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Le débat n’est plus possible, par Gérard Leclerc.

Source : https://www.france-catholique.fr/

« Aujourd’hui, la vie publique se résume a des polémiques médiatiques où l’on se contente d’asséner des affirmations dont la véhémence fait preuve. Cela ne laisse plus beaucoup de place pour une argumentation développée. » Cette déclaration de Marcel Gauchet à l’hebdomadaire L’Obs est d’autant plus à recevoir avec sérieux qu’elle explique la cessation de parution de la revue Le Débat, dont le philosophe fut, pendant quarante ans, l’animateur infatigable aux côtés de Pierre Nora, son directeur.

gerard leclerc.jpgLequel d’ailleurs confirme totalement les propos de son rédacteur en chef. L’historien constate « un gauchissement de l’idéologie radicale ». Car « la radicalité est devenue un trait majeur. Les sensibilités des communautés et des minorités imposent leurs revendications. »

Voilà qui confirme ce que dans les précédentes chroniques j’appelais « la surchauffe idéologique », que j’aurais pu aussi bien traduire en « hystérie intellectuelle ». Étais-je trop optimiste en appelant à la poursuite du débat, précisément au moment où la revue appelée Le Débat cesse sa parution, faute de trouver un climat propice à l’échange approfondi des idées ? C’est la passion qui prévaut aujourd’hui, et plus encore l’agressivité communautaire ou communautariste, notamment sur les questions liées au féminisme et à la colonisation. « L’histoire, dit Pierre Nora, s’efface et ne devient qu’un prétexte, récupérée, fétichisée pour des raisons idéologiques. » Marcel Gauchet aggrave le diagnostic en affirmant que « les élites dirigeantes sont devenues incultes ».

L’actualité la plus récente confirme, ô combien, les convictions des dirigeants du Débat. On s’en est aperçu, ces jours-ci, avec une affaire que j’ai eu scrupule à évoquer ici-même. On pourrait l’appeler l’affaire Obono, du nom de cette députée de La France insoumise, bousculée par l’hebdomadaire Valeurs actuelles, à travers une fiction qui la transforme en esclave africaine au milieu du XVIIIe siècle. Il est vrai qu’avec une telle fiction, aucune distance n’est prise. L’implication personnelle est immédiate, brutale. Peu de possibilité de problématiser pour une discussion argumentée. Il n’y a de débouché que dans la plainte judiciaire, les tribunaux devenant les arbitres des différends politiques et idéologiques. Curieuse époque. Époque qui oblige à arrêter le débat. Il faudra tout de même en sortir !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 2 septembre 2020.

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