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Une chronique de France info sur les Cent jours : vérité sur Napoléon, qui a menti...

            On en parle régulièrement sur ce Blog, parce qu'elle est toujours intéressante, et souvent remarquable : la chronique Le livre du jour, de Philippe Vallet, ce 7 août 2010, n'a pas derogé à la règle.

            Pendant 2'29", Philippe Vallet a reçu Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon, pour parler du quatrième et dernier tome de sa Nouvelle Histoire du Premier Empire

napoleon cent jours.jpg
Nouvelle Histoire du Premier Empire - Tome IV, Les Cent jours
Thierry Lentz, Fayard - 600 pages, 27 euros

            Et il est bon que ce soit Thierry Lentz qui ait été invité, et que ce soit lui qui ait dit ce qu'il a  dit. Les propos d'un adversaire declaré de Napoléon auraient eu moins de poids, auraient peut-être paru moins crédible...

            Car, que nous disent les deux intervenants, ce samedi matin, dans leur courte mais dense chronique ? Eh, bien, en peu de mots, ils rendent un hommage éclatant à Louis XVIII et à la Restauration, et établissent le fait que Napoléon a menti, en re-écrivant l'Histoire....

            Premier point, très brièvement évoqué, mais cela suffit : justice est rendue à Louis XVIII, et à la Restauration, qui a donné le parlementarisme à la France ("...elle a goûté au parlementarisme avec Louis XVIII...", dit Philippe Vallet). Une France dans laquelle l'opinion publique était, alors, majoritairement hostile à l'Empire, qui perd les trois élections qu'il organise (les royalistes gagnent les élections municipales, les libéraux, les législatives, et les abstentionnistes le plébiscite, ou moins de 20% de votants se présentent...)

            Sur le deuxième point, Philippe Vallet et Thierry Lentz montrent que c'est donc bien Chateaubriand qui a raison, lorsqu'il écrit "Tout est menti chez Napoléon". Un exemple entre mille : ce court passage des Mémoires d'Outre Tombe (La Pléiade, Tome I, page 1002) :

            "...Ce n'était pas tout que de mentir aux oreilles, il fallait mentir aux yeux : ici, dans une gravure, c'est Bonaparte qui se découvre devant les blessés autrichiens, là c'est un petit tourlourou qui empêche l'empereur de passer, plus loin Napoléon touche les pestiférés de Jaffa, et il ne le sa jamais touchés; il traverse le Saint-Bernard sur un cheval fougueux dans des tourbillons de neige, et il faisait le plus beau temps du monde..."

           Depuis un certain temps, l'on assiste - et nous nous en faisons régulièrement l'écho ici - à une sorte de re-découverte de notre Histoire vraie; à une sorte de ré-appropriation de nos racines historiques authentiques, dégagées - enfin !... - de la gangue des mensonges, falsifications et travestissements dont une histoire officielle mensongère les avaient affublées.

           Et ce mouvement, nous ne cessons de le dire, ne pourra pas rester sans conséquences

           Voici donc une chronique, courte mais substantielle, qui s'inscrit dans ce grand mouvement. Et dans laquelle les deux intervenants établissent bien les faits : pour la première fois, c'est le vaincu qui re-écrit l'Histoire, en la déformant à son avantage (cela porte un nom...), et en rejetant la faute sur les autres : Grouchy, qui est arrivé trop tard; Ney, qui a sacrifié la cavalerie...

          Mais la chose est dite : Napoléon a re-écrit l'Histoire, à sa façon, en l'arrangeant au mieux de ses intérêts à lui. Et il a magnifié la légende, mais elle reste une légende, mensongère, qui plus est....

            Il est bon que cela ait été dit.

            Pour écouter l'ensemble de cette courte, mais intéressante, rubrique, cliquer ici : 

 

Le livre du samedi matin, Philippe Vallet.  (2'29")

 

 

 

Sous l’angle politique, diplomatique ou militaire, le système napoléonien a cessé de vivre avec l’abdication de 1814 et l’installation aux Tuileries du frère de Louis XVI. Aussi, le long récit historique de Thierry Lentz aurait-il pu se clore sur ces événements, les Cent-Jours n’étant que le bégaiement d’années fécondes, tantôt glorieuses, tantôt décevantes, de la conquête de l’Europe à l’effondrement. La France n’est-elle pas désormais dépouillée de presque toutes ses conquêtes ? Ses institutions ne sont elles pas en cours d’adaptation à un modèle dont les réminiscences de l’Ancien Régime ne sont pas absentes ?

Pourtant, la mémoire de Napoléon ne serait pas la même s’il n’avait pas eu l’audace de vouloir inverser le cours des choses : ce furent le « miracle » du retour de l’île d’Elbe, les Cent-Jours et Waterloo.

L’historien doit observer qu’il n’y a rien de commun entre ces trois mois de 1815 et les quinze années précédentes. Le revenant de l’île d’Elbe a perdu la main. Il multiplie les erreurs dans le choix des hommes et les imprudences politiques. Il s’entoure d’un personnel fatigué ou bien de ses pires ennemis, sans compter l’appel à des intellectuels en manque de prestige. Il subit aussi des trahisons que ne compensent pas certains ralliements, tandis qu’à Vienne les puissances poursuivent la reconstruction d’une Europe dans laquelle il n’a plus sa place. Le salut du régime ne tient plus qu’au savoir-faire guerrier du vainqueur d’Austerlitz. Mais l’Empire succombe dans une « morne plaine », aux portes de Bruxelles, avant de recevoir l’estocade devant les Chambres. La paix signée avec les vainqueurs sera terrible.

Il faudra la réécriture de l’histoire à Sainte-Hélène, l’envol de la légende et que, les années passant, « la France s’ennuie », comme devait dire Lamartine, pour que les Cent-Jours soient oubliés, pardonnés puis magnifiés.

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