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Les ténèbres qui viennent, par Aristide Renou.

J’ai traduit (rapidement) cet article de Heather Mac Donald sur ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis.
Est-il vraiment besoin de préciser que les ténèbres s’installent chez nous aussi, essentiellement pour les mêmes raisons ?

La sauvagerie se répand à la vitesse de l'éclair à travers les États-Unis, avec des agressions meurtrières contre des policiers et des civils et l'anéantissement extatique des commerces et des symboles de l'État. Bienvenue dans une véritable pandémie destructrice de la civilisation, une pandémie qui fait passer les récentes exhortations doucereuses à « rester chez soi » et le déploiement de policiers pour faire respecter le port de masques en plein air pour des bagatelles décadentes.

Cette forme particulière de chaos se propageant comme une épidémie était inévitable, étant donné l'incapacité des dirigeants de Minneapolis à réprimer l’anarchie croissante au sein de leur ville. La violence a commencé le mardi 26 mai, le lendemain de l'arrestation et de la mort effroyable de George Floyd. Dans la nuit du jeudi 28 mai, le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a ordonné l'évacuation du commissariat de police du troisième district, alors que les forces de la haine, distinctes des formes légitimes de protestation, s’en prenaient à lui pour le troisième jour consécutif. Le bâtiment a rapidement été incendié, envoyant le signal très clair que la société ne défendrait pas ses institutions garantes de l’ordre public le plus fondamental.

Le vendredi 29 mai, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a expliqué sa réticence à mobiliser la Garde Nationale comme un désir de ne pas paraitre « oppressif ». Naturellement, il s'est excusé pour son privilège d’homme blanc – « Je ne vous traiterai pas avec condescendance en tant qu'homme blanc qui n’a pas vécu ce que vous vivez » - et a présenté la violence sauvage comme une réponse compréhensible à l'injustice raciale : « Les cendres sont le symbole de décennies et de générations de douleur, d'angoisse, de silence. » Peu d'arrestations ont été effectuées après cinq jours de criminalité généralisée.

Les médias, visiblement exaltés par cette dernière explosion de violence au sein de la population noire, avaient leur propre explication du chaos : les gens étaient scandalisés que l'officier de police, qui avait gardé son genou sur le cou de Floyd pendant plus de huit minutes écoeurantes et interminables, n'ait pas encore été arrêté et inculpé. Mais lorsque cette arrestation est intervenue, ainsi que sa mise en examen pour meurtre et homicide involontaire, après une enquête menée à la vitesse de l'éclair par le procureur, l'anarchie a continué - non seulement à Minneapolis mais dans tout le pays, intensifiée par les Antifas.

Les dirigeants politiques dans d'autres Etats ont été tout aussi réticents à utiliser la force nécessaire pour réprimer la violence. Le maire de New York, Bill de Blasio, a demandé à la police de « faire preuve de retenue » pour y répondre. Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a prédit calmement le dimanche 31 mai, lors de sa conférence de presse quotidienne sur le coronavirus, désormais absurdement hors sujet, que la violence continuerait. « L'explosion de violence que nous avons vu la nuit dernière aura probablement encore lieu ce soir ce soir », a-t-il déclaré, manifestement confiant dans sa propre sécurité physique, à défaut de l’être pour celle des habitants de l'État.

Les attaques contre les forces de l'ordre locales se produisaient déjà hors de la vue des caméras de télévision avant que les scènes d'incendies criminels les plus photogéniques et les destructions des voitures de police ne commencent à apparaître dans les journaux des grandes chaines et sur celles du câble. Le mardi 26 mai et le mercredi 27 mai, des habitants de Chicago ont encerclé et jeté des bouteilles sur des agents de police qui tentaient d'arrêter des suspects armés. L'un des suspects était l'auteur probable d'une fusillade qui venait de toucher une fillette de cinq ans et deux adolescents. L'autre venait de jeter son arme sous une voiture ; ceux qui par principe détestent les flics ont essayé de le sortir de la voiture des policiers. Il n'est pas surprenant que samedi soir, le centre-ville de Chicago ait été pillé.

Cette pandémie de violence civile est plus généralisée que tout ce que nous avons pu connaitre pendant le mouvement Black Lives Matter des années Obama, et elle aura probablement un impact encore plus meurtrier sur les agents de la force publique que les assassinats ciblés que nous avons connus à partir de 2014. Cette fois-ci est pire parce que le pays a absorbé cinq années supplémentaires de discours victimaire et racial concocté par les universités. De Ta-Nehisi Coates [écrivain et journaliste, auteur notamment de « Between the World and Me », traduit sous le titre « Une colère noire » en français dans lequel il affirme que le racisme envers les Noirs reste un problème majeur aux Etats-Unis] au « Projet 1619 » du New York Times [projet lancé en 2019 dans le but de réviser l'héritage de l'esclavage aux États-Unis et de montrer la persistance d’un « racisme institutionnel »], le récit de la suprématie blanche endémique qui sévit en Amérique et qui détruit délibérément le « corps des Noirs » [expression employée par Ta-Nehisi Coates] a été constamment et méthodiquement injecté au sein du corps politique.

