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Séparatisme La foi contre la loi ?, par Gérard Leclerc.

Périodiquement, se trouve réitéré l’axiome selon lequel «  la foi religieuse ne saurait être supérieure à la loi  » ou encore «  les principes religieux ne sauraient se substituer aux valeurs de la République  ».

gerard leclerc.jpgEn un certain sens, ces formules ont leur justification immédiate, en rapport avec une actualité où il est question de séparatisme. Des quartiers entiers, au témoignage de plusieurs ministres de l’Intérieur, seraient en situation de sécession, par rapport à la nation et à ses lois. Il est d’ailleurs difficile de démêler en quoi ces «  quartiers perdus de la République  » seraient sous l’emprise de mafias de trafiquants ou de celle de courants islamistes. En tout état de cause, il est impossible d’admettre un tel déni du droit et de l’ordre public. Ce qui relève de la délinquance doit être sanctionné et éradiqué, ce qui relève d’un certain fondamentalisme politico-religieux doit être combattu, et les prédicateurs de haine interdits de parole.

Conception idéologique

Mais cela n’autorise nullement des approximations philosophiques à propos de la laïcité qui serait en position supérieure par rapport aux religions. Ce qui aurait pour conséquence d’ériger la République en religion officielle. Dans notre pays, il y a toujours eu équivoque à ce propos, avec une frange idéologique voulant imposer ses conceptions comme une pensée officielle, alors que l’évolution du pays depuis la loi de 1905 tendrait à insister sur la séparation du spirituel et du temporel. C’est d’ailleurs un problème qui hante l’esprit d’Emmanuel Macron et provoque de sa part des positions contradictoires. D’un côté, dans la tradition saint-simonienne il est tenté de se référer à une instance morale supérieure aux religions. De l’autre, conscient des périls d’une telle affirmation, il repousse «  une sorte de foi républicaine forgée par des valeurs, des traditions érigées à leur tour en croyances universelles sur le modèle lointain du culte de l’Être suprême des Jacobins  » (Discours aux autorités religieuses du 4 janvier 2018).

Distinguer sans opposer

Il importe donc d’opérer les distinctions indispensables. Mettre en opposition la foi religieuse à la loi civile n’est pas sans danger, aussi bien pour l’État que pour l’instance religieuse. C’est considérer qu’il n’y aurait pas entre eux un terrain de discussion rationnelle pour garantir le respect de l’ordre public et des biens qui en découlent.

La meilleure tradition chrétienne, celle de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin, a toujours reconnu la légitimité d’une loi civile qui tienne compte des faiblesses de la nature humaine. Il n’est donc pas raisonnable d’imposer un conflit entre la foi et la loi, dès lors que cette dernière résulte d’une sagesse prudentielle. Elle n’est critiquable que lorsqu’elle s’oppose aux traditions fondatrices de notre humanité. C’est hélas le cas de la loi de bioéthique que le pouvoir veut nous imposer. Contre toute raison et toute sagesse. 

Source : https://www.france-catholique.fr/

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