UA-147560259-1 UA-147538561-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

On peut raisonnablement l'espérer : Sénanque sera probablement sauvée...

pour découvrir l'Abbaye : https://www.senanque.fr/

pour faire un don: https://www.senanque.fr/senanque-une-abbaye-en-perile/

 

Très bref résumé de l'histoire de ce splendide monument, et des causes de sa disparition possible si rien n'est fait, très vite, pour réparer une décision aberrante prise follement en 1970...

D'hier...

L'Abbaye Notre-Dame de Sénanque fut fondée le 23 juin 1148, par des moines cisterciens venus de Mazan en Ardèche. Elle est la troisième abbaye cistercienne∗ fondée en Provence, après Le Thoronet et Silvacane : on les appelle, en Provence, "les trois soeurs provençales"

L'Abbaye est située dans un étroit vallon d'un kilomètre de long et de seulement trois-cents mètres de large, mais l'emplacement correspond parfaitement aux prescriptions de l'ordre qui précisent : "on ne doit construire aucun monastère dans les villes, les bourgs et les domaines ruraux" (chapitre 9 de la Summa Cartae Caritatis).

Ce vallon offre tous les matériaux nécessaires à la construction, comme la pierre et le bois. Il est isolé, possède des terres cultivables, des pâturages et surtout un cours d'eau : la Sénancole, dont le nom vient peut-être de Sana Aqua (eau saine)...

Les XIIIe et XIVe siècles voient l'apogée de Notre-Dame de Sénanque, mais la situation de l'Abbaye se dégrade au début du XVème siècle : la communauté ne compte plus que trois Frères en 1439.

En 1544, une bande armée de vingt-cinq Vaudois de Cabrières attaque Sénanque. La partie méridionale du monastère est incendiée, le réfectoire, la fontaine du cloître et le bâtiment des convers sont détruits, les archives brûlées, les douze moines pendus. À cette période troublée s'ajoute la peste...

Le 24 Septembre 1792, l'Abbaye est vendue comme bien national pour 28.000 francs, et il faut attendre un demi-siècle pour que, en 1854, une communauté de Frères se réinstalle à l'Abbaye : elle abrite rapidement 72 moines.

Pourtant, le 5 novembre 1880, les gendarmes chassent les moines en vertu de la nouvelle loi contre les congrégations religieuses: la plupart des Frères se retirent à Fontfroide ou rejoignent l'Abbaye de Lérins. Trois moines sont autorisés à rester à Sénanque sous condition de reprendre l'habit séculier.

En 1882, l'Abbaye est à nouveau vendue comme bien national pour 15 000 francs.

Dès 1889, des moines se réinstallent dans l'Abbaye, mais ils sont chassés en 1903. L'Abbaye est vendue le 27 juin 1905 mais, le 17 Mars 1921, l'Etat impose au propriétaire le classement aux Monuments historiques des parties les plus anciennes de l'Abbaye.

En mai 1926, une douzaine de moines s'installe à Sénanque, qui devient prieuré de l'Abbaye de Lérins. En mars 1969, les trois moines qui restent à Sénanque sont dans l'incapacité de faire face à la lourde charge de la gestion de l'Abbaye : ils se retirent dans leur Abbaye mère de Lérins, dont l'abbé décide de louer momentanément l'Abbaye à un propriétaire privé, celui-ci s'engageant durant le bail emphytéotique à restaurer les bâtiments : au terme du contrat, le lieu sera rendu aux moines cisterciens. Le 24 octobre 1969, un bail de 30 ans est ainsi signé avec la société Berliet, qui mènera à bien la campagne de restauration de l'Abbaye. Cet accord est encouragé par le ministre des Affaires Culturelles, André Malraux, déterminé à sauver tous les chefs-d'œuvre en péril.

Au début des années 90, la communauté monastique de Lérins est suffisamment importante pour envisager un retour à Sénanque.

Le bail emphytéotique n'est pas à échéance, mais Paul Berliet remet l'Abbaye aux Frères : le 4 octobre 1988, une communauté de moines cisterciens venus de Lérins se réinstalle à Sénanque.

... à aujourd'hui

Cette abbaye est aujourd'hui en Provence l'un des bijoux de l'architecture romane primitive. Mais en raison d'un péril imminent, l'église abbatiale a été fermée dans l'urgence. Des désordres structurels importants menacent l'édifice : cette situation dramatique inquiète les spécialistes qui redoutent la perte de l'église.

Tout simplement - si l'on peut dire - à cause de la suppression, dans les années 70, d'une chapelle extérieure qui servait de contrefort à l'édifice. Initialement, le bâtiment s’appuyait sur une levée de terre, une sorte de contrefort naturel. Au XIXème siècle, une chapelle dédiée aux âmes du purgatoire la remplaça. Elle fut détruite en 1974, considérée comme une "verrue" architecturale. Depuis, des fissures sont apparues dans l’édifice. En certains endroits, des murs épais de plus d’un mètre ont vu leurs pierres se fendre en deux, sous la pression : de quoi craindre le pire ! "La chance qu’on a, c’est que ça ait tenu quarante ans comme ça !", observe Pierre-Yves Rinquin, intendant de l’abbaye. 

Décision a été prise d'étayer sans attendre l'église afin de prévenir tout risque sismique qui s'avérerait destructeur même à faible intensité. Cette solution ne répond que partiellement aux risques qui frappent l'église et ne peut être que transitoire. L'édification de contreforts, associée à un remaillage et à une reconnexion des murs pignons aux murs gouttereaux, permettrait de sauver l'église. Mais le budget prévisionnel de sauvegarde est estimé à 1.200.000 €…

Les travaux devraient commencer très vite, à l'automne, car le budget de restauration est "bouclé". Le chantier débutera par la mise en place de contreforts sur le côté est de l'édifice, pour contrebuter la poussée des murs de l'église; mais aussi par le cintrage de la coupole du clocher et la pose de micropieux pour renforcer les fondations...

 

∗ Dans notre Album L'aventure France racontée par les cartes, voir la photo "L'empire de Cîteaux"...

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel