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La Monarchie n'est pas un parti

Au salon de l'agriculture 2017 : Le prince Jean avec le prince Joseph

 

Par Jean-Philippe CHAUVIN

 

1345578492.2.jpgLes actuelles joutes présidentielles nous démontrent à l'envi toute la dangerosité mais aussi le ridicule de cette course au Pouvoir de quelques ambitions personnelles et partisanes qui oublient les réalités pour s'attacher les votes des électeurs, du moins durant les jours de scrutin. Les promesses ne font pas un programme et les programmes ne tiennent pas leurs promesses, et les citoyens l'ont compris qui, pour beaucoup, désespèrent de voir des solutions concrètes et crédibles sortir des urnes printanières. La Nouvelle enquête sur la Monarchie* est aussi l'occasion de rappeler qu'il existe, au-delà de la République et de ses différentes formes, un « autre régime » que l'on peut, au regard de l'histoire et de la contemporanéité républicaines qualifier de « nouveau », hors et au-dessus des partis et de leur système... 

La transmission héréditaire de la magistrature suprême de l’État est le meilleur moyen de l'indépendance royale, même si elle ne garantit pas forcément que le souverain soit totalement libre de toute influence. Ce qui est certain, en tout cas, c'est que l'hérédité libère l’État et que la Monarchie n'est pas, ne peut pas et ne doit pas être un parti, même royaliste, ce que le comte de Paris et son père, le duc de Guise, n'ont cessé de répéter en leurs temps respectifs, parfois aux dépens de l'Action Française qui, néanmoins et heureusement, restera toujours fidèle à la Maison de France. 

Cela signifie-t-il que la Monarchie ne s'engage pas, et qu'elle reste politiquement neutre ? Dans la conception française de la Monarchie active, elle n'est pas un simple ornement institutionnel, et elle joue un rôle arbitral qui n'est pas, au contraire de la République encore mâtinée de jacobinisme (parfois très conscient et revendiqué, comme l'a prouvé le redécoupage des régions à la sauce « hollandaise » de ce quinquennat-là, qui n'a tenu aucun compte ni des réalités historiques ni des légitimes doléances régionalistes), un pouvoir arbitraire. Arbitrer n'est d'ailleurs possible que si les règles sont connues et l'arbitre reconnu : l'indépendance de nature de la magistrature suprême de l’État en Monarchie permet l'arbitrage dans de bonnes conditions, mais, dans le cadre de la Monarchie fédérative, les décisions royales ne sont pas aussi nombreuses que dans une République (plus « parisianiste » que française), ce qui au passage leur accorde aussi et ainsi plus de force et de crédibilité. Comme le disait un vieux sportif royaliste, « le roi laisse jouer » et il n'intervient que lorsque, faute de pouvoir dénouer une situation compliquée, l'on fait appel à lui. Au risque de surprendre, mais en reprenant une intuition de l'avocat monarchiste Jean-Marc Varaut, je dirai que la Monarchie joue, d'une manière certaine, le rôle de l'actuel Conseil constitutionnel ! Rien de moins, et sans doute un peu plus... 

jean_neuilly-062.jpgCar, contrairement au Conseil constitutionnel, le roi n'est pas nommé par des personnalités institutionnelles et partisanes, ni en fonction de choix politiques : là encore, sa naissance le préserve de ce choix fait par d'autres que le « hasard contrôlé » inhérent à la Monarchie héréditaire et successible. De plus, le roi est le symbole visible, l'incarnation de la nation plurielle sans parti-pris, le double trait d'union, temporel entre le passé et le présent, et politique entre les toutes les composantes constituées de la France : il n'est pas l'homme d'un parti ou d'une partie contre l'autre, il est au-dessus des partis et des parties, et sa force est de ne jamais dépendre d'eux puisqu'il ne leur doit rien, et sûrement pas sa légitimité, de nature et d'origine « extra-démocratique », ce qui lui permet de garantir le libre exercice par chacun de ses droits, libertés et pouvoirs, sans interférer sur ceux-ci. Le roi est l'autorité « au-dessus » qui permet les libertés à tous les niveaux de la nation ; il est le sommet de la pyramide des pouvoirs et la condition de la nécessaire subsidiarité qui fait vivre, à tous les degrés de l'échelle, les pouvoirs concrets. La Tour du Pin résumait cela en expliquant qu'il fallait remettre la Monarchie dans l’État et la Démocratie dans les provinces, les communes et tous les autres corps intermédiaires : c'est, encore et toujours, le sens même du combat royaliste, un combat qui ne cherche pas la victoire d'un parti royaliste mais l'établissement d'une Monarchie sans parti-pris, pour servir le pays et non « se servir ». L'actuelle présidentielle, avec son lot de promesses et de scandales, semble bien loin d'une telle perspective : elle est, aujourd'hui, le meilleur argument a contrario de la Monarchie et il serait bien dommage de ne pas le faire savoir à nos concitoyens... 

