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Gilets jaunes : cette fois c’est différent. Reportage de Politique Magazine au coeur de l'actualité

 

photo-14-450x600.jpgNotre reportage dans la manifestation Gilets jaunes du 24 novembre le prouve : c’est la France profonde qui s’est montrée ce jour-là. Une France qui durcira sa contestation car elle n’a plus le choix. 

Ils sont venus de toute la France pour montrer leur ras-le-bol. Leur but ? Obtenir gain de cause. Hors de question, pour cette France qui bosse et a du mal à boucler ses fins de mois, de faire machine arrière. « S’il le faut on reviendra », nous ont dit plusieurs manifestants. Peu de Parisiens dans le cortège de samedi, mais des Jurassiens, des Tarnais, des Auvergnats, etc. (Photo : « Macron, rends-nous notre pognon ».)

L’un d’eux est arrivé avec deux amis la veille au soir et a dormi dans un hôtel Formule 1. Il explique que, dans sa région, les bus cessent de fonctionner à 19h. Lui part au travail à 21h.

« C’est pas comme à Paris ou les grandes métropoles, ici vous avez tout. Nous, on est obligé de prendre la voiture. »

À elle seule, l’essence lui coûte désormais plus de 100 euros par mois. « C’était la goutte d’eau. Les médias ne parlent que de l’essence, ils nous font passer pour des beaufs, mais c’est un tout ».

 

Paris est verrouillé.

« J’ai vu mes parents galérer toute leur vie. Et moi je continue à galérer. Il y en a marre », nous a dit un jeune habitant d’un petit village. Un peu plus tard, dans un abri protégé des gaz lacrymogènes incessants, un homme originaire de Brioude montrera avec fierté sur son téléphone les blocages organisés par les gens restés au pays. Des barrages en pleine campagne, là où les populations sont livrées à elles-mêmes.

Ce que nous avons vu samedi, ce sont les difficultés, voire la détresse, de cette France rurale et périphérique. Une France abandonnée par nos gouvernants au profit du commerce avec la Chine, au profit de la finance mondialisée, au profit des banlieues immigrées aussi. Une France qui bosse et qui ne peut plus s’en sortir. Une France manuelle qui paye la désindustrialisation, le retrait des services publics, la concentration du travail et du capital dans les grandes métropoles. Mais une France qui vit, une France souriante malgré tout, une France qui dégage beaucoup de dynamisme.

 

La révolte des campagnes sur les Champs-Elysées. 

Ce que nous avons compris, c’est que le mouvement va se durcir. Car cette France-là a de moins en moins à perdre. La froideur inflexible de l’exécutif, de plus en plus perçue comme de l’arrogance, n’a rien arrangé. Dans le cortège, nous pouvions sentir du dégoût envers le président de la République. Du dégoût aussi pour l’accueil musclé qui leur a été réservé, avec des centaines de camions de CRS, des grenades assourdissantes et des canons à eau. « Vous êtes payés avec nos impôts ! » avons-nous entendu des dizaines de fois. « Vous êtes fiers de vous ?! Vous attaquez le peuple ! », criaient en bon nombre des manifestants qui découvraient ce type de rapport de force.

 

Les Gilets jaunes dressent des barricades. 

Des « casseurs », ces Gilets jaunes ? Ben voyons… Certains médias industriels mettent en avant des incidents qui ont eu lieu à 21h ou plus tard, alors que la manifestation était terminée. Mais tout observateur présent lors du grand chamboulement des Champs-Elysées (les forces de gendarmerie ont usé de gaz lacrymogène dès 11 heures du matin) a pu constater qu’aucune vitrine n’a été cassée, qu’aucune voiture n’a été visée. Il a vu les pompiers se faire protéger par des Gilets jaunes. Oui, nous avions bien affaire à une France habituellement sans histoires.

 

« Ils plieront ».

Elle était venue pour se montrer près du palais présidentiel, pour descendre les Champs-Élysées, et pour obtenir gain de cause. En face, les forces de l’ordre avaient pour mission d’effacer leur visibilité et de faire évacuer les lieux. Le face-à-face a été musclé. Six heures durant, les CRS ont usé de gaz hyper-irritants à forte dose, balancé des grenades assourdissantes dans le public, usé de canons à eau jusqu’à plus soif, et même utilisé quelques fois des flash-ball. Pendant ce temps, les manifestants et quelques habitués de la castagne ont tenté d’avancer, ont mis le feu à leurs barricades, ont jeté des projectiles pour défendre leurs positions.

 

Paris, 24 novembre. L’affrontement s’intensifie.

