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Autour du Prince Jean : I. Pourquoi cette famille, la Famille de France, et pas une autre ?.... (2/3).

Copie de Timbre bis RVB.png            La chute du grand Empire signifiait en effet la fin de la Paix romaine, donc la désorganisation de l’administration des choses et des gens, et donc  les multiples injustices et voies de fait qui en dérivèrent.

            D’où la profonde démoralisation des gallo-romains de ce temps : plus d’Empire et donc plus d’ordre.  Qui va rendre « le » service que rendaient l’Empire et l’Empereur, maintenant qu’il n’y a plus ni Empire, ni Empereur ? Qui va protéger le peuple ?

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       Loin de chercher à remédier aux problèmes de la totalité de l’ex ensemble, nos ancêtres se cantonnèrent à leur ex province d’Empire, la Gaule, où ils durent essayer de retrouver ce qui se rapprocherait le plus de l’ordre ancien. Là est l’origine lointaine, mais  directe de ce que l’on connaîtra un peu plus tard sous le nom de Féodalité : une multitude de petits potentats locaux prenant en quelque sorte la suite du défunt grand pouvoir impérial.  Et cherchant chacun à s’établir, et si possible à s’agrandir, sur un territoire qu’il pouvait contrôler, et où il pouvait assurer la paix à ceux qui, en échange de sa protection, travaillaient et priaient pour lui.

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Un premier essai fut fait, très vite, par Clovis (ci dessus), qui est bien le premier Roi de France. Mais cet « essai mérovingien » comme l’appelle Jacques Bainville, cette première dynastie fondée par Clovis finit par échouer car « …elle avait en elle-même un grand vice que rien ne put corriger. L'usage des Francs était que le domaine royal fût partagé à l'exclusion des filles, entre les fils du roi défunt ».

Un deuxième essai fut alors tenté, par les Carolingiens (ci dessous, Charlemagne). Mais cette deuxième dynastie échoua finalement, comme la première. Pour une raison bien différente, cette fois. « Dès qu'il fut le seul maître, en 771, Charlemagne se mit à I'œuvre. Son but ? Continuer Rome, refaire l'Empire … ». Une chimère que poursuivra également son descendant, Charles le Chauve : « …Malheureusement, il fut égaré par la chimère impériale et s'épuisa à vouloir reconstituer l'Empire carolingien…. ».

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Il faudra attendre la troisième dynastie pour que, enfin, l’oeuvre devînt durable. L’intelligence politique des Capétiens fut d’avoir analysé les erreurs de leurs prédécesseurs. Rejetant la chimère impériale, qui avait stérilisé l’œuvre carolingienne, ils se cantonneraient à la France, à l’ancienne Gaule. Et rejetant la coutume funeste des partages, qui avait stérilisé l’œuvre mérovingienne, ils s’attacheraient à construire un État stable et durable. 

Mais près de cinq cents ans se seront écoulés depuis la chute de l’Empire romain, sans qu’une réponse définitive ait été apportée à la question récurrente du « service » attendu par le peuple. C’est parce qu’ils y répondront, et qu’ils combleront le besoin d’Etat qui se faisait sentir, sans être durablement satisfait, depuis cinq siècles, que Robertiens et Capétiens réussiront là où Mérovingiens et Carolingiens avaient échoué . 

 Ci dessous, Le Robertien Eudes, Comte de Paris et fils de Robert le Fort défend Paris contre les Vikings.

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Leur Empire ne sera qu'aux dimensions d’une de ses anciennes provinces ? Certes, mais, là, ils seront empereur en leur royaume, selon la formule consacrée, et ils pourront jouer le rôle que jouaient autrefois les Empereurs romains, celui d’évergète, c’est-à-dire de bienfaiteur.

Et c’est ainsi que, en rendant ce service et parce que ils ont rendu ce service, que le peuple attendait depuis si longtemps, les Robertiens et les Capétiens ont acquis leur légitimité.

Il n’a donc pas été inutile, même si cela a semblé parfois nous éloigner quelque peu de notre sujet, de prendre ce recul nécessaire, afin de mettre l’histoire en perspective, en quelque sorte, et de  bien saisir la nature et l’importance des enjeux. Cinq siècles avant que « le » problème ne soit résolu !

Et maintenant que nous avons cerné ce problème dans le fond, il ne nous reste plus qu’à voir, dans la forme, comment les choses se sont passées pour qu’une famille, qui est celle qui nous intéresse, rencontre à ce point les aspirations et les attentes du peuple, y réponde et acquière, par là même sa légitimité, dont on sait bien qu’elle ne se fonde que sur les services rendus (à suivre, lundi 9….)

Commentaires

  • trois observations sur ce texte:
    - les deux premières dynasties: la mérovingienne et la carolingienne sont franques. Mérovée et son père sont tous deux des généraux francs au service de l'empire romain. Or la société franque est patrilinéaire mitigée , mais individualiste ; la famille y est nucléaire, d'où le partage à chaque génération. D'où également les massacres perpétrés à chaque génération pour éliminer les héritiers par Clovis et ses successeurs. En revanche, la troisième-la capétienne- serait d'origine saxonne. Or la société saxonne est patrilinéaire stricte et clanique. D'où (peut-être) cette volonté de concentration du pouvoir entre les mains d'un seul enfant, le premier-né.
    - la fondation de la troisième dynastie se fait dans un contexte, non pas d'abandon de la "chimère impériale", mais au contraire d'un plus grand assujettissement à l'empereur germanique, puisque le principal artisan de ce changement, l'évêque Adalbéron, agit pour le compte de la dynastie ottonienne. A l'époque, d'ailleurs au X° siècle, l'empire romain germanique est en pleine floraison. C'est seulement par la suite, et en raison des divisions de l'empire, que le pouvoir capétien se retrouve les mains libres.
    - l'oeuvre de centralisation monarchique ne débute pas immédiatement, tant s'en faut: pendant près d'un siècle, au contraire, on assiste à un morcellement accru. C'est seulement à partir de Louis VI que les rois reprennent du pouvoir. De plus, cette opération ne fut possible que par deux facteurs: d'abord la patrilinéarité stricte en usage chez les capétiens, et surtout le caractère de dignité mystique donné à la personne royale par Clovis, qui emprunte cette idéologie religieuse aux Wizigoths vaincus, qui la tenaient d'un passé germanique païen très reculé.

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