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Réhabiliter Louis XIII : mais qui arrêtera Jean-Christian Petitfils ?...

            Personne, nous l'espérons bien !

            Nous avons déjà dit, à propos de L'évasion de Louis XVI, tout le bien que nous pensions des conseils et de l'assistance historique prodigués par Jean-Christian Petitfils à Arnaud Sélignac.

            Voici qu'après ses Louis XIV et Louis XVI, Petitfils nous donne maintenant un Louis XIII (1).

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(1) : Louis XIII, de Jean-Christian Petitfils. Perrin, 970 pages, 28 euros.

            Sans remonter jusqu'à Jacques Bainville, force est de constater -pour s'en réjouir...- qu'après les Pierre Gaxotte, François Bluche et d'autres encore, Jean-Christian Petitfils vient occuper l'espace, pour la bonne cause, et acquiert ouvrage après ouvrage une stature et une autorité qui le font, d'évidence, figurer parmi les grands...     

            En cliquant sur le lien ci-dessous, on écoutera avec beaucoup de plaisir, et encore plus d'intérêt, l'excellente émission que lui consacre Christophe Dickès sur Canal Académie :

 

            http://www.canalacademie.com/Rehabiliter-Louis-XIII.html

LOUIS XIII PETITFILS.jpg
            Vouloir opposer Richelieu et Louis XIII est une absurdité, car ils partageaient les mêmes objectifs : asseoir la primauté du politique sur le religieux (contrairement à la position du puissant parti dévot), assurer la gloire des armes et le rayonnement extérieur de la France : «Tous deux étaient des pragmatiques, animés du culte de l'État».

            Selon l'auteur, Louis XIII, bien loin des thèses caricaturales forgées par certains, connaissait sur le bout des doigts ses dossiers. Féru de musique et de danse, il aimait aussi peindre et avait une prédilection pour les œuvres de Georges de la Tour (qui fut son Premier peintre). Dans les années 1620-1630, il impulsa le renouveau de la peinture en France, notamment en rappelant Poussin d'Italie et en l'attachant à la Cour pendant deux ans. Il joua ainsi un rôle déterminant dans la vie artistique, à l'époque de la transition entre baroque et classicisme naissant. On est donc loin de l'image traditionnelle du roi uniquement préoccupé de fuir sa mélancolie à la chasse.

            Sur les cendres mal éteintes des guerres de religion, il combattit pour l'unité du royaume, contre cette «vieille France médiévale, hérissée de villes libres et de privilèges». Ses campagnes contre les soulèvements des Protestants et le terrible siège de la Rochelle furent menés au nom du refus du « séparatisme provincial », Louis XIII n'ayant jamais souhaité convertir les Protestants par la force ou leur retirer leur liberté de culte.

            La destruction d'environ 2000 forteresses qui ne défendaient pas de frontières tendaient également à débarrasser la France des restes de féodalité qui l'affaiblissaient, pour poser les premiers fondements d'un pouvoir absolu. Marqué par les guerres d'Italie et la guerre de Trente ans, le règne de Louis XIII fut en effet également secoué par les intrigues et soulèvements constants des grands seigneurs du royaume, qui n'hésitaient pas à pas à conclure des alliances avec les ennemis du royaume.

            À sa mort à 42 ans, Louis XIII légua à son fils «les grands outils de l'État, l'armée, la marine, la diplomatie, le renseignement, sans compter les arts et les lettres en plein bouillonnement créatif». Autant d'outils qui permirent l'épanouissement de la monarchie absolue.

            Jean-Christian Petitfils met en lumière les signes avant-coureurs de la période contemporaine qui apparaissent sous le règne de Louis XIII. Il insiste notamment sur le rôle de plus en plus prégnant de l'opinion publique, par le biais des pamphlets et des libelles, qui circulent en permanence, et de la Gazette de Théophraste Renaudot. Il explique également que Richelieu, en cristallisant la haine des Grands et des courtisans, préserva «le caractère à la fois sacré et paternel de la monarchie» : ce premier «Premier Ministre» de France joua le rôle d' «écran protecteur du chef de l'État», une fonction que certains dirigeants du XXIe siècle, à leur tour, ne manquent pas de confier à leurs premiers ministres !.....

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