* A suivre intégralement sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

Le Blog de Jean-Philippe Chauvin

Commentaires

  • absolument ! et les experts des experts ne me feront rien changer dans l'ordre de mes pensées
    mon cher MONTAIGNE 'qui naistoit à PARIS naistoit de FRANCE et voyez LUTÈCE avec GENEVIÈVE
    moi parisienne avec un croisement des ARDENNES et du PUY DE DÔME et bien sans allez trop loin dans le TEMPS pensons a nos morts pour la FRANCE y compris les Harkis et ma génitrice qui repose simplement au cimetière de BAGNEUX et mon géniteur qui a le droit au pin parasol et aux oliviers pour protéger ses cendres font que je vous dis
    comme mon bon MONTAIGNE 'calomniez camlomniez il en restera toujours quelque chose !' soyons patient nous savons que LUI fait les chemins qu'IL VEUT et prenez les places de l'alphabet vous voyez que le chemin pousse pousse avec ses belles fleurs !
    restez zen dans votre identité et patience !
    que celui qui a des oreilles entende et que celui qui a des yeux voit avec calme sérénité
    le bruit ne fait pas de bien !

  • S'Enri V (1) venié deman, aquelo festo que farian !
    Nosti journado sarian pagado emé de peço de vint franc !
    (1) chant populaire pour le Comte de Chambord.

  • Excellente intuition de Jean Philippe Chauvin que ce rapprochement Conseil constitutionnel/Roi
    C'est à creuser dans le cadre d'une réflexion sur les institutions de demain.

  • Le texte de notre ami Chauvin rappelle, en la renouvelant, la doctrine traditionnelle du royalisme d'avant et d'après l'Action Française. C'est bien et bien dit. Cependant il convient d'ajouter quelques précisions, même si ce faisant on aorte un son discordant dans ce concerte- de louages. Car cet avantage incomparable de la monarchie -le roi au dessus des partis- n'existe réellement que dans la mesure où le principe royal est accepté par l'ensemble de la population. Burke le disait clairement: "le roi va de soi". Certes. Mais il n'en est nullement ainsi aujourd'hui et il n'en était pas non plus ainsi en 1815. L'Histoire nous enseigne que la politique de Louis XVIII et de son ministre Decazes eut pour résultat de renforcer considérablement un parti puissant qui, adossé sur une idéologie dominante, refusait la dynastie. Dans une telle situation, ne pas faire de différence entre les fidèles et les ennemis est suicidaire. C'est tout le problème des derniers Bourbons, Louis XVI, de Charles X et de Louis-Philippe. Face à une hostilité de principe, ils préfèrent céder car il leur semble que régner contre les souhaits des français ne vaut pas la peine. Donc, pendant un temps plus ou moins long (peut-être des décennies) un roi devrait, selon l'expression de Charles X, "se tenir au milieu des siens" afin de gagner la guerre civile. Pendant ce temps-là, le roi n'est pas au dessus des partis. Cela vous choque? Souvenez-vous d'Henri IV qui dut guerroyer durement contre la Ligue avant de recouvrer son trône. Et souvenez-vous aussi que, alors que la monarchie était acceptée par tous, il lui a fallu près de 10 ans pour "faire des amis avec ses ennemis". Tous cela pour vous dire qu'il est vain de supposer le problème résolu.

  • Mille fois d'accord ! Et hors ceux qui pensent que la colombe descendra du Ciel avec un rameau d'olivier dans le bec, on ne voit pas comment on pourra "instaurer" (et non "restaurer") la Monarchie sans période longue de dictature.
    Prenons exemple sur la Corée du Nord !!!

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