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«Séparatisme ordinaire» L’éditorial du Figaro par Vincent Trémolet de Villers.

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/

«Insupportable», «odieux», «inacceptable»… Le nuancier de l’indignation serait-il la seule arme contre la violence? Chaque semaine, agressions gratuites, lynchages en bande, coups de couteau, tirs à balles réelles… Les ministres se déplacent, les tweets condamnent fermement, la parole publique réclame des «peines exemplaires»: en vain. Jamais la griserie de l’impunité ne retombe.

Cette impuissance résulte d’une crise profonde de l’autorité qui fait place libre aux représentations importées ou fantasmées les plus sommaires, un mélange de code de l’« honneur », de loi du plus fort, de vengeance en meute. Une société, la nôtre, qui se contemple dans sa déconstruction et son autoflagellation, se trouve démunie face à ceux qui la défient jusque dans les plus minuscules détails de la vie quotidienne: un ticket de transport en commun, une remarque, un regard. Le séparatisme tant invoqué n’est ici ni idéologique, ni religieux, ni culturel, il est spontané : c’est une attitude permanente, une façon d’être. L’individu, le petit groupe, transporte avec lui – comme l’enceinte qui crache ses décibels sans se soucier de ceux qui les subissent – ses règles, ses usages, sa propre loi. Les plus aisés, rompus aux stratégies d’évitement, se réfugient dans des enclaves protégées, mais les autres doivent vivre avec cette éprouvante menace.

Les belles âmes pétitionnaires, trop occupées à traquer les « violences policières » et le « racisme d’État », ne se soucient guère de ces citoyens ordinaires. Ces derniers paient pourtant, et parfois au prix fort, l’indifférence ou la pusillanimité de ceux qui nous gouvernent. Jean Castex et Gérald Darmanin assurent qu’ils seront intraitables avec ces « incivilités » qui mènent parfois jusqu’à la mort. On ne demande qu’à les croire, mais, en cette matière, la parole, même la plus forte, se dévitalise dès qu’elle est prononcée. En vérité, la tâche à accomplir est herculéenne. C’est elle, plus encore que l’économie, qui décidera de notre avenir politique.

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