Cette journée du 24 novembre laissera des traces. Car l’on voit mal le gouvernement se protéger derrière de tels barrages de CRS tous les week-ends. On le voit mal accepter de voir « la plus belle avenue du monde » en feu un samedi de fréquentation. Surtout, on le sent vulnérable aux pertes associées aux blocages des grandes chaines de magasin – les Sephora, les Casino, les Carrefour, les H&M et autres textiles fabriqués à 3 euros en Thaïlande – presque tous détenus par des fonds financiers situés aux Etats-Unis, au Qatar, en Chine, à la Barbade, aux îles Caïmans… La seule journée de blocage du 17 novembre avait provoqué des manques à gagner de plusieurs millions d’euros pour ces multinationales. Celles-là même qui influent tant sur la politique de l’Union européenne et auprès desquelles le président Macron porte une oreille très attentive.

 

Les forces de l’ordre tirent des gaz irritants dans les petites rues adjacentes aux Champs-Elysées.

L’écart entre le vécu des populations locales et les conséquences des choix politiques actuels est désormais trop grand. Qu’importe la forme que prendra la contestation à l’avenir. Qu’importent les amendes astronomiques et les peines de prison. Sans inflexion du gouvernement, cette France continuera de se montrer. Car elle est ne veut pas mourir à petits feux.  

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Reportage de Louis Anders

La « plus belle avenue du monde » : de la fumée s’élève des Champs-Elysées (depuis l’esplanade des Invalides).

 

Commentaires

  • Excellent reportage bien illustré par les photos : tout est dit .
    .
    On ne peut s’empêcher toutefois , de penser au bel ordonnancement des cérémonies du centenaire avec notre Président , " césarien " , puis donnant son " homélie " devant le monde à peine plus de 15 jours passés . Et voilà l'épilogue de la pièce , sur la " plus belle avenue " ( la moitié en partant de la Concorde + arc de triomphe après le grand n importe quoi ). Le monde peut donc réaliser qu'il existe une autre France .

  • Bien dit super

  • Je n'étais pas sur les lieux, ce samedi 24 novembre. Il est rare que je manifeste. Le dernier évènement auquel j'ai assisté (dans le calme) était la commémoration du bicentenaire de l'exécution de Louis XVI sur la place de la Concorde. Commémoration très émouvante en ce froid matin gris d'hiver de 1993. Bien sûr, je ne commémorais pas en souvenir de ceux qui piaffaient de joie, il y a deux siècles, dans le sang du roi répandu sous la guillotine.
    Pour revenir aux manifestations du 24 novembre, je trouve que le reportage de Politique Magazine est très intéressant et crédible car fondé sur le vécu. Macron et le gouvernement ont tout faux dans leurs déclarations, que je ne qualifierai pas d'analyse objective, sur les raisons profondes de ces manifestations qu'ils assimilent de mauvaise foi et pour des raisons purement politiques à une résurgence de la "peste brune", à des saccages par des casseurs d'extrême gauche et, pourquoi pas, d'extrême droite ou à l'action de populistes anti-progressistes qui seraient incapables d'élever leur esprit assez haut pour comprendre la nécessité prioritaire de la transition énergétique afin de lutter contre le changement climatique pour sauver la planète laquelle verrait en Macron son sauveur ! Rien que ça ! Alors qu'il ne s'agit que de remplir les caisses de l'Etat qui continuent de fuir de toutes parts.

  • Excellent reportage ,le Gouvernement s'affole, on a vu le Chef CASTAGNEUR ou Castaner s affoler et avoir recours aux vieilles arnaques républicaines: c'est l'extrême droite qui est derrière la manifestation. SI ces individus sortaient de leur trou, ils verraient une France qui en a marre: marre d'être racketée, ou méprisée par le p'tit jeune qui n'a jamais vu un fusil de sa vie

  • Politique Magazine aurait-il renoncé au robinet d'eau tiède?

  • Une expérience. Il y a peu, j'étais dans un petit village de la Haute-Saône, très représentatif de cette France périphérique bien décrite par Christophe Guilluy et dont tout le monde se désintéresse. Tout y était : agriculteurs roulant en voiture de vingt ans d'âge et anxieux de ne plus pouvoir rembourser leurs prêts, employé communal à temps partiel déclarant 7000 euros par an de revenus, roulant en Mobylette, si ce nom dit encore quelque chose à nos contemporains, Personnes âgées qui seraient en situation de précarité alimentaire, pour employer le langage des technocrates surpayés, si elles n'avaient un coin de jardin, des poules et des lapins. Cela peut passer pour une caricature, mais je peux vous assurer que non. Cette France pauvre existe et elle survit, et comme elle est fière, elle ne demande pas d'aides et d'ailleurs n'en obtiendrait pas. Elle ne descend même pas dans la rue, mais sans doute trouve-t-elle dans le mouvement des gilets jaunes des porte-paroles. Il revient sans doute aux monarchistes, qui voient à la fois les errances du libéralisme sauvage qui dévaste la planète, et qui sont hostiles aux '' solutions '' des despotismes d'État mis en place par la gauche de réfléchir, il y a plus que jamais urgence, à ce que peut être le Bien commun. Macron, le candidat des deux millions de millionnaires que compte désormais notre pays, est indifférent à ces souffrances de la France profonde, il ignore qu'il y a un monde où on ne se préoccupe pas des start-ups, des voitures électriques, de la conquête de nouvelles parts de marché, mais où l'on veut vivre, tout simplement et où on parvient, malgré les difficultés quotidiennes, à la faire avec une décence ordinaire pour reprendre le mot d'Orwell, décence qui est étrangère aux faiseurs d'argent apatrides et déracinés qui sont les figures idéales de la Macronie.

