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Sur le blog de Michel Onfray, Coronavirus : En janvier, le gouvernement jouait "à la roulette russe".

Verbatim* de l'émission du 28 janvier "Audrey & C°" sur LCI

Avec: Jean-Michel Aphatie (journaliste), Audrey Crespo Mara (journaliste), Gérald Kiersiek (médecin), Thierry Moreaux (journaliste) et Michel Onfray

Audrey Crespo Mara: Michel Onfray, il vous inquiète ce coronavirus?

Michel Onfray: Oui, car je trouve qu’on joue un peu à la roulette russe! Enfin: le gouvernement joue un peu à la roulette russe... On a une vingtaine d’avions, je crois, qui arrivent tous les jours de Chine et puis les gens descendent et on leur pose une question: "Vous avez mal à la tête? Vous avez un peu de fièvre? Non? Allez-y." Et puis un sur dix, ai-je lu, se fait questionner et on distribue des petits bouts de papiers à chacun en leur disant: "si vous avez un problème, appelez le 15", et puis tout le monde s’en va dans la nature! Je ne sais pas combien ça fait, 5000 ou 6000 personnes par jour qui arrivent de Chine et qui s’en vont dans la nature et qui peuvent contaminer donc!

Gérald Kierzek: De toute façon on n’a pas la capacité de faire autrement, soit on interdit les vols et ça c’est une décision qui est lourde de conséquences, on se rappelle le SRAS en 2002-2003: c’est tout le tourisme qui était impacté, les vols étaient arrêtés.

Michel Onfray: C’est une affaire d’économie!

Gérald Kierzek: Ce n’est pas qu’une affaire d’économie mais de psychose aussi, c’est pour ça que l’OMS ne va pas instituer l’État d’urgence comme il était question la semaine dernière parce qu’il n’y a pas de critères médicaux.

Michel Onfray: On peut bien dire: "On se protège et on arrête les vols!" Il y a de l’économie en jeu parce que les Chinois sont ceux qui font marcher le commerce.

Gérald Kierzek: Il n’y a pas de raison médicale non plus, encore une fois ce n’est pas un virus que vous attrapez vous mourrez à tous les coups. Mais c’est pas du tout ça, on est plus sur un virus de type grippal, ça va être intéressant parce que ce jeune homme de 33 ans n’a pas de symptôme, il est testé positif au coronavirus en Allemagne mais il n’a pas de symptôme. Ça change la donne si à 33 ans il se retrouve en réanimation intubé ventilé et avec plus ou moins un décès à la clé, parce que là on se dirait effectivement il faut prendre des mesures drastiques. Mais est-ce qu’on prend chaque année des mesures drastiques pour la grippe? Non. On n’arrête pas les vols de Chine et pourtant la grippe elle vient de Chine chaque année, on le sait. Donc tant que la virulence, la dangerosité du virus n’est pas un cran au-dessus, on n’est pas dans ces mesures-là. Là où je vous rejoins c’est qu’on pourrait peut-être, notamment aux aéroports contrôler de manière un peu plus systématique que ce n’est fait actuellement, ne serait-ce que pour la symbolique. Et c’est toujours bien de mettre un filet en disant: "Ce filet il ne prend pas tous les cas possibles mais au moins il y a toujours un filet c’est toujours mieux que rien."

Thierry Moreaux: Sauf que ce cas allemand serait passé au milieu des filets parce qu’il est porteur du virus et qu’il ne le développe pas.

Gérald Kierzek: Mais surtout il n’a jamais voyagé. Ma grand-mère disait que c’était mieux que rien, il vaut mieux mettre des tests, ça permet déjà de rassurer, sur Twitter je réponds à beaucoup de questions, pleins de gens qui ne comprennent pas pourquoi il n’y a pas ce contrôle donc ça permettrait même si ce n’est pas un contrôle efficace à 100%, de filtrer, peut-être 1,2 ou 3 personnes qui auraient de la température, de les orienter directement plutôt que de les laisser partir dans la nature. Là où il va se poser une autre question: les citoyens français qui vont être rapatriés dans les quelques jours, il y a plusieurs centaines de personnes qui ne vont pas être mis en quarantaine mais en quatorzaine.

Michel Onfray: Oui moi, ce qui m’étonne, c’est qu’on nous rabat les oreilles avec le principe de précaution depuis des années, c’est-à-dire que, dans l’école primaire de mon village, on ne peut pas amener