquement liée. Ce devoir s’étend bien entendu au secret professionnel afin de ne pas compromettre les opérations de sécurité de l’État en divulguant des informations tenues secrètes. Mais cette réserve est aussi l’occasion pour le pouvoir de protéger et garantir son autorité et, d’une certaine façon, sa stabilité.

Mais tout porte à croire que le silence du militaire est d’abord la garantie pour ce gouvernement – qui, lui, ne cache pas son idéologie – de donner l’illusion d’une stabilité et d’une autorité qu’elle a depuis longtemps perdues par son incapacité, voire son refus à agir dans le sens de l’intérêt général. D’ailleurs, les sondages d’opinion ne s’y trompent pas : 77 % des Français ont un sentiment négatif à l’égard de la politique et 77 % des Français ont confiance dans l’armée, selon le dernier baromètre d’OpinionWay. Les Français ont donc une oreille plus attentive et reçoivent avec sérieux ce qui peut provenir de la bouche d’un gradé, et ça, l’homme politique le sait. Le silence du militaire est le dernier voile qui cache l’incapacité de l’État à agir. C’est pourquoi l’utilisation du fantôme du putsch des généraux d’Alger en 1961 refait surface, le bruit des bottes et de la dictature militaire reprend du service afin que les soldats regagnent le rang et les Français restent dans la crainte d’une menace chimérique. Mais là est la limite du jeu de dupes. Si le silence de l’armée est ce qui rend sa prise de parole si précieuse et importante, elle peut aussi se retourner en un silence coupable face à l’inaction et les compromissions factieuses de la classe politique. Le soldat, comme le citoyen, ne peut s’y conformer au risque d’entacher son honneur.

Le devoir de réserve ne doit pas servir de prétexte à faire taire les sentinelles de l’intégrité nationale. L’armée connait le pays mieux que personne par les informations qu’elle détient, par la diversité de ses soldats venant de tous milieux et de tous horizons, par sa présence sur l’ensemble du territoire, et les liens indéfectibles qui la relient au peuple français. Or, à en juger le ton et les termes forts employés dans cette lettre ouverte, la situation est préoccupante : « L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. ». Et c’est bien un risque de « guerre civile » qui plane sur nos têtes. Les militaires le savent, les hommes politiques cherchent à repousser le moment où sera mis en place « l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national », comme le prévoit l’article L2121-1 du Code de la défense qui permet d’instaurer l’état de siège. On sait qu’en dernier ressort c’est bel est bien l’armée qui sera en première ligne face à l’ennemi. Par conséquent, les militaires sont directement concernés par cette situation sans précédent dans l’histoire du pays. Au-delà d’un simple avertissement, cette lettre rappelle que « ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers ». On est donc loin d’un appel à renverser le régime, aussi impotent soit-il.

Ainsi, un militaire, incarnation de l’autorité et de la fidélité à la France, peut et doit faire prévaloir son devoir patriotique, celui de défendre son pays, sur son devoir de réserve. Bonaparte, Lyautey, Foch, de Gaulle, et plus récemment Villiers illustrent que notre pays a besoin de ses militaires pour alerter son gouvernement trop prudent devant les périls qui menacent la population. D’ailleurs, la lettre reprend une citation du cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. ». Nos militaires n’auront pas perdu le sens du devoir.

Source : https://www.billetdefrance.fr/

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