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Exhortation apostolique « Querida amazonia » Un « rendez-vous raté » ?, par Gérard Leclerc.

L’ampleur des polémiques à l’occasion des conclusions du synode sur l’Amazonie et de la publication de l’exhortation apostolique du Pape qui s’en est suivie, oblige à se poser une question essentielle.

gerard leclerc.jpgQue veulent exactement ceux qui s’offusquent de ce qu’ils appellent un « rendez-vous raté » de l’Église avec son temps ? Il faut le dire franchement : l’objet même du synode, la situation critique de l’Amazonie, est pour eux, sinon un objet secondaire, du moins subordonné à un projet plus vaste de réforme de l’Église. Projet qui se situerait dans la dynamique d’un Vatican II dont les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI nous auraient éloignés. Leur espoir semble résider dans le profil qu’ils estiment « progressiste » du pape François, apte à transformer radicalement une institution à leurs yeux rétrograde.

Mais quel est le contenu exact de cette transformation ? Il est souvent difficile de le percevoir, tant il s’énonce dans un fervorino, une expression lyrique où les mots valent plus par leur performance affective que par leur puissance de signification.

Conservateurs et progressistes ?

Condamner les certitudes d’hier au nom des espoirs du lendemain, préférer le risque de la liberté à la peur de l’inconnu, rompre avec les chaînes du passé, autant de formules lancées comme des flèches à l’assaut d’un conservatisme paralysant. Cette rhétorique n’est nullement innocente. Elle contraint à poser les problèmes ecclésiaux en termes idéologiques, voire politiques. La distinction constante entre conservateurs et progressistes est particulièrement perverse. Si ces termes ont une acception légitime dans l’ordre temporel, ils sont inadéquats en ce qui concerne la perception du mystère chrétien et de ses conséquences pastorales. Certes, il peut y avoir des sensibilités diverses dans l’Église et même des écoles diverses de spiritualité, mais elles ne peuvent se réclamer de critères étrangers à la spécificité de l’institution, sous peine de dévoiement. Par ailleurs, le discrédit jeté sur les pontificats précédents n’est pas sans graves conséquences. La lutte incessante de Jean-Paul II contre la culture de mort serait-elle à oublier, parce qu’elle aurait mis les chrétiens hors-jeu par rapport à des évolutions inévitables ?

Ce dévoiement se vérifie aujourd’hui lorsqu’on traite du célibat sacerdotal ou de l’accession des femmes au diaconat. S’agit-il d’une « ouverture à la modernité » ou d’une meilleure compréhension de la grande tradition ecclésiale ? Il y aurait lieu de revenir à ce que signifie pour cette tradition l’élan vers le progrès. Le théologien Urs von Balthasar aimait citer à ce propos une expression de l’épître de Paul aux Philippiens : « Je ne dis pas que je sois déjà parvenu au but ni déjà devenu parfait. Mais je m’élance pour tâcher de saisir, ayant été moi-même saisi par le Christ Jésus » (Ph. 3, 12).

Le progrès dans la dynamique spirituelle n’est jamais ralliement aux tentations mondaines, il s’inscrit dans une fidélité créatrice, la seule capable de rendre compte aujourd’hui de notre espérance.

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