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Le Burkina Faso en guerre, par Gérard Leclerc.

Contact avec la population dans le Sud du Mali.

« Le sort du Mali ne se sépare pas de celui du

Burkina Faso »© TM1972 / CC by-sa

Que les yeux du monde entier soient braqués en ce moment sur les États-Unis d’Amérique, rien de plus normal. J’ai moi-même consacré ma chronique d’hier à ce sujet, et j’aurais pu poursuivre aujourd’hui l’analyse. Mais un autre foyer de violence attire mon attention. C’est la correspondante du Monde à Ouagadougou, Sophie Douce, qui signale « au moins cinquante morts dans une série d’assauts terroristes au Burkina Faso ». J’ai des raisons personnelles pour me préoccuper de ce pays où j’ai vécu plus d’une année autrefois.

gerard leclerc.jpgMais la raison essentielle de mon intérêt pour ce qui se passe en ce moment là-bas tient à la gravité extrême de la situation de toute cette partie du continent africain, qui est en train de tomber dans le chaos, car le Burkina Faso n’est pas seul en péril. C’est lui qui subit les plus durs assauts d’un djihadisme qui est en train de s’implanter, alors que le gouvernement burkinabé tente vainement de le contrer.

Ces cinquante morts de samedi dernier s’ajoutent aux 1300 civils qui ont déjà perdu la vie. Sophie Douce signale aussi que 860 000 personnes ont dû fuir leur foyer. C’est donc tout un pays qui se trouve déstabilisé par un ennemi qui ne cesse de lancer ses opérations meurtrières, que les forces intérieures ont le plus grand mal à prévenir, vu la configuration du territoire et l’impossibilité pratique d’un maillage efficace. C’est ainsi que plusieurs dizaines de villages seraient passés sous l’emprise des groupes armées dans l’Est du pays, ces derniers mois.

C’est la France qui, en premier chef, du fait de ses liens avec cette partie de l’Afrique, se trouve solidaire de ces populations et en relations étroites avec les autorités locales. Mais il ne semble pas que l’opinion chez nous ait pris vraiment conscience de la gravité des événements. Pourtant, périodiquement, le chef de l’État s’incline, dans la cour des Invalides, devant nos soldats morts au combat sur le territoire malien. Le sort du Mali ne se sépare pas de celui du Burkina Faso et des pays voisins. La menace djihadiste, à laquelle nous devrions pourtant être très attentifs parce qu’elle a frappé durement notre pays, n’a cessé de gagner en influence sur toute l’Afrique de l’Ouest. Elle est désormais un enjeu géopolitique capital qui risque de peser de plus en plus fort sur nous-mêmes et nos alliés, si ceux-ci sont vraiment nos alliés.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 3 juin 2020.

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