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Quand Macron se réclame du général de Gaulle…, par Didier Beauregard.

Sources : https://www.polemia.com/

Sur le blog de notre ami Marc Rousset http://marcrousset.over-blog.com/

Le gaullisme a ceci de spécial aujourd’hui, c’est qu’il sert à bon compte de déguisement patriotique à tous les personnages publics qui, dans leur vie publique, trahissent systématiquement les tables de la loi de la vision politique du général : une France souveraine dans une Europe unie autour de ses nations historiques. Nul ne peut ignorer cette réalité granitique de l’œuvre de l’homme du 18 Juin, qui devrait, mécaniquement, exclure de son héritage tous ceux qui se réclament d’une vision postnationale, européiste et globaliste.

Macron en tête de liste, évidemment, lui qui ne pense qu’Europe de Maastricht, monde globalisé et France de la diversité. À dégager donc du culte de la mémoire gaullienne, ainsi que tous les successeurs du général, qui se revendiquent, et se sont revendiqués, de l’héritage gaulliste pour se hisser au pouvoir !

La cérémonie du souvenir à Moncornet s’inscrit, bien évidemment, dans cette stratégie opportuniste et fourbe d’exploitation du sentiment patriotique, quand les hauts responsables politiques essaient de se grandir face à l’actualité. Comme les vils séducteurs qui disent les mots de l’amour à une femme pour mieux la manipuler, ces personnages essaient de se hisser au-delà de leur réelle dimension en jouant du registre de la grandeur nationale, ses racines et ses mythes. Un hommage en quelque sorte que le vice postnational rend à la vertu patriotique !

Peut-on laisser indéfiniment ceux qui ont courbé l’échine devant les puissances du jour, en bradant les intérêts de leur pays, ceux qui ont nié l’identité historique de la France et livré son peuple au chaos d’un déferlement migratoire, ceux qui ont dégradé ses institutions et bradé ses richesses, sans jamais prendre le risque d’un combat qui puisse défier les fatalités apparentes de l’histoire, tous ceux-là, donc, peut-on les laisser impunément se réclamer de « l’esprit de résistance français », de l’héritage de ceux qui l’ont incarné au risque de leur vie, et des moments héroïques de la geste nationale ? Ils ne devraient pas avoir le droit moral d’exploiter à leur profit opportuniste la mémoire de ceux qui ont accepté de tout sacrifier pour que leur patrie demeure libre dans son être éternel.

On se laisse à rêver ainsi d’une France revenue un jour dans son lit de mémoire, où il serait devenu impossible, pour tous ceux qui ont une responsabilité évidente dans l’abaissement de leur pays depuis des décennies, de s’adjuger le droit indécent de célébrer publiquement ce qu’ils méprisent, dédaignent et trahissent dans leurs engagements publics. Plus jamais de Macron patriotic show, Macron ou ses semblables, bien sûr ; plus jamais ça ! Il serait symboliquement juste et bon que ce droit leur soit retiré.

La France de Macron

Voir Macron, à l’ombre portée de la croix de Lorraine, exalter la grandeur de « l’esprit de résistance français », est un spectacle indigne qui défie l’ordre de la logique et de la décence élémentaire ; « pas lui, pas ça », proteste la conscience assoupie par le brouhaha incessant de la propagande médiatique.

C’est quoi la France pour Macron ? La négation d’une culture française qui rayonne dans le monde depuis des siècles, la dénonciation d’un « crime contre l’humanité » commis en Algérie, que nous devons absolument expier, le refus sectaire du rôle protecteur des frontières nationales, comme on l’a vu dans la crise sanitaire, la vente d’Alstom aux Américains, et de bien d’autres fleurons industriels, au nom du rejet méprisant de toute référence au patriotisme économique, les petites phrases acerbes sur les « Gaulois réfractaires » prononcées depuis l’étranger, la destruction de l’âme de nos paysages, cœur charnel de notre identité, par la prolifération des ignobles alignements d’éoliennes, la profanation du palais présidentiel par un spectacle obscène et diversitaire, un soir de fête de la musique… Absolument rien chez Macron, depuis qu’il est entré en campagne pour gagner l’Élysée, n’évoque l’amour du pays historique et le patriotisme ardent de la grandeur nationale. Son discours gaullien, au demeurant pas mal écrit, a la froideur d’un rôle appris qui ne cadre pas avec le tempérament de l’acteur. La France, celle des gens ordinaires, a regardé d’un œil indifférent le numéro du président qui, dans les jours qui suivirent, a perdu plusieurs points dans les sondages. Tout ça pour ça !

Didier Beauregard

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