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Les chrétiens et l’immigration, par Gérard Leclerc.

Le Bon Samaritain, monastère de Kykkos,

Chypre.

© Philippe Lissac / GODONG

Pourquoi ne pas l’admettre ? Lorsqu’il y a désaccord dans n’importe quelle situation, il vaut mieux mettre clairement en évidence les termes du débat, les causes du dissentiment, plutôt que de rester dans un à-peu-près qui, finalement, ne satisfait personne et contribue, au contraire, à gâcher le climat et à envenimer les relations sociales. Cela vaut autant pour l’Église catholique que pour la communauté nationale.

gerard leclerc.jpgEt je pense ici particulièrement à la question de l’immigration qui est omniprésente dans le domaine politique, mais se présente de façon beaucoup plus feutrée chez les catholiques. Pour ces derniers, il est une référence qui s’applique non seulement en matière de foi, mais aussi de morale et de morale sociale – il y a une doctrine sociale de l’Église – c’est celle du pape. Or, sur l’immigration, il semble que François ait des convictions affirmées, qu’il a réitérées dans sa dernière encyclique Fratelli tutti, où, commentant l’évangile du Bon Samaritain, il affirme « un prochain sans frontière ».

Philippe d’Iribarne, vendredi dernier dans Le Figaro, n’a pas hésité a contrer nettement le pape dans son exégèse des Écritures. Il objecte à François que si l’accueil de l’Étranger démuni est un commandement certain, il est aussi patent que cet étranger, est contraint de se soumettre aux lois du pays où il s’installe. Et de reprocher à la dernière encyclique de s’affranchir du « réalisme biblique ». Un État n’a pas seulement à accueillir des individus, il a à apprécier les effets globaux d’une politique d’immigration. Il y a une différence entre un acte de charité solidaire et la responsabilité d’un État aux prises avec certains effets géopolitiques massifs. On pourrait répondre à Philippe d’Iribarne que François n’est pas indifférent à de pareilles considérations, même si c’est sur un mode mineur.

Nous sommes face à des problèmes de civilisation qui doivent être traités selon leur nature et leur complexité, et il convient que les chrétiens participent au débat, en pleine connaissance de cause.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 17 novembre 2020.

 

Sources : https://www.france-catholique.fr/

https://radionotredame.net/

Commentaires

  • Gérard Leclerc a l'art de noyer le poisson et finalement on ne sait pas très bien où il veut nous conduire. Entre accueillir et soulager Une personne dans le besoin et accueillir sans contrepartie réelle une masse de populations dont l'intégration difficile, quand ce n'est pas son refus d'intégration, va compromettre la cohésion de la nation, il y a des choix qui s'imposent au politique et qui sont prioritaires. De Gaulle se disait ostensiblement chrétien mais ça ne l'a pas empêché d'abandonner pieds-noirs et harkis au massacre, sous prétexte de raison d'Etat. Ce faisant, il a oublié le principe de charité chrétienne et de compassion et, sans tergiverser ni pinailler, on est en droit de le lui reprocher clairement. A l'inverse, l'accueil inconsidéré de populations allogènes et de culture opposée à la nôtre est aussi une décision que l'on peut clairement contester, en vertu du principe de protection légitime et prioritaire du prochain le plus proche.

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