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Où sont les milliards ?, par Aristide Renou.

"En pleine crise des Gilets Jaunes, Bercy a eu la bonne idée de diffuser la répartition par postes de la dépense publique française, afin de guider le débat foisonnant qui agite la sphère politique et médiatique. Où il apparait que la dépense publique consacrée à la protection sociale est gigantesque (…) : 575 euros sur 1000 (dont presque la moitié pour les retraites), sans intégrer la gestion des caisses de sécurité sociale. C’est le record d’Europe avec près de 750 milliards d’euros pour près du quart de la production annuelle de richesse (PIB).

La France dépense près de 115 milliards d’euros en plus par an que ses partenaires européens en ce domaine (soit 5% de la richesse nationale), mais personne n’ose vraiment toucher à cette répartition qui semble problématique, au vu de l’insatisfaction qui règne dans le pays.

L’affectation des dépenses est parfaitement identifiée. Elle tient d’une part au coût très élevé des retraites, qui sont déséquilibrées puisque si les retraités ont un niveau de revenu légèrement supérieur aux actifs, des millions d’entre eux ont une retraite autour du seuil de pauvreté. Cela signifie qu’une autre partie des retraités bénéficient de revenus hors norme. Le coût de l’assurance chômage (3 millions de personnes indemnisées) et des minimas sociaux (7 millions de personnes couvertes pour plus de 4 millions d’allocataires) est tout aussi hors norme (le fameux « pognon de dingue », avec les 37 milliards d’euros consacrés aux minimas sociaux).

L’aide sociale et l’indemnisation du chômage sont en effet devenues des politiques publiques de gestion de la question sociale, perdant ainsi leur caractère individuel. Cette gestion concerne la pénurie d’emplois, les familles monoparentales, l’immigration pauvre, familiale, médicale et illégale (comme les 40 000 jeunes que le Maroc a fait transiter de manière inédite depuis trois ans vers la France), la délinquance et la crise des banlieues (certains services sociaux départementaux distribuent l’allocation adulte handicapé à des personnes qui ne le sont pas, notamment des prisonniers, afin de maintenir l’ordre en prison), les départements d’outre-mer (où près du tiers de la population dépend des minimas sociaux), etc.

La contrepartie de cette politique généreuse tacitement soutenue par les Français est que la part des services publics régaliens est médiocre : 60 euros sur 1000 pour l’Intérieur, la Justice et la Défense (sans parler des crédits régaliens consacrés aux affaires étrangères, divisés par deux en dix ans). C’est pourquoi l’armée en opérations extérieures a du matériel en panne ou hors d’âge, les policiers ne touchent par leurs heures supplémentaires et ont des véhicules très usés, les prisonniers et les gardiens de prison vivent parfois dans des conditions indignes, et la justice française est aux derniers rangs en Europe. Dans la masse fiscale, le poids des grandes institutions (présidence de la République, ministères, assemblées) de la démocratie, qui focalise à tort le débat, est de 1 pour 1000."

Pierre Vermeren, La France qui déclasse, p149.

Commentaires

  • Il semble singulier d'inclure le versement des pensions de retraite au registre des dépenses sociales , dés lors que les prélèvements , sur salaires mais aussi des charges patronales ont été encaissés par les services de l' Etat : ce n'est que de l'argent rendu ! ( sur 40 ans de travail , le capital par salarié permettrait une belle rente , s'il n'y avait l'aléas de la baisses de valeur des actions , des risques de faillites de sociétés d'assurances , ce qui avait justifié ( et justifie ) le système mis en place dans les années 40 . A moins que l'on parle ici du simple renflouement des régimes déficitaires : l'article est peu clair sur ce point pour le " vulgum pecus ".

  • erratum : l'aléa de la baisse de valeur .
    les risques de faillites et non des risques .

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