  • Car ce ne sont pas les revendications justifiées des gilets jaunes, ou le blocage des routes qui menacent la France, mais l’ennemi intérieur que les dirigeants laissent s’installer, depuis que le regroupement familial des émigrés fut autorisé par Giscard en 1974, permettant une invasion musulmane incessante depuis 56 ans.

    Le 9 Décembre 2018, Macron ira au Maroc signer sous l’égide de l’ONU le « Pacte mondial pour l’immigration »… sans l’accord des Français ! Cela permettra aux immigrés clandestins d’être régularisés d’office !!! Ce remplacement de la population Française par des étrangers à la culture et la religion OPPOSEES aux nôtres, se fera au détriment des plus pauvres auxquels on refuse l’aide légitime indispensable, la baisse des taxes et la hausse du pouvoir d’acaht : les gilets jaunes sont ainsi méprisés… Les Pays du Visegrade (Hongrie, Slovaquie, République Tchèque, Pologne) et plusieurs autres pays comme l’Italie, et Malte ont refusé de signer !

    Il ne s’agit pas pour nous d’être « raciste ou xénophobe », selon les mots des médias-bobos, mais de constater que le Coran dicte aux populations musulmanes une doctrine anti-chrétienne, appelant au meurtre fanatique des non-musulmans et au racisme : « Tuez dés qu’ils vous tournent le dos » leur est répété à maintes reprises ! »

    Ouvrons le Coran (Sourate IV Les femmes versets 89-90) :
    -Ne prenez pas d’amis chez eux avant qu’ils émigrent dans le sentier de Dieu. S’ils tournent le dos, saisissez les, tuez les où que vous les trouviez. Ne prenez pas d’amis ni de secours chez eux…

    Verset 91:
    -S’ils ne se rendent pas à vous et ne déposent pas les armes, saisissez les, tuez les où que vous les trouviez. Nous vous donnons tout pouvoir sur eux !

    On ne peut pas vivre en confiance dans notre pays, en ville ou à la campagne, avec des voisins qui croient à des mots d’ordre assassins, soit-disant dictés par Dieu.

    Nos enfants ont besoin de sécurité.

    L’Islam à la Française n’existera jamais, car il n’y a qu’ UN SEUL Coran dictant la Charia, que près de 30% des musulmans estiment au-dessus des lois Françaises.

    L’Islam adepte du Coran doit être interdit en France, c’est le moyen employé par le Mal pour détruire la France…

  • Non à la signature du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières qui doit être adopté par les Etats membres de l'ONU à la Conférence intergouvernementale les 10 et 11 décembre 2018 !

    Le 20 novembre dernier Monsieur Macron a déclaré lors de sa visite à Bruxelles que la France soutenait ce pacte mondial. Il s’apprête donc à le signer SANS QU'AI LIEU EN FRANCE LE MOINDRE DEBAT ni la moindre indication sur ses intentions ! Le déni de démocratie est évident. Ce pacte, que monsieur Macron a qualifié de "traité" -le traité est contraignant- dans un lapsus fort révélateur, est un projet mondialiste visant à encourager les migrations, à organiser leurs larges filières et à ouvrir durablement nos portes à tous ceux qui y verraient un intérêt. Au nom des droits de l'homme, les prestations qualifiées de service de base seront accordées aux migrants dès leur arrivée sur les territoires. Nos sociétés devront être "inclusives" et "multiculturelles". Toute protestation sera sanctionnée comme "crime de haine" grâce à une police d'Etat et une simplification des poursuites au profit des nouveaux arrivants !

  • La France danse sur un volcan. On saura dans quelques jours, à l’issue des mobilisations de samedi 24 NOVEMBRE 2018 et des premières concertations avec les Gilets jaunes, si elle peut éviter l’explosion. Pour l’heure, il y a de quoi être inquiet. Le discours d’Emmanuel Macron sur le plan énergie n’a pas atteint ses objectifs, le soutien des Français à l’égard des Gilets Jaunes n’a pas faibli, et aucune des colères qui se sont additionnées en quelques semaines n’a été apaisée.

    Fini, le confort d’un positionnement politique à équidistance de la droite et de la gauche, comme En Marche en a profité jusqu’ici. Désormais, la crise donne des ailes à tous ceux qui, depuis leur défaite de 2017, étaient devenus inaudibles.

    La « Leonardisation » de la politique est passée par là : à peine fini le discours du chef de l’Etat, les manifestants étaient sur toutes les antennes pour clamer leur déception, comme il y a cinq ans la jeune Leonarda avait rejeté en direct les propositions de retour en France que François Hollande venait de lui faire à la télévision. A l’époque, cela avait été un tournant.

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