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La diversité pour les nuls, par Aristide Renou.

"Il n’existe aucune base solide pour affirmer que la discrimination est la seule raison, ou même la principale raison, pour laquelle la parité statistique n'est pas une réalité - surtout en 2020. La nature humaine étant ce qu'elle est, la discrimination ne disparaitra jamais complètement. Elle a, cependant, été considérablement atténuée au cours des deux dernières générations. Dans de nombreux domaines, elle a été complètement éradiquée, du moins sous sa forme traditionnelle (les « bien-pensants » et les tribunaux autorisent la discrimination, mais uniquement à l'encontre des hommes, des Blancs et des Asiatiques).

Les entreprises américaines, les universités et les pouvoirs publics à tous les niveaux se sont de plus en plus donnés pour mission de réaliser l’idéal de la diversité - souvent au détriment de la maximisation des profits, de la transmission des connaissances et du service rendu au public.

Même si, pour les besoins de l'argumentation, nous admettions que la parité statistique est à la fois juste et réalisable, nous ne pourrions pas nous empêcher de remarquer que personne aux Etats-Unis - et surtout pas les communautaristes qui prétendent être les plus engagés dans l'élimination des disparités - ne semble se soucier des disparités qui touchent les Blancs, les hommes ou les hétérosexuels.

L'écart de rémunération hommes et femmes a reçu plus d'attention que l'assassinat de Kennedy, mais combien de croisades morales ont été lancées pour éradiquer l'écart du point de vue de la mort par homicide, l'écart d'espérance de vie, l'écart concernant la durée des peines de prison, l'écart en matière d'accidents du travail, ou l'un des nombreux autres écarts qui sont au détriment des hommes par rapport aux femmes ? Mis à part Christopher Caldwell dans « The Age of Entitlement », quelqu'un d'autre a-t-il remarqué que les non-blancs ont gagné dix millions d'emplois, alors que les blancs en ont perdu 700 000, au cours d'une période qui correspond à peu près à celle de l'administration Obama ? Et qui parmi nous a entendu parler de la prime aux gays et aux lesbiennes ? Une étude réalisée en 2017 par C.S. Carpenter et S.T. Eppink de l'université Vanderbilt dans le « Southern Economic Journal » a révélé que les homosexuels gagnent beaucoup plus que leurs homologues hétérosexuels. Il est peu probable que nous entendions parler de l'injustice de cette différence dans un avenir proche.

En effet, malgré tous leurs discours sur la parité, les communautaristes ne considèrent jamais qu’il puisse y avoir trop de femmes, de personnes de couleur et de personnes LGBTQ dans les domaines désirables de l’existence. Inversement, il ne peut jamais y avoir trop d'hommes, de Blancs ou d'hétérosexuels dans les domaines indésirables. Le principe de la parité statistique est, en réalité, utilisé de manière sélective, comme un gourdin pour cogner sur les groupes « oppresseurs ». Le véritable objectif de la politique communautariste s'avère donc être non pas la représentation proportionnelle, mais une plus grande diversité, c'est-à-dire moins de Blancs, moins d'hommes et moins d'hétérosexuels. Car c'est tout ce que signifie le terme « diversité » : moins de personnes appartenant aux mauvais groupes. Combien en moins, cela n’est jamais précisé, mais il est toujours impératif d’en avoir moins qu’aujourd’hui. Au-delà de ça, le terme « diversité » est essentiellement dénué de sens. Il ne nous dit rien sur la composition réelle d'une population ou d'un groupe.

Chaque année, par exemple, l'Institut pour la Diversité et l'Ethique dans le Sport publie le score racial des ligues sportives professionnelles. Plus il y a de personnes de couleur - quelle que soit leur couleur, du moment qu'elles ne sont pas blanches - plus la note est élevée. Ainsi, la NBA obtient un A+, en dépit du fait qu’il y a moins de 20 % de Blancs dans ses rangs dans un pays qui en compte 60 %. Bien que cela ne soit presque jamais dit explicitement, tout le monde sait que les hommes blancs hétérosexuels ne contribuent en rien à la diversité. En fait, ils la sapent, ce qui conduit au paradoxe suivant : une organisation qui ne comporterait pas d’hommes blancs hétérosexuels serait considérée comme plus diversifiée qu'une organisation comptant quelques hommes blancs hétérosexuels. (Les seules exceptions à cette règle sont les quartiers ou écoles entièrement noirs - en raison du soupçon de racisme que cela fait naitre - à moins que l'école en question ne soit une université historiquement noire).

La primauté de la diversité sur la parité est encore confirmée par la jubilation à peine contenue avec laquelle les médias et la gauche accueillent la perspective de la transformation démographique imminente de l'Amérique en un pays dit de « majorité-minoritaire ». En 2015, lors d'un déjeuner en l'honneur de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, le vice-président Joe Biden a célébré le « flux incessant d'immigration » qui arrive aux États-Unis - en particulier des musulmans, des Africains, des Asiatiques et des Hispaniques. « Cela ne va pas s'arrêter, et nous ne devrions pas vouloir que cela s'arrête », s'est réjoui M. Biden. « En fait, c'est l'une des choses dont nous pouvons être les plus fiers ». Dans son enthousiasme, Joe Biden a avancé la date du point de basculement démographique de près de trois décennies :

« Les personnes comme moi, qui sont des Caucasiens d'origine européenne, seront pour la première fois, en 2017, une minorité absolue aux États-Unis d'Amérique. Une minorité absolue. Moins de 50 % de la population américaine sera désormais blanche, d'origine européenne. Ce n'est pas une mauvaise chose. C'est une des sources de notre force. »

