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Raoult, ou le territoire victime de la carte !, par Christian Vanneste.

Pour un habitant du nord de la France, l’aphorisme célèbre d’Alfred Korzybski, « la carte n’est pas le territoire » prend tout son sens. La dénomination dont on a affublé sa grande région, essentiellement plate, et dénuée de la moindre identité réelle, qui s’étend de la proximité parisienne jusqu’à la frontière belge, est grotesque. Aucune montagne n’y a arrêté le flux des invasions, mais lorsqu’on quitte le territoire pour regarder la carte, effectivement Lille, la capitale régionale, à une grosse dizaine de kilomètres de la Belgique, se trouve tout en haut. Personne, toutefois, n’aurait eu la malencontreuse idée d’appeler l’une des régions méridionales, « les bas de France ».

christian vanneste.jpgIl y a, dans le choix du nom idiot de la réunion du Nord-pas-de-Calais et de la Picardie, l’effet d’une double réalité qui consiste en définitive à nier la réalité, à gommer le territoire pour n’en conserver que la carte. Il y a d’abord la réalité de celui qui choisit : le membre de l’oligarchie, celle qui peuple les Assemblées, les palais de la République, les ministères, les bureaux, les cabinets, les antichambres, les salles de rédaction, qui a perdu de vue le territoire depuis longtemps, si jamais elle l’a connu, et qui n’en conserve que la vision d’une carte qu’on fait apparaître à l’écran. Il y a ensuite la recherche purement verbale qui réduit l’action à la communication et fera opter pour le nom le plus valorisant, le plus démagogique : on va flatter les « chtis » en les situant dans les « Hauts de France ». Peu importe la rose, c’est son nom qui compte ! Comme le dit Michel Maffesoli au début de la Nostalgie du sacré, « il convient de se méfier de ce que Jean-François Colosimo nomme le « logisme » asservissant la vie à une représentation promue réalité ».

C’est entendu, tous les hommes vivent dans la bulle de leurs représentations et n’ont du monde que la traduction que leur en donne le système de pensée, la religion, l’idéologie qui forgent l’esprit de la communauté au sein de laquelle ils vivent. Les choses ne nous apparaissent qu’à travers les mots par lesquels on les désigne. Mais on pouvait espérer que l’esprit scientifique, que la méthode cartésienne allaient dissiper les fantasmes, démonter les simulacres, pour parvenir à une représentation objective des choses et du monde. Dans le même temps, on pouvait imaginer que les peuples, mieux éduqués, allaient se libérer de leurs préjugés traditionnels, et se muer en nations de citoyens éclairés, libres et responsables. Or nous vivons une période qui remet en cause ces illusions. Tant que le rideau de fer séparait le « monde libre » du totalitarisme marxiste, on pouvait se dire que « 1984 », que la prison mentale peinte par Orwell, c’était l’autre côté, sa police politique et ses goulags, sa propagande tenant lieu d’information. D’une certaine manière, le mur ne protégeait pas seulement l’univers soviétique d’une réalité qui a fini par le détruire, il garantissait l’Ouest contre la confusion des idées, et confortait ses populations dans une vision rassurante de leur monde, celui où régnait la liberté de consommer et de penser.

Trente ans après la chute du mur, le monde occidental a mal digéré sa victoire. Non seulement les certitudes qui formaient le cadre de la pensée à l’abri de laquelle il vivait ont été systématiquement déconstruites, non seulement il a pris conscience que lui-aussi, face à l’est, vivait dans une bulle, simplement plus agréable, plus hédoniste, mais encore il a du s’habituer à la confusion des valeurs et des idées, soumis cette fois non à une propagande unilatérale mais à matraquage quotidien et tournoyant, faisant se succéder les modes idéologiques, les peurs collectives et les obsessions communautaires. Dans ce chaos qui a pris la place de la conscience collective, une ligne de fracture s’est dessinée. De plus en plus, il y a, d’une part, le « courant dominant » qui vient d’en haut et tente d’imposer le conformisme de la pensée unique qui campe dans les lieux de pouvoir et dans les grands médias, au-delà de distinctions superficielles, et, d’autre part, le fourmillement, l’effervescence, le bourdonnement permanents qui se propagent sur internet. En haut, il y a ceux qui veulent imposer la carte au territoire, et en bas il y a ceux qui vivent dans leur terroir, celui qu’ils connaissent avec ses odeurs et ses saveurs, mais aussi, et plus nombreux, ceux qui habitent les chateaux enchantés de leurs rêves. On voudrait opposer l’objectivité et l’universalité des premiers au morcellement et à la dispersion des seconds. C’est ainsi que de grands organes de presse pourchassent les « désinformations ». C’est ainsi que le gouvernement avait même envisagé de créer un site rassemblant ces chasseurs de sorcières.

La réalité est plus complexe. Quand on perçoit les intérêts qui dirigent le monde d’en-haut, orientent ses manipulations, et expliquent ses mensonges, le bruit de fond des internautes de tout poil prend davantage de valeur. Le lynchage médiatique et gouvernemental du professeur Raoult est un exemple riche de sens de cette confrontation entre la carte et le territoire, entre la pensée dominante et la contestation. Le « docteur » marseillais s’appuie sur son expérience de terrain, sur son « territoire ». Ses adversaires sont ceux qui dessinent les cartes, les peignent de couleurs diverses, maintiennent notre pays dans une étrange ambiance de menace et de catastrophe qui asphyxie la liberté. L’efficacité de l’hydroxychloroquine n’est plus le problème. La vraie question est de savoir dans quel simulacre de démocratie nous vivons !

