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Pour le CEMA, la crise met « cruellement en évidence » les faiblesses causées par les précédentes réformes des armées, par Laurent Lagneau.

Source : http://www.opex360.com/

Réunissant des personnalités venus d’horizons divers, le groupe de réflexions Mars a récemment publié plusieurs textes dans les colonnes de La Tribune, dont un pour affirmer que « l’investissement dans la défense rapporte plus que ce qu’il coûte« . Et, dans ce papier, il taille en pièce le « dogme du principe d’efficience », qualifié de « belle théorie dont la mise en œuvre se révèle, dans la violence de ses conséquences, incapable de faire face à un évènement inattendu, même quand les experts en prédisent la survenue probable. »

3.jpgOr, ce principe d’efficience a été appliqué aux armées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques RGPP [entre 2007 et 2012] puis, par la suite, dans celui de la « Modernisation de l’action publique » [MAP].

« Outre une saignée sans précédent en temps de paix dans les effectifs [54.000 suppressions], il en a résulté une série de fiascos [logiciel LOUVOIS] et de désorganisations [bases de défense, administration de proximité, subordination des soutiens] qui ont durablement affaibli les armées, l’instrument ultime de la résilience de la nation, notamment le service de santé », fait valoir le groupe Mars. Et de souligner que cette « logique managériale » s’oppose aux « notions militaires de ‘réserve’, de ‘redondance’ et de capacité de ‘remontée de puissance’, indispensables à l’efficacité opérationnelle et à ce que l’on appelle aujourd’hui la résilience, c’est-à-dire la faculté de reprendre l’ascendant après avoir encaissé un choc d’une violence inhabituelle, voire imprévisible. »

Visiblement, le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], partage cette analyse. Certes, il avait déjà eu l’occasion de critiquer les conséquences des réformes appliquées aux armées lors des ces 10 ou 15 dernières années. Mais, jusqu’à sa récente audition par la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, il n’avait sans doute pas été aussi précis [sauf dans sa « Vision stratégique pour une singularité positive« ]

« Les précédentes LPM [Lois de programmation militaire] et la révision générale des politiques publiques ont conduit à privilégier le management sur le commandement, l’efficience sur l’efficacité, la logique de flux sur celle de stock », a rappelé le CEMA. Et d’ajouter : « Elles nous ont affaiblis et ont bridé notre réactivité, en allant à l’encontre de la singularité militaire. »

Résultat : « Aujourd’hui, ces faiblesses se trouvent cruellement mises en évidence par la crise : je pense à l’externalisation d’un certain nombre de fonctions, à la délocalisation de fonctions vitales, au manque de réserves opérationnelles et d’épaisseur organique de nos armées », a détaillé le général Lecointre.

Or, selon le CEMA, ces limites « existent toujours ». Ce qui complique la tâche des armées, face à la crise liée à l’épidémie de Covid-19. Sur ce point, a-t-il dit aux sénateurs, « nous contractons progressivement une ‘dette organique’ qui aura forcément des conséquences à moyen et long termes pour nos armées. »

« Cette dette aura un impact en termes de préparation opérationnelle, en portant préjudice au maintien en condition de nos matériels, ainsi qu’à la qualité de notre ressource humaine. Nous préparons certes les grandes relèves prévues à l’été sur nos théâtres d’opérations, mais la dette s’accroîtra à mesure que la crise se poursuivra », a ensuite expliqué le général Lecointre.

En outre, a-t-il poursuivi, il « faudra ensuite parvenir à la résorber et à déterminer la manière dont nous pourrons remonter en puissance vers un modèle d’armée complet. »

Quant aux besoins financiers, ils « ne sont pas moins importants qu’hier », a souligné le CEMA. « J’observe que les dépenses des armées, en plus d’être vertueuses, profitent au tissu industriel national. C’est vrai pour l’armement, mais aussi pour les dépenses du fonctionnement quotidien. Nous aurons donc des arguments à faire valoir au moment de la reprise pour que les ressources consacrées aux armées soient maintenues », a-t-il estimé. À l’unissons, d’ailleurs, du groupe Mars.

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