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Cathédrales de France en Flammes : « Le Stade Terminal de la Déchristianisation » ?, par Giulio Meotti.

Si la France persiste à ne pas protéger son identité chrétienne, ce pays tel que nous le connaissons aura cessé d'exister. Le récent incendie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, le 18 juillet, a été allumé délibérément. Il y a tout juste un an, un gigantesque incendie a presque totalement détruit la cathédrale Notre-Dame de Paris. Après cela, l'église historique de Saint-Sulpice à Paris a pris feu, ainsi que la basilique Saint-Denis. Photo : Les pompiers luttent contre les flammes de la cathédrale de Nantes le 18 juillet 2020. (Photo par Sebastien Salom-Gomis/AFP via Getty Images)

Source : https://fr.gatestoneinstitute.org/

  • 2.JPG« La profanation va croissant en Europe. De récentes destructions de statues de la Vierge Marie dans des églises sont révélatrices d'une haine barbare qui appelle à des réactions. Les catholiques ne peuvent plus garder le silence ». — Cardinal Robert Sarah, le 10 janvier 2020.

  • « Nous devons tout tenter, tant que c'est encore possible, pour sauver notre civilisation. Notre civilisation, c'est l'héritage grec, romain, judéo-chrétien ». — Alain Finkielkraut, essayiste, L'Opinion, 17 décembre 2013.

  • Si la France persiste à ne pas protéger son identité chrétienne, ce pays tel que nous le connaissons cessera d'exister ; il deviendra un endroit entièrement différent.

Keith Christiansen, conservateur réputé du Metropolitan Museum of Art de New York, a déclenché la colère sur Instagram pour avoir posté une gravure qui représentait Alexandre Lenoir sauvant les monuments français des ravages de la Révolution Française. Christiansen a écrit:

« Alexandre Lenoir aux prises avec des révolutionnaires fanatiques déterminés à détruire les sépultures royales de Saint Denis. Combien d'œuvres d'art ont été perdues à cause du désir de se débarrasser d'un passé que nous réprouvons. Et combien nous devons être reconnaissants à tous les Lenoir qui ont compris que la valeur artistique et historique de ces œuvres, allait au-delà du bouleversement social et politique du moment ».

Christiansen critiquait l'actuel mouvement de déboulonnage et de destruction des monuments historiques. Il ne pouvait pas imaginer que, quelques semaines plus tard, une cathédrale Française serait à nouveau vandalisée et qu'un orgue historique, qui avait survécu à ces mêmes fanatiques que Lenoir avait affronté, serait réduit en cendres.

On sait désormais que l'incendie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes a été allumé délibérément. Un an auparavant, un gigantesque incendie a presque totalement détruit Notre-Dame de Paris. Et peu après, l'église historique de Saint-Sulpice à Paris a pris feu, ainsi que la basilique Saint Denis (la même que celle qui est représentée dans la gravure exhumée par Christiansen).

« L'incendie de la cathédrale de Nantes, après Notre-Dame de Paris, devrait faire réfléchir nos élites sur le grand désordre et le grand basculement. La décivilisation est en cours. Pendant le confinement les églises étaient fermées. Maintenant elles brûlent », a commenté Philippe de Villiers, écrivain et ancien ministre français.

« Il y a aujourd'hui en France une destruction des racines chrétiennes à bas bruit » a déclaré le philosophe Michel Onfray sur LCI. Et d'ajouter : « Il y a environ un à deux gestes antichrétiens par jour en France et il faut une cathédrale qui brûle pour commencer à en parler ».

Six grandes cathédrales et églises françaises ont pris feu au cours des 18 derniers mois : Notre Dame, Nantes, Rennes, Saint-Sulpice, Lavaur et Pontoise. Pour l'historien Rémi Brague l'incendie de Notre Dame de Paris a représenté « notre 11 septembre ». L'Observatoire du patrimoine religieux a recensé 20 églises incendiées en un an seulement.

Peu médiatisées et peu condamnées, les attaques contre les lieux de culte chrétiens en France se multiplient et atteignent des proportions alarmantes. L'incendie de la cathédrale de Nantes n'est que la dernière tentative de destruction d'une série qui a commencé voilà bien longtemps sans jamais scandaliser personne.

Il y a quatre ans, la basilique Saint-Nicolas de Nantes a failli être détruite par le feu. Le bâtiment, en parfait état, avait été rénové en 2014. Les premiers articles parus dans les médias Français sur la vandalisation des églises ont été publiés il y a dix ans. L'an dernier, quatre églises Françaises ont été profanées en une semaine.