Commentaires

  • "simulacre de démocratie" ! Mais la démocratie n'a jamais existé. Ce n'est qu'un "simulacre", un écran de fumée pour masquer la réalité de l'oligarchie totalitaire à visée mondialiste, tout comme les idéologies du XXe S. Voter à droite ou voter à gauche, ce n'est pas prendre conscience du politique. C'est juste diviser pour régner et faire croire, à ceux qui y croit encore, que la démocratie c'est la souveraineté du peuple.

    On laisse croire au peuple qu'il fait un choix de lui-même et que ce choix s'appelle démocratie. Mais non seulement, le système influence le peuple par le rouleau compresseur médiatique qui lamine toute pensée en dehors du politiquement correct, mais de surcroît, la démocratie n'a toujours était qu'un leurre, même dans l'Antiquité grecque. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

    Au Ve S. av. J.C., Athènes comptait entre 300 000 et 400 000 habitants, environ 40 000 étaient considérés comme "citoyens" mais en réalité 3 000 à 4 000 aristocrates étaient plus "citoyens" que les autres et participaient activement à la vie politique de la cité.

    La démocratie consiste donc à faire croire au peuple qu'il participe à la vie politique par le droit de vote. Mais ce principe divise plus qu'il ne rapproche et génère des haines toujours aussi tenaces qu'en 1789. On n'érige rien sur la division, le ressentiment et la haine. Mais si la démocratie fait fausse route depuis le départ, ce n'est pas un hasard. Les vrais décideurs avancent dans l'ombre du mensonge. Il faut juste que le peuple y croit !

    A quand le réveil du peuple ? Est-ce seulement possible après plus d'un siècle de lavage de cerveaux au sein de la rééducation nationale ?

  • De la sémantique générale
    Excellente idée de Christian Vaneste de faire appel à Alfred Korzybski, père de la sémantique générale pour analyser le glissement des significations dans la communication du monde dirigiste..
    La sémantique générale que Korzybski définissait comme une théorie générale de l’évaluation des modes de raisonnements humain, distingue les deux formes de pensée que sont le raisonnement de type aristotélicien, fondé sur des chaines de concepts liées entre eux, (comme des wagon de chemin de fer), et celui par itération sur des concepts qui peuvent être vides au départ et se remplissent en se développant. Tout en admettant que les deux raisonnements sont présents chez tous les hommes, elle flèche le premier sur le raisonnement discursif de type administratif, celui qu’affectionnent particulièrement les hommes de système pour se protéger, de celui qu’elle nomme non-aristotélicien pour décrire la pensée qui évolue en dehors des cadres conceptuels préétablis.
    Le langage est à la fois un support et une limitation de la pensée, car il la contraint dans un espace mental de représentation défini, mais non dimensionnellement explicite. C’est pourquoi la carte n’est pas le territoire, elle n’est pas tout le territoire, et elle n’est qu’une représentation d’une réalité extérieure, elle est auto-réflexive en ce sens qu’elle devrait comprendre une carte de la carte, à l’infini.
    Le langage est à l’identique pour Korzybski, le mot a une signification limitée, il n’est pas ce qu’il représente, il ne contient pas tous les faits, et est auto-réflexif puisqu’il peut servir à le décrire. Sans précision de son sens, l’interprétation du mot est donc laissée à l’émotion, (représentation inconsciente) individuelle.
    Le mot (le discours) est donc plus un déclencheur de représentation non explicite qu’une transmission objective d’un fait ou d’une réalité. Ceci est la base de la publicité, de la communication politique et de la propagande.
    Korzybski complète son analyse par le niveau d’abstraction des concepts utilisés : Par exemple, le verre est un concept général de contenant qui ne livre, par le mot, que sa nature. Il peut être sur une table, plein ou vide, d'un liquide ou d'un solide, la table peut être ronde, carrée, dans une maison, sur une terrasse, ou dans un ailleurs à définir etc…
    Le niveau d’abstraction qui est essentiel à la signification des mots et des expressions, est rarement précisé, souvent à dessein, pour suggérer, orienter ou manipuler la perception du receveur. De surcroit, si le mot est seulement prononcé sans être écrit, le ton lui procure une influence mentale de résonance chez le récepteur, susceptible d’en modifier fortement l’interprétation et la compréhension.
    Pour revenir aux pratiques des pouvoirs dirigistes peu enclins à expliciter leurs desseins, la séparation du signifiant et du signifié est la base de leur communication. En effet, comme le décrit si bien Guilhem Golfin dans son livre « Babylone et l’effacement de César » les systèmes sont plus soucieux d’exercer le pouvoir pour le pouvoir que pour les peuples, et la création d’une fiction représentative d’un territoire par les mots et par les cartes, présente l’avantage de la maitrise du sens, et du niveau des abstractions, propres à éloigner de la réalité, la compréhension des citoyens.
    Toutefois l’utilisation sous forme de techniques manipulatrices d’une théorie destinée à faciliter la compréhension entre humains, comporte les risques de réification brutale par les peuples, et de révoltes mettant en cause la nature même du pouvoir. Mais voilà, Mikey apprenti sorcier, ne sait pas comment arrêter le balai magique qui continue à remplir le chaudron…

  • Au début des années 90, sous la Présidence de Pierre MAUROY, ou de Marie Christine BLANDIN
    ( écriture non garantie), il y avait eu , pendant quelques années, l'appellation PAYS FRANC, on voyait une main blanche sur fond vert . Je préfère cette appellation à celle des Hauts de France, que certains prononcent zhauts.. de France.

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