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Pour Buren, on trouve cinq millions huit cent mille euros....

            On manque d'argent partout pour entretenir des merveilles de notre Patrimoine, et pour permettre à des métiers d'art de survivre et de se transmettre. La commande publique se fait rare, et pourtant....

            Pourtant, 23 ans après avoir deboursé un million d'euros pour dénaturer l'un des plus beaux endroits de Paris, l'Etat a donc su trouver -gaspîller serait plus juste...- près de six millions d'euros pour continuer à enlaidir le Palais Royal !

L'artiste français Daniel Buren (g), le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand (c) et l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, le 8 janvier 2009 à Paris

8 janvier 2010 : Honneurs officiels pour les colonnes de Buren restaurées...

Buren (à gauche) pose avec l'actuel et l'ancien Ministre de la Culture

            Les Colonnesde Daniel Buren ont donc fait l'objet pour la première fois, ce vendredi 8 janvier, d'une sorte d'"inauguration" officielle par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, à l'occasion de leur restauration.

            "Lorsque l'oeuvre avait été livrée au public en 1986, il n'y avait eu aucune cérémonie officielle",se souvient le sculpteur Daniel Buren . "D'une certaine façon, c'est comme si on faisait d'un seul coup une inauguration complète de ce travail et de sa restauration",a-t-il déclaré -tout guilleret- à l'AFP.

            L'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang, qui avait commandé l'oeuvre en 1985, était présent: "L'oeuvre de Buren est devenue emblématique de Paris",a-t-il souligé. A-t-il un lien de parenté avec l'illustre docteur Coué ?... On lui laissera évidemment  l'entière responsabilité de son affirmation, au moins hasardeuse.

            Et on se contentera de redire que, si Buren et les tenants d'un art ou d'un style qu'il représente avaient vraiment voulu montrer cet art ou ce style à Paris, ils pouvaient le faire ailleurs: pourquoi s'approprier, confisquer en quelque sorte, un site majestueux et prestigieux ? Parce qu'il ont besoin d'un écrin de ce genre ? Leur art, leur style n'est pas assez puissant pour manifester d'évidence sa beauté ? Il lui faut un bel endroit pour ne pas passer inaperçu ?....

            En agissant de la sorte, Buren et ses zélateurs ont fait comme le coucou, qui fait son nid chez les autres.... Hommage que la laideur rend à la beauté -pour paraphraser La Rochefoucauld ? Ou singulier manque de confiance en soi, révélateur de la valeur intrinsèque de l'oeuvre (!) que Lang décrète -un peu vite...- "emblématique de Paris" (re !)

Les Colonnes de Buren avant leur inauguration, le 8 janvier 2010 au Palais Royal à Paris

            L'oeuvre de Buren, installée dans la cour d'honneur du Palais Royal, sur un ancien parking, s'était sévèrement dégradée au fil des ans. Les dispositifs d'éclairage et la fontainerie ne fonctionnaient plus. "On était arrivé à un point de délabrement extrême", rappelle Daniel Buren. "La moitié de l'oeuvre n'était plus dans son état de présentation optimale", selon lui. Il avait laissé éclater sa colère en décembre 2007, dénonçant un "vandalisme d'Etat" consistant à ses yeux à ne pas réparer cette oeuvre.

            "J'ai menacé de faire un procès pour défendre mon droit moral. Je demandais la destruction de l'oeuvre si l'Etat estimait qu'il n'avait pas les moyens pour la restaurer". "J'étais prêt à aller jusqu'au bout", assure-t-il.

            On pouvait donc espérer que le gouvernement saisirait l'occasion pour arrêter les frais, et restaurer, non pas les colonnes de Buren, mais le Palais Royal. Hélas, non, et c'est même tout le contraire qui s'est passé: après cet éclat, la ministre de la Culture d'alors, Christine Albanel, avait décidé de lancer en novembre 2008 la rénovation de cette oeuvre (dont le nom précis est "Les deux plateaux")

            Aujourd'hui, donc, l'ensemble de l'installation électrique, mis hors d'usage par un court-circuit, a été rénové. Un nouveau dispositif d'éclairage, totalement encastré, a été mis en place en surface. Le coût de l'opération, "toutes dépenses confondues", s'élève à 5,3 millions d'euros pour le ministère de la Culture, indique ce dernier. S'y ajoutent 500.000 euros de mécénat de compétence par le groupe Eiffage.

           "C'est vrai que c'est beaucoup plus cher que l'achat de la pièce qui avait coûté à l'Etat un peu plus d'un million d'euros", reconnaît Daniel Buren. Pourtant.....

          Pourtant,  "De loin, on ne voit pas beaucoup la différence. Les colonnes ont simplement été nettoyées et l'une d'elles, qui était fendue, a été recollée", s'est contenté de dire Buren. Ça, c'est la meilleure ! Près de six millions d'euros, et "on ne voit pas beaucoup la différence" ? Celles et ceux qui se battent -et, sans mauvais jeu de mot- se débattent pour sauver d'authentiques fleurons de notre Patrimoine apprécieront. Partout en France on jongle avec annulations de crédit, retards de paiement, report(s) de décision concernant des restaurations pourtant urgentes.... et là, d'un claquement de doigts, on trouve près de six millions; pour ne pas voir beaucoup la différence! Faut-il en rire ou en pleurer ?.... Et Buren fait-il dans le cynisme pur, ou dans le pince-sans-rire ?....

Un employé balaie la neige autour des Colonnes de Buren, le 8 janvier 2010 au Palais Royal à Paris

            Patrimoine, pour copier le mot célèbre, que de crimes on commet en ton nom !.....

Commentaires

  • Je suis tout à fait d'accord avec toi. C'est vraiment du gastillage que de rénover cette laideur! Et dire que c'est grâce à cette "oeuvre" que Buren est devenu un "grand" artiste. Je rêve !

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