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Denis Tillinac, par Gérard Leclerc.

© Ji-Elle / CC by-sa

La mort de l’écrivain Denis Tillinac nous renvoie à son œuvre singulière, marquée par un ancrage profond dans un enracinement provincial et national mais aussi par un souci universel. Ce libre hussard était traversé par une sourde angoisse.

gerard leclerc.jpgImpossible de cacher la peine qu’a provoquée en moi la mort de Denis Tillinac. Ce fut un vrai coup de poing dans la poitrine. Il faisait partie de ces êtres qui, à leur façon, sont indispensables parce qu’ils incarnent quelque chose d’évident dans votre environnement moral et affectif. Denis Tillinac, c’était une voix, un style, qui traduisait une part précieuse de notre ancrage dans la terre de France, car sa Corrèze c’était la chair vive de notre pays. Et loin de tracer des limites étroites à notre sensibilité, cet ancrage nous renvoyait à la profondeur et l’épaisseur de notre existence. Bien sûr qu’il appartenait aux hussards par son bonheur d’écriture et son refus des embrigadements idéologiques, mais il y avait chez lui comme un souci métaphysique et religieux, mâtiné de quelque angoisse.

Je suis retombé par hasard sur un de ses derniers livres, intitulé simplement Elle, au singulier et qui constitue une ode magnifique au génie féminin. Mais de ce chant qu’il décline à la gloire de la femme émerge une sourde obsession. Nous sommes en danger, le meilleur de nous-même est menacé. Je le cite : « Partout progresse la conscience d’être embarqués sur l’océan du même devenir, accompagnée d’un double sentiment de précarité et de dépossession. Chacun est la proie d’une sourde angoisse en percevant la désuétude de ses repères coutumiers sans savoir ce qui l’attend derrière la ligne d’horizon de la modernité. » Et de mettre en évidence « la fin programmée des noces immémoriales du masculin et du féminin ».

En dépit de nos dissemblances, nous nous retrouvions pleinement là-dessus, et il m’avait d’ailleurs demandé d’écrire un livre sur l’effacement de la différence sexuelle. Livre auquel j’ai beaucoup travaillé et auquel j’ai finalement renoncé. Mais, cher Denis, ton amitié m’est ancrée dans le cœur à jamais.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 29 septembre 2020.

 

Source : https://www.france-catholique.fr/

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