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L’identité de la France : le sourire de Reims, par Arnaud Jayr.

Source : https://www.bvoltaire.fr/

En juillet 2010 se tenait la XIXe université d’été de Renaissance catholique, ayant pour thème l’identité nationale.

À l’occasion des 10 ans de cet événement, Boulevard Voltaire publie durant l’été, avec l’autorisation de Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique, des extraits des actes du colloque dont le sujet demeure plus que jamais d’actualité.

Aujourd’hui, l’intervention d’Arnaud Jayr, agriculteur et professeur de philosophie.

En réfléchissant à l’identité française, m’est venue l’idée d’ouvrir ma carte d’identité ; ce papier, par ailleurs quelque peu galvaudé, m’a suggéré une démarche démonstrative. Que contient-il ? Simplement un nom, une date et un lieu de naissance, une appartenance nationale.

Un nom : la France ; une date et un lieu de naissance : le 25 décembre 496 à Reims ; une appartenance communautaire : l’Europe – la vraie, la chrétienté d’Occident, fratrie des nations chrétiennes, dont la France est la première née. L’étymologie latine du mot nation nous conduit, au départ de notre réflexion, à évoquer nos origines nationales, car natio signifie naissance, ainsi qu’en témoigne l’adjectif natif.

En déclinant son identité, chacun se présente comme « fils ou fille de… » : la filiation constitue la cause la plus immédiate de notre identité, de notre personnalité. Ce que nous sommes au départ, notre innéité, ce que nous devenons ensuite, essentiellement par éducation et imitation, nous vient de nos parents, même s’ils ne font que transmettre ce qu’ils ont reçu. De fait, le concept de tradition forme un lien puissant entre générations, car il favorise la prise de conscience de l’identité autour de ce qui est essentiel.

Philosophiquement, la notion d’identité nous renvoie à celle de vérité ; le dictionnaire Robert définit ainsi l’identité : « caractère de ce qui demeure identique à soi même », la vérité étant, selon la célèbre définition philosophique, la conformité de la pensée au réel. L’identité renvoie donc à la notion d’être, de permanence, de substance, à ce qui reste établi malgré les changements apparents ou secondaires.

Se pencher sur l’identité française revient donc à s’engager dans une recherche de vérité en réfléchissant à ce qu’est la France réellement, en elle-même, objectivement, substantiellement, nonobstant ses évolutions, ses modifications accidentelles. Enfin, dans le domaine de la science politique, une démarche réaliste et tendant vers le vrai doit prendre à témoin les faits humains, tels qu’ils se sont produits, en se dégageant de toute idéologie aveuglante et de tout esprit de système.

En réfléchissant à la notion d’identité, j’ai rencontré un problème de philosophie assez plaisant. La notion d’identité reste simple en psychologie, qui s’attache à l’être singulier : c’est, pour un individu, le fait de rester le même dans le temps, de se percevoir le même, semblable à soi-même tout en étant différent des autres. L’identité définit donc l’individu, psychologiquement ; elle est ce qui reste, ce qui est essentiel. Alexis Carrel l’énonce dans une formule heureuse : « Nous sommes la superposition des aspects différents d’une même identité. » L’identité est donc, pour un même sujet, la synthèse de ses différents aspects ou des différentes étapes de sa temporalité. Bien sûr, se connaître ou connaître les autres n’est pas toujours facile : chaque personne résulte d’une pensée singulière de Dieu ; par ailleurs, l’enfant que nous étions est assez différent de l’adulte que nous sommes.

En science politique ou en sociologie, la notion d’identité, appliquée aux communautés humaines, s’avère moins évidente et apparente que lorsqu’on l’applique aux êtres concrets, singuliers, personnels, la multiplicité rendant la réalité plus difficile à appréhender. L’identité suppose alors l’existence et la perception d’un être en commun, d’un mit sein, dit Heidegger, d’un « nous » ou au moins d’un « on ». Cela peut donner la communauté ou la masse, selon la qualité morale des relations entre individus, la cohésion sociale étant renforcée par l’adhésion partagée à une culture commune, à des représentations unificatrices. Ainsi, la beauté du patrimoine d’un peuple suscite très fortement ce sentiment du « nous » ; idem pour le Vrai ou le Juste, facteurs de cohésion sociale. Pour approcher l’identité collective, il peut être intéressant de s’appuyer sur l’identité personnelle : je vais donc comparer la France à un individu dont l’identité perdure à travers les grandes étapes de la vie. […]

Un bon mot de Louis VII sur l’identité française : « La France, c’est le pain, le vin et le sourire. » Le pain et le vin, aliments autant français que chrétiens ; le sourire, expression accomplie du visage chrétien – signe de joie, il est le contraire du morose ou de l’hilarité grimaçante propres à la modernité. Au XIIe siècle, la France de Louis VII souriait sûrement plus que celle du XXIe siècle, mais qu’importe. Au regard de la France éternelle, ce sourire est comme un trait de l’identité française, symbole d’une victoire, celle de la France chrétienne sur ses adversaires. […]

À Reims, ce sourire est marqué d’une pierre blanche, c’est l’Ange au sourire, ange gardien du berceau spirituel de la France.

 

Arnaud Jayr

 
Agriculteur, professeur de philosophie, membre de l’Académie des Sciences, des Arts et Belles Lettres de Montauban

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