Les faits n'ont pas d'importance dans le discours victimaire académique. Loin de détruire le corps des Noirs, les Blancs sont la cible privilégiée de la violence interraciale. Entre 2012 et 2015, les Noirs ont commis 85,5 % de tous les crimes violents interraciaux entre Blancs et Noirs (à l'exclusion des homicides interraciaux, qui concernent également de manière disproportionnée des Noirs qui s’en prennent à des Blancs). Cela correspond à 540 360 crimes violents contre des Blancs. Les Blancs ont commis 14,4 % de tous les crimes violents interraciaux, soit 91 470 agressions envers des Noirs. Les Noirs représentent moins de 13 % de la population nationale.

Si des foules de Blancs se déchaînaient dans les quartiers d'affaires noirs, agressant les passants et pillant les magasins, nous en entendrions parler chaque soir aux informations nationales. Mais le phénomène de « l’émeute instantanée » noire est couvert à contrecœur par les médias, si tant est qu'il le soit, et seulement au niveau local.

Les médias nationaux ont beaucoup insisté sur la brutalité supposée de la police de Minneapolis. Ils n'ont rien dit tandis que les vols commis par des Noirs sur des Blancs, ainsi que les agressions sauvages sur les passants, ont augmenté dans le centre-ville de Minneapolis à la fin de l'année dernière. Pourquoi la police de Minneapolis est-elle présente dans les quartiers noirs ? Parce que c'est là que se produisent les crimes violents, y compris le meurtre par balles d’un enfant de deux ans ou le tabassage mortel d’un homme de 75 ans. Tout comme pendant les années Obama, le débat au sujet d’une police prétendument oppressive se déroule en totale abstraction du phénomène de la criminalité urbaine et de la désintégration de la famille noire qui entretient cette criminalité.

Une fois que la violence a commencé, tout effort pour la « comprendre » aurait dû cesser, car cette compréhension est inévitablement disculpatoire. Les pillards ne pleurent pas l'arrestation et la mort de George Floyd, ils s'amusent comme des fous. On ne proteste pas ou on ne rend pas hommage à une victime en volant de l'oxycodone [antalgique très puissant appartenant à la famille des opiacés], des appareils électroniques, des bijoux et des baskets.

Comme il se doit, les auxiliaires idéologiques de cette violence – qui opèrent à l’université - sont déjà passés à l'action. Les chanceliers et présidents de Harvard, de l'Université d'Arizona, de l'Université de Pennsylvanie et de Yale, entre autres, ont publié des déclarations au cours du week-end dans lesquelles ils assuraient leurs étudiants noirs de l'engagement de leurs écoles en faveur de l'équité raciale, à la lumière de la mort de George Floyd - un événement sans aucun rapport avec l'université. Aucun responsable d'université n'a dénoncé la violence en cours.

Le chancelier de l'UCLA, Gene Block, ainsi que le vice-chancelier pour l'équité, la diversité et l'inclusion de l'école (rémunéré 400 000 dollars par an) et tout un cortège de doyens ont annoncé que le Bureau de l'équité, de la diversité et de l'inclusion et les légions de Conseillers en Equité que compte l'école allaient proposer des « espaces de réflexion virtuels » dans lesquels « reconnaître humblement la douleur ». Les ressources de l'école pour traiter les Traumatismes Raciaux seront augmentées. La bureaucratie de la diversité à l’université a maintenant une toute nouvelle excuse pour exister et peut être assurée qu'elle échappera aux plans d’économie, alors même que les universités supplient le gouvernement fédéral de leur donner plus d'argent pour les sauver des conséquences financières du coronavirus.

Les grands philosophes et poètes de l'Occident - d'Eschyle à Euripide, à Shakespeare, à Hobbes et aux Pères fondateurs des Etats-Unis – avaient parfaitement compris quel chaos et quelle soif de pouvoir se tiennent tapis sous la civilisation. Grâce à la magnifique infrastructure de l'État de droit, nous considérons désormais la stabilité et la confiance sociale comme allant de soi. Nous partons du principe que la violence, une fois déchaînée au nom de la justice, peut être facilement contrôlée.

Ce n'est pas le cas.

Cela fut un accomplissement majeur de la part de la politique et de la science que de faire disparaitre la peur millénaire des ténèbres. Le fait qu’aujourd’hui les citadins expérimentent à nouveau cette peur à chaque tombée de la nuit montre avec quelle rapidité nous sommes en train de dilapider nos gains durement acquis.

Commentaires

  • Les émeutiers profitent aussi de la mollesse des gouverneurs démocrates, les Etats ayant voté Hillary CLINTON, par contre je doute que la voyoucratie puisse agir librement dans les Etats conservateurs comme le TEXAS, voire plus modérés tels le Kansas, Missouri ,Géorgie., Louisiane ou les Caroline ( Nord et Sud)
    .........

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