Le cardinal Robert Sarah, un prélat guinéen, a écrit :

« La profanation va croissant en Europe. Les destructions de statues de la Vierge Marie dans différentes églises françaises sont le reflet d'une haine barbare. Elles appellent à des réactions. Les catholiques ne peuvent plus garder le silence ».

Le Cardinal Sarah a ajouté :

« La profanation et le vandalisme dans les églises sont le triste reflet d'une civilisation malade qui se débat dans les rets du mal. Les évêques, les prêtres, les fidèles doivent garder force et courage ».

Certaines personnalités publiques laïques ont protesté contre ces attaques : une pétition « Touche pas à mon église ! » a été signée par des écrivains, des journalistes et des hommes politiques.

Nina Shea, experte en affaires religieuses, croit que les vandales sont des anarchistes, des voleurs, des gauchistes, des satanistes et des islamistes, qui tous ont en commun de haïr la France et la civilisation occidentale. L'antisémitisme semble aller de pair avec l'antichristianisme. En France, les synagogues sont protégées « comme des forteresses » ; les écoles juives ont été la cible d'attaques terroristes, et pour des raisons de sécurité, les Juifs ont été invités à ne pas arborer de signes religieux trop voyants.

Entre 2008 et 2019, les incidents antichrétiens ont augmenté de 285 %.

La Revue des Deux Mondes a décrit les attaques contre les églises comme une « tragédie ». En 2018, 875 églises ont été vandalisées. En 2019, 1 052 actes antichrétiens ont été enregistrés. Par ailleurs, plus de 5 000 églises sont dans un état de grande vétusté.

« Je crois que l'hostilité monte en France contre le christianisme et les symboles du christianisme », remarque Ellen Fantini, directrice de l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination à l'égard des chrétiens d'Europe, basé à Vienne.

« Chaque jour, au moins deux églises sont profanées », a déclaré au journal The Sun, la députée Valérie Boyer.

Gilbert Collard, député du Rassemblement National, a établi un parallèle entre l'incendie de Nantes à la récente décision des autorités turques de transformer l'ancienne cathédrale de Sainte-Sophie en mosquée. « Les symboles s'embrasent », a-t-il dit.

Ces dernières années, les églises françaises ont également été la cible d'une série de provocations et d'attaques islamistes. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et président du Conseil français de la foi musulmane, a demandé à la France de permettre la transformation d'églises vides en mosquées. À Saint-Étienne-du-Rouvray, dans le nord de la France, deux terroristes de l'État islamique ont tué le père Jacques Hamel lors d'une messe matinale. Le choc a été immédiat et immense. Certains islamistes ont projeté un attentat contre Notre-Dame de Paris pendant que d'autres, inspirés par l'Etat islamique, ont mené une attaque terroriste sur le marché de Noel de Strasbourg.

La proposition de Boubakeur était basée sur une analyse réaliste de la situation du patrimoine chrétien en France. « Abandonnées, profanées, transformées, les églises deviennent des salles de spectacle, des discothèques, des restaurants, des caves à vin... Tout pour échapper à la démolition », note la journaliste Marie de Greef-Madelin dans Valeurs Actuelles. Ces transformations passent parfois pour la « seconde vie des Églises de France ». « Au rythme actuel, la France perdra 10% de ses églises et chapelles d'ici 2030 », prédit Édouard de Lamaze, président de l'Observatoire du patrimoine religieux. « Soit parce qu'elles seront vendues, soit parce qu'elles seront détruites ».

La Basilique de Saint-Denis, sépulture des rois de France, est déjà un musée chrétien posé au cœur d'une banlieue islamisée de Paris, et la cathédrale Notre-Dame, avant l'incendie, était un quasi-musée pour touristes. « Nous sommes pratiquement arrivés au stade terminal de la déchristianisation », commente le politologue Jérôme Fourquet, comme si les grandes cathédrales en proie aux flammes étaient un symbole de la dépossession française, une dépossession qui touche son territoire, son histoire et son identité.

« L'aggravation de la situation dépend des limites que les activistes se sont fixés à eux-mêmes » a noté Ellen Fantini, directrice de l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination à l'égard des chrétiens d'Europe. « Se limiteront-ils à brûler une église vide ? A décapiter des statues ? »

« Nous sommes à la croisée des chemins », a déclaré Alain Finkielkraut. « Nous devons tout tenter, tant que c'est encore possible, pour sauver notre civilisation. Notre civilisation c'est l'héritage grec, romain, judéo-chrétien ».

L'Europe n'est pas une construction abstraite. Son identité est multiple. L'identité chrétienne est évidemment la plus importante. Si la France ne parvient pas à la protéger, ce pays tel que nous la connaissons cessera d'exister ; il deviendra un endroit entièrement différent.

Giulio Meotti, journaliste culturel à Il Foglio, est un journaliste et auteur italien.

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