mardi, 10 juillet 2012
Jean-Jacques, l'éternel incompris, par Gérard Leclerc
Nous étant publiquement étonnés, courant juin, de l'absence totale de cérémonies officielles, en France, à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Rousseau, nous avons d'abord reçu un message de la revue Eléments, que nous avons porté à la connaissance de nos lecteurs. La revue nous signalait qu'elle avait publié (dans son n° 143, Avril/Juin 2012) un dossier, effectivement fort intéressant, sur Rousseau (1).
Aujourd'hui, dans un tout autre registre, c'est dans Royaliste que nous trouvons du grain à moudre. On y lit toujours avec profit la page "Idées", brillamment tenue par notre ami Gérard Leclerc, depuis des lustres : c'est parfois ardu, difficile; c'est toujours enrichissant et stimulant...
Elle est consacrée, cette fois-ci à "Jean-Jacques, l'éternel incompris".
C'est peu dire que de rappeler, comme le fait Gérard Leclerc au début de sa réflexion, combien le "climat" a changé, entre le bicentenaire de 1912 et aujourd'hui. La revue Eléments rappelle d'ailleurs, à ce propos le discours "anti-Rousseau" de Barrès à la Chambre, s'élevant contre la célébration officielle de la naissance du genevois (célébration officielle qui a eu lieu, il y a 100 ans, à la différence d'aujourd'hui) : "profondément imbécile" (pour le Contrat social) et "demi-fou" (pour Jean-Jacques), Barrès n'y était pas allé de main morte !... Comme Jules Lemaître qui, peu auparavant, en 1907, écrivait : "(Rousseau) qui, semble-t-il, ne savait pas bien ce qu'il écrivait..". Sans parler bien sûr de "Charles" (Maurras) et son "misérable Rousseau"...
"Énigmatique" revient plusieurs fois sous la plume de Gérard Leclerc pour évoquer Jean-Jacques et son oeuvre. C'est d'ailleurs sur une question que s'achève l'article, excellent, après nous avoir invités à lire Jean Starobinsky ou Karl Barth.... :
(1) : Éditorial : "Rousseau, célèbre inconnu", par Robert de Herte et "Dossier Rousseau parmi nous" comprenant : "Introduction" (par Michel Marmin); "Rousseau le littéraire", par Eric Werner; "Rousseau l'anti-Lumières", par Alain de Benoist; "Rousseau le révolutionnaire conservateur", par Alain de Benoist.
00:15 Publié dans Culture et Civilisation Françaises. | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Jean Louis FAURE | mardi, 10 juillet 2012
Répondre à ce commentaireJe viens de relire, dans Bons et Mauvais Maîtres, ce qu'en dit MAURRAS. Et finalement, les imprécations en moins ; en moins, aussi, la grande clarté d'expression, la puissance des idées et des analyses, j’oserai dire, aussi, du « sentiment » qui caractérisent ce texte de Maurras, les mêmes nuances, la même critique fondamentale sur l'égotisme obsessionnel et le subjectivisme, tout en contradictions, de Rousseau, se retrouvent dans l'article de LECLERC.
Maurras est, naturellement, surtout sensible au fait que ce soit essentiellement chez Rousseau que les chefs révolutionnaires ont puisé, à bon ou mauvais droit, le fond de leur inspiration et aux immenses dommages qu'il en est résulté pour la France.
Mais il est vrai, je crois, que d'autres destructions, plus fondamentales encore que strictement "politiques", se sont produites, depuis, à quoi l’influence de Rousseau n’est pas étrangère. Elles atteignent l'essence même de l'homme français et européen. Elles sont d'ordre anthropologique. D'ou, à mon sens, l'objection de fond que Gérard LECLERC maintient envers Rousseau. Elle n'est pas mince !
Écrit par : JACO | mardi, 10 juillet 2012
Ce problème ne peut apparemment se résoudre que de deux façons : soit on disculpe Dieu en expliquant le mal par la faute originelle, c’est-à-dire par le mauvais usage que l’homme aurait fait de sa liberté avant son entrée dans l’histoire ; soit on disculpe l’homme, et l’on est alors obligé de douter de la bonté ou de la toute-puissance de Dieu.
La position de Rousseau est plus originale. Rousseau milite pour la " justification de Dieu". Contre l’Église, il conteste l’idée de péché originel, qui représente l’homme comme naturellement mauvais. En affirmant que le mal ne vient ni de l’homme ni de Dieu, mais d’un tiers, en l’occurrence de la société, Rousseau n’entend nullement plaider en faveur d’un individu irresponsable, qui attribuerait à la "société" la responsabilité de tous ses actes, ainsi qu’on le lui fait dire couramment. Il vise bien plutôt à répondre à un problème théologique fondamental, auquel toute réflexion spéculative se trouve immédiatement confrontée.
Écrit par : Thulé | mardi, 10 juillet 2012
Répondre à ce commentaireSur la question de la "justification de Dieu", qui dépasse, bien-sûr, le domaine politique, où nous prétendons, ici, seulement, à quelque compétence, j'ai, un jour, entendu René Rémond répondre à une question analogue : "la vérité est que Dieu n'est pas tout-puissant".
Dieu, en effet, n'avait-il pas le pouvoir de créer un monde d'où - à la fois - le mal serait absent et où l'homme serait libre ? Si la question - contraire au Credo des Chrétiens - leur paraît digne d'attention, les "théologiens" y répondront.
Écrit par : Anatole | mardi, 10 juillet 2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Parabellum | mercredi, 11 juillet 2012
Écrit par : Thulé | mardi, 10 juillet 2012
Répondre à ce commentaireUn jour de 1985, je lui avais pronostiqué que le Front National aurait une trentaine de députés aux élections de l'année suivante. Le fameux politologue s'est esclaffé : "Mais vous n'y pensez pas ! Le Front National n'aura AUCUN député ! Ou alors peut-être un à Marseille..." Il en a eu 33, si ma mémoire est bonne.
Je n'ignore pas que le sujet du débat est ROUSSEAU et non pas REMOND, mais le second appartient à la progéniture du premier.
Écrit par : olrik | mercredi, 11 juillet 2012
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