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Question de vie ou de mort, par Hilaire de Crémiers.

Les gens qui nous gouvernent étaient persuadés qu’ils allaient changer la vie. C’était leur programme ! Comme leurs prédécesseurs. Or la question qui se pose aujourd’hui c’est de savoir tout simplement comment survivre.

Oui, il convient de commencer par dire que la France est admirable dans l’effort qu’elle fournit aujourd’hui pour survivre. Car, aujourd’hui, il s’agit de cela ; survivre. Et il y en a encore pour un long bout de temps, quand il faudra affronter demain les conséquences des décisions prises précisément aujourd’hui.

hilaire de crémiers.jpgLa France toujours là

La majorité des Français qui se savent, se sentent et se veulent français – ça existe encore ! –, en ont parfaitement conscience et y consentent volontiers, même quand on leur demande, à la plupart d’entre eux, de rester confinés chez eux plusieurs semaines, cinq, six, peut-être plus, alors qu’ils ne souhaiteraient pas mieux que d’aider si la possibilité leur en était offerte ; ce qu’ils font dès qu’ils en ont l’occasion, ne serait-ce qu’en famille, cette famille dont on retrouve en ces jours difficiles toute la vertu, ou entre voisins, ce qui n’est autre que l’exercice de la charité.

Qui ne saluerait le dévouement jusqu’à l’épuisement des personnels de santé, comme il a été si justement signalé depuis le début de la crise ? Et, tout aussi bien, de tous les agents qui maintiennent le minimum d’activité économique, sociale, administrative, policière, sécuritaire, indispensable à la vie des citoyens ? Le pays s’organise, et comme par lui-même, faute de direction ferme, ne serait-ce que pour subvenir aux plus urgents besoins – le privé venant au secours du public – ; et d’abord pour les fabrications et le transport des produits nécessaires, sanitaires et vitaux, alimentaires et ménagers, ensuite pour les services en tous genres, sur la suggestion et à l’initiative d’entrepreneurs ou de particuliers et, heureusement, avec l’accord et le soutien des pouvoirs publics nationaux et, surtout, locaux, régionaux et municipaux, indépendamment même des administrations centrales qui se sont révélées souvent défaillantes. Grandes leçons pour l’avenir.

Il est donc bon de le dire ; la France n’est pas en-dessous de tout. Et il est encore meilleur de le redire, alors qu’il était de bon ton jusqu’à dernièrement de fustiger, vilipender, ridiculiser la France et les Français dans tout leur passé, dans tous leurs comportements jusqu’au sommet de l’État, ce qui était proprement scandaleux. Pour reprendre la distinction si juste de Maurras, une France légale qui prend parti systématiquement contre la France réelle, telle se présente la doctrine officielle de la puissance publique, tant dans la formulation de sa pensée que dans l’exercice de son action. Le savent bien les hauts fonctionnaires et les personnes qui sont à des postes de décision dans notre République. Bon nombre en souffrent et s’en affligent ; car comment faire quand on a le sens français ? Ils font comme ils peuvent ; « ils font avec » selon leur expression familière, pour sauver la France d’elle-même, préserver l’État de la sottise de l’État ! Quel Français n’en a pas fait l’expérience ; la doctrine d’État ne cesse d’aller contre l’État ; ce qu’on ose appeler « l’esprit » de la France, cet esprit de révolution permanente et de dissolution nationale, ne cesse de marcher contre la France ; c’est ainsi chez nous et, pour ainsi dire, constitutivement, pour ne pas dire constitutionnellement. Il est des gens parfaitement placés pour comprendre la pertinence de ce genre de propos. Les résultats sont là ; il ne faut pas s’en étonner. Ils sont flagrants en période de crise. Que faudra-t-il comme expérience supplémentaire pour que le mal soit dénoncé là où il réside essentiellement ? Tout le reste est littérature et vaines polémiques.