Cette tendance démographique - ce qu'on a appelé « le brunissement de l'Amérique » - est présentée à la majorité blanche de l'Amérique comme une sorte de manifestation de la justice divine à laquelle tous doivent se soumettre. L'Amérique sera moins blanche. Vous ne pouvez rien y faire. Vous ne devriez pas non plus vouloir y faire quoi que ce soit, car une Amérique moins blanche sera une Amérique meilleure - les Blancs étant responsables de l'esclavage, des lois Jim Crow [la ségrégation raciale dans le Sud des Etats-Unis après la guerre civile], de la Piste des larmes [le déplacement forcé de tribus indiennes durant les années 1830], des lois interdisant l’immigration chinoise [votées à la fin du 19ème siècle], de l’internement des japonais durant la seconde guerre mondiale et du racisme systémique qui définit le pays jusqu'à ce jour. Moins il y a de Blancs, plus il y a de diversité, meilleur est le pays, le monde et la planète tout entière.

Toute tentative de ralentir, d'arrêter ou – A Dieu ne plaise ! - d'inverser cette tendance démographique est, bien entendu, dénoncée comme raciste. Seul un raciste s'opposerait à la transformation démographique rapide de son pays - à moins que ce pays ne soit pas composé de Blancs, auquel cas il faudrait s'opposer au changement de peur qu'il ne submerge les autochtones et leur culture traditionnelle. Les nations occidentales, étant majoritairement blanches, n'ont pas ce droit. Toute politique qui retarde - même de quelques années - le point de basculement démographique des Etats-Unis fait également l’objet d’une opposition farouche, que cet effet ait ou non été recherché par la loi en question. Au début de 2018, par exemple, l'administration Trump a proposé de réformer les lois sur l'immigration du pays et de sécuriser la frontière sud. On ne trouvait aucune mention de la démographie, de la race ou de l'ethnicité dans le plan lui-même ou dans la présentation publique qui en a été faite. Mais Nancy Pelosi, alors chef de la minorité à la Chambre des Représentants, a immédiatement dénoncé ces réformes comme faisant partie d'une « campagne visant à l’évidence à rendre l'Amérique à nouveau blanche ».

Le Washington Post, après avoir effectué sa propre analyse du plan, a conclu qu'il retarderait le point de bascule démographique de cinq ans tout au plus. « En réduisant considérablement le nombre d'immigrants hispaniques et noirs africains entrant en Amérique, ces réformes remodèleraient les futurs États-Unis », a déclaré Michael Clemens du Center for Global Development au Washington Post. « Dans les décennies à venir, nous serions beaucoup moins nombreux à ne pas être Blancs ou à avoir des personnes qui ne sont pas blanches dans nos familles. Le blocage sélectif de l’immigration change l'identité de l'Amérique ». En d'autres termes, l'Amérique se définit téléologiquement par sa future composition démographique - et non par sa population passée ou actuelle (et encore moins par ses principes fondateurs). Elle n'appartient pas à tous ses citoyens, mais à la future progéniture de sa population non blanche. Ils sont ce que nous sommes.

Bien entendu, le mouvement national en faveur d'une plus grande diversité raciale ne s'arrêtera pas une fois que les Blancs non hispaniques seront réduits à une minorité. Si la diversité a un principe limitatif, celui-ci n'est pas encore énoncé. Cela ne veut pas dire, toutefois, que la diversité n'a pas de limite. Elle en a une. Malgré toutes leurs diatribes à l’égard des Blancs, les communautaristes restent étrangement attirés par eux. Louis Farrakhan déteste les Blancs et ne veut rien avoir à faire avec eux.
Nos communautaristes détestent les Blancs mais veulent rester à proximité d'eux. Beaucoup sont eux-mêmes Blancs et prêchent généralement la diversité bien plus qu'ils ne la pratiquent, notamment en ce qui concerne les quartiers dans lesquels ils vivent et les écoles où ils envoient leurs enfants. Leur « conscience des problèmes sociaux » gouverne leurs paroles bien plus que leurs actes. Cela est particulièrement évident dans les universités, où les professeurs blancs titulaires ne semblent pas particulièrement désireux de démissionner pour laisser la place à des professeurs de couleur.

Quant aux communautaristes non blancs, en particulier les Noirs, beaucoup adoptent une forme étrange de néo-ségrégationnisme. Ils veulent vivre, étudier et travailler parmi les Blancs, mais avec la possibilité de se séparer d’eux à volonté. Ils veulent une intégration ségrégationniste. Comme l'a observé Michael Eric Dyson, professeur à l'université de Georgetown, dans son ouvrage Race Rules (1996) :

« Ceux d'entre nous qui sont intégrationnistes veulent leur part du gâteau des valeurs dominantes. Mais beaucoup d'entre nous veulent l'acheter à un boulanger noir et le manger dans un restaurant noir dans les quartiers noirs de la ville. D'autres parmi nous veulent le séparatisme racial. Mais nous le voulons souvent dans une société mixte : un dortoir noir dans une université blanche, un mois consacré à l’histoire des Noirs dans un pays à majorité blanche et une maison noire dans une banlieue blanche. »

Afin de contenter ses personnes de couleur, l'Amérique doit donc conserver un nombre suffisant de Blancs pour en parsemer ses écoles et ses quartiers. La politique communautariste ne promet finalement pas un avenir sans Blancs - même si elle ne censure pas non plus les discours appelant à l’éradication des Blancs. La race blanche peut bien être « le cancer de l'humanité », selon la formulation mémorable employée par Susan Sontag. Mais c'est un cancer que nous ne voulons pas guérir. Nous voulons simplement réduire la taille des tumeurs et les répartir plus uniformément dans le corps."

David Azerrad, The Social Justice Endgame, The Claremont Review of Books, Spring 2020

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