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Une grève civique ?, par Gérard Leclerc.

le taux d’abstention du second tour s’élève à 58,4 % et constitue un record pour cette élection.© Pascal Deloche / Godong

Emmanuel Macron, se fondant sur les aspirations écologistes, a annoncé de futurs référendum ou le peuple français pourrait acquiescer à des réformes en faveur du climat. Mais est-ce toute l’opinion qui est en cause, alors que l’électorat est « en grève civique » ?

Emmanuel Macron peut-il surmonter l’échec de sa formation politique aux municipales, en jouant sur les aspirations écologiques qui se sont manifestées dimanche ? Dès hier, il s’est déclaré prêt à consulter les Français sur l’urgence climatique, par l’intermédiaire de référendums qui pourraient intervenir très vite.

gerard leclerc.jpgCe qui est sûr, c’est qu’il y a nécessité majeure pour le président de reprendre la main au plus vite, s’il ne veut pas être dépassé par les événements. Le levier écologique est un instrument à ne pas dédaigner. Il n’est pas réservé aux seules formations écologiques déclarées. Mais, ainsi que le remarquent certains politologues, le référendum peut jouer des tours, alors qu’il est fondé sur la croyance à une possible unanimité sur des objets précis. Il peut être retourné, contre la volonté du président, en plébiscite contre lui-même. C’est bien ce qui est arrivé au général de Gaulle, qui est tombé en 1969, non à cause de l’objet du référendum, la décentralisation, mais du fait de la coalition des partis qui escomptaient son départ.

Mais on peut s’interroger également sur les sentiments de l’opinion française dans ses profondeurs. Cette opinion adhère-t-elle vraiment aux priorités écologiques ? Les succès remportés par les Verts dans les grandes villes de France ne reflètent qu’une part minoritaire de cette opinion. Une part, sur laquelle nous ne tarderons pas à être informés, quant à son appartenance sociologique. Et puis ce n’est pas toute la France qui a voté dimanche, et celle qui devait voter s’est massivement abstenue de se rendre dans les bureaux de vote. Qu’on soit ou non d’accord avec les positions de Jean-Luc Mélenchon, on est contraint de ne pas dédaigner la question qu’il a posée dimanche soir : « Clairement, la masse du peuple français est en grève civique. C’est une forme d’insurrection froide contre toutes les institutions du pays. » Insurrection ou indifférence ? On peut hésiter sur le diagnostic, mais la réalité massive de cette grève civique ne s’en impose pas moins, et elle devrait inquiéter tous les politiques.

Les écologistes portent incontestablement un souci essentiel, une hantise majeure. Mais il est d’autres soucis et d’autres hantises, ceux et celles qui vont se réveiller à la rentrée prochaine, avec les retombées de la crise économique. Si aux revendications de la France périphérique qu’il ne faudrait pas oublier, s’ajoute la détresse des nouveaux chômeurs, le président ne pourra gouverner à coups de référendums piégeux. Car la grève civique peut déboucher sur un réveil douloureux.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 30 juin 2020.

Commentaires

  • 58%, c'est pas assez!
    Il reste encore un paquet d'indécrottables dans ce pays.

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