Ainsi, ce peuple français tant méprisé par ceux qui prétendent le régenter, tant insulté par ceux qui osent lui dicter sa ligne de conduite, sait faire preuve encore et toujours de ce courage séculaire qui lui fut tant de fois salutaire au cours de son histoire. La France tient bon ; elle fait face. C’est une bonne nouvelle dans la tempête qui vient et dont elle n’a essuyé pour l’heure que les premiers vents. Oui, combien de temps peut-elle tenir encore ?
La question est là.

Incertitudes majeures

Il faut dire maintenant que l’État a intérêt lui-même à ce que la France tienne. Et ceux qui sont les maîtres de l’État, dûment ou indûment peu importe, pareillement. Leur sort se trouve lié ; il faut que la France s’en sorte ! Ils en ont la compréhension et, aussi, l’appréhension. Pardi ! Ils ne s’attendaient pas à un tel coup. Où sont les rêves de 2017 ? Souvenez-vous ; ils allaient changer la vie, créer le monde nouveau. Et le monde de toujours leur revient dans la gueule avec la Camarde en surcroît. Quelle leçon !

D’où le langage des autorités, du chef de l’État en premier, qui expriment leur souci aux Français ; se faire comprendre au mieux dans la série des décisions qui doivent être prises au fur et à mesure que se déroulent les événements, ce qui n’est pas toujours très clair et peut paraître ambigu. Et pour cause ! Il s’agit de signifier progressivement que la France doit s’ingénier à trouver des réponses à une situation implacable et surtout totalement imprévue, à l’opposé de toutes leurs savantes prévisions. Et ce qui ne peut être dit nettement – car ce serait un terrible aveu –, c’est que cette situation est d’autant plus redoutable que le régime, – oui, le régime, cette République qui va de Chirac à Macron, pour ne pas remonter plus haut –, plus encore que le gouvernement d’aujourd’hui, avec ses ministres qui sont ce qu’ils sont, donc, oui, le régime, en tant que tel, n’a rien su anticiper et, quand il a fait ses prévisions, il les a faites au rebours des intérêts de la France et des Français, de telle sorte qu’il laisse les Français démunis devant la catastrophe. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire !

Inutile d’épiloguer sur l’état de l’hôpital public, sur la disparition des stocks de masques, sur l’impossibilité de tester en nombre faute de matériel dédié, ne serait-ce que d’écouvillons, sur le manque cruel de lits, d’appareils, de personnel. Qui y pensait ? La France, grande puissance ? Quel déclin, mais la faute à qui ? Des professionnels pestaient, mettaient en garde contre des règles budgétaires absurdes et des réductions de prévisions dont les conséquences pouvaient être dramatiques, alors que les coulages de politiques ineptes ou inutiles, munies de ministères, de secrétariats, d’administrations, d’agences, de comités redondants et superfétatoires pompaient les réserves budgétaires, rien n’y faisait ; la décision était entre les mains du politique incompétent entouré de ses escouades de communicants démagogues et de technocrates omnipotents qui ne sont souvent que des aventuriers et qui se font à cette occasion une situation. Ainsi fonctionnent les démocraties modernes, et singulièrement la nôtre. D’où l’état actuel de la France. Pareil état est tellement récurrent dans notre République et ce dans tout domaine, militaire, hospitalier, administratif, éducatif, industriel, agricole, qu’il faut s’aveugler pour ne pas voir que la France, en continuant sous ce régime de mort, court à sa perte.

Reste à Macron à jouer au chef de guerre ; la figure de Clemenceau le fascine ; il se rappelle ses classes. Il lui plaît d’entrer dans la peau d’un personnage historique. Il va donc faire la guerre à outrance, « la guerre », « la guerre », « la guerre », comme il l’a répété. Sait-il que le même Clemenceau avait fait partie de gouvernements radicaux et socialistes, qui, avant la guerre de 14, pendant que l’Allemagne augmentait considérablement ses budgets militaires en prévision de la guerre qu’elle anticipait, eux, refusaient systématiquement d’accorder des crédits supplémentaires aux Armées françaises. Il vaut la peine de relire les comptes rendus de séances. Telle est la réalité jamais dite ; elle est toujours la même en République ; rien de nouveau. Et quand le vieil anarchiste vendéen, d’abord profondément anticlérical et antimilitariste, eut compris qu’il pouvait se faire un nom avec la victoire, il sut alors utiliser l’Union sacrée pour l’imposer comme il se doit en pareil cas. Et, pourtant, la victoire enfin assurée mais mal assurée, car il ne sut ni ne voulut l’achever, il se laissa aller par habitude de pensée – toujours la même – à accepter la plus mauvaise des paix, grosse dès 1919 de la conflagration suivante de 1939. Bainville l’annonçait. Mais Macron a-t-il jamais lu Bainville et lit-on Bainville à Sciences-Po ?

La France se sauvera elle-même

Voilà que Macron qui n’avait jusqu’ici pas de mots assez durs pour stigmatiser le repli nationaliste, est obligé de concevoir une politique nationale. Il l’a dit de manière étrange au cours du mois de mars, laissant entrevoir de mystérieux changements. D’abord il faut produire français ; puis il faut fournir aux Français les outils nécessaires ; les tests, les masques vont arriver. Le confinement général de la population ne fut une politique obligatoire que par manque de ressources pour diagnostiquer et traiter. La Corée, quant à elle, s’est contentée de confiner ses malades testés positifs et leur entourage. C’est plus intelligent. À moins que Macron ne veuille devenir le docteur Knock qui réduit la France, son misérable canton, à la totalitaire médecine de son invention.

La crise économique et financière qui vient sera encore plus terrible que celle du coronavirus. Récession ? Dépression ? Les chutes vertigineuses d’activités et de chiffres d’affaires entraînent des effets dévastateurs sur toutes les entreprises, les artisanats et les commerces. Les quelques mesures prises par la loi d’urgence sanitaire et les ordonnances qui suivent ne sont que des palliatifs. À peine. Les comptes vont se faire dans les mois qui viennent. Si l’économie s’arrête presque totalement et c’est le risque aujourd’hui, à 80 ou 90 %, le relèvement sera quasi impossible, sauf à user d’une dictature de salut national. Les USA mettent déjà des milliers de milliards de dollars à la disposition de leur économie. L’Allemagne, 500 milliards d’euros. La BCE s’apprête à émettre 750 milliards pour subvenir aux besoins des États déjà violemment fragilisés. Mais l’Europe ne sauvera pas la France, ni l’Italie, ni l’Espagne, ce n’est pas son but. Elle tente de sauver l’euro et la zone euro qui est menacée d’exploser, quitte à faire sauter les critères. Les eurobonds, appelés coronabonds, le MES, sur lesquels comptent Conte et Macron font encore partie de ces illusions dont se contentent les dirigeants pour ne pas voir la réalité en face.

Les annonces de Le Maire et de Macron ne sont pour le moment que des chiffres et ils ne sont ni précis ni vraiment dédiés. Peuvent-ils l’être ? La vérité des choses s’impose, à l’encontre de toutes les chimères. Il est dur de revenir à la réalité quand cette réalité peut être synonyme de contrainte, de pénurie, de misère et de guerre sociale. C’est à la France de se sauver elle-même ; ce sont ses avions, ses bâtiments de marine, ses trains qui transportent ses malades ; ses hôpitaux et ses médecins qui les soignent. Même si le Bade-Wurtemberg a offert quelques places, la règle à laquelle oblige la nécessité d’aujourd’hui est d’abord nationale. Tous les pays ferment leurs frontières, même si Macron se contente de faire fermer celles de Schengen. L’avenir de la France est entre les mains de la France. Demain encore plus qu’aujourd’hui. Telle est la plus claire des certitudes.

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