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Déclin ou décadence ? Mais les deux, hélas !, par Christian Vanneste.

Les coupeurs de concepts en quatre, dignes héritiers des théologiens qui disputaient du sexe des Anges dans Constantinople assiégée par les Turcs, distinguent le déclin et la décadence, pour tenter d’ailleurs de les nier tous les deux. La distinction est pourtant claire : le déclin d’un pays ou d’une civilisation se mesure par rapport à l’évolution des autres, la décadence est un processus interne qui désigne l’effondrement des valeurs sur lesquelles s’appuyait une société.

christian vanneste.jpgLe premier est objectif, matériel en quelque sorte puisqu’il correspond à la puissance économique et militaire, et au rayonnement international qu’elle conférait à un Etat. La seconde est plus subjective, spirituelle et morale. Elle sera perçue par les uns comme un heureux moment de libération des moeurs tandis que pour d’autres plus clairvoyants sur ses conséquences, elle apparaîtra comme un amollissement annonciateur de la fin d’une situation historique. Le déclin est un affaiblissement relatif qui peut être ralenti, voire inversé. La décadence est une consomption inexorable qui atteint les forces morales qui pourraient tenter d’enrayer le déclin.

La métaphore médicale est facile par les temps qui courent. Le déclin est une maladie qui se soigne, la décadence, un mal sans rémission. De quoi la France souffre-t-elle ? Mais des deux ! Non seulement, elle recule dans de nombreux domaines, et se fait dépasser, mais elle entretient en elle les germes qui anéantissent ses capacités de résistance et de résilience. Au XVIIe siècle, elle était la première puissance européenne, et de loin. Au XVIIIe, toute l’Europe l’imitait et la diplomatie européenne parlait français. Avec Napoléon, elle dominait l’Europe et ses frontières englobaient une partie de l’Allemagne et de l’Italie. Au XXe siècle, elle faisait partie des quelques nations qui se partageaient le monde, derrière l’Angleterre, certes après la démesure napoléonienne, mais avant l’Allemagne. C’est d’ailleurs l’Empire qui permit à la France de continuer à exister malgré le désastre de 1940. Après avoir libéré cet Empire et s’être délivré des guerres coloniales avec de Gaulle, la France demeurait le poids lourd de l’Europe occidentale, politiquement plus forte que l’Allemagne, et économiquement pas encore distancée. Elle bénéficiait d’une autonomie et d’une aura diplomatique qui lui conférait un rôle de première importance sur la planète.

Le déclin s’est depuis précisé en arrachant le voile des illusions. La France de l’Institut Pasteur n’est pas présente dans la course aux vaccins. Mais elle s’était rendu compte auparavant qu’elle ne pouvait plus fabriquer de respirateurs et même de masques. La France est devenue un nain industriel face aux géants que sont la Chine dans le monde et l’Allemagne en Europe. Les données économiques de notre pays sont toutes dans le rouge avec une dette record en temps de Covid, mais qui jouxtait déjà les 100% du PIB auparavant, avec un déficit budgétaire depuis 45 ans, un déficit commercial en augmentation constante, une recherche deux fois moins importante que nos voisins allemands, et une formation dont les performances sont en recul notamment par rapport aux champions asiatiques. Le déclin est une évidence : la France a de la peine aujourd’hui à justifier sa place dans le concert politique des nations. Elle bénéficie d’une place privilégiée à l’ONU parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, mais elle n’a plus les moyens de posséder les deux porte-avions indispensables à sa présence militaire dans le monde. La Chine est à la veille de produire son troisième.

La décadence est ce qui empêche de mesurer l’importance du déclin et de mobiliser l’énergie nationale pour y remédier. Il y a en France toute une série de forces qui aveuglent notre pays sur sa situation et son avenir parce qu’elles concentrent l’attention de médias complices et donc de l’opinion publique sur des sujets secondaires qui ont pour caractéristique principale d’entraîner des mesures qui affaiblissent les capacités de résistance du pays et d’inhiber sa résilience. L’une des faiblesses essentielle de notre pays est sa démographie. Il est aujourd’hui clair qu’il n’est plus capable de maintenir voire d’accroître sa population que grâce à l’immigration, une immigration de plus en plus africaine et musulmane, rétive à l’assimilation. Or les idéologies “environnementalistes” ou de libération sexuelle ont pour effet, pour la première de réduire la production nucléaire d’électricité, pour la seconde de désintégrer la famille et de diminuer le nombre des naissances. L’immigration assimilée était effectivement une chance pour la France. Or, l’importation des déviances idéologiques américaines du wokisme et de la Cancel cuture s’ajoute aujourd’hui à l’anticolonialisme pour mettre en accusation notre pays, son histoire, ses traditions, la religion qui a forgé son identité pour le conduire à la repentance et l’abandon de toute fierté nationale. On ne risque pas d’assimiler des étrangers à une nation qui s’excuse d’être ce qu’elle est.

Or, c’est cette indispensable fierté de notre passé qui peut susciter notre foi en l’avenir, l’arme psychologique pour freiner et peut-être inverser le déclin.

Source : https://www.christianvanneste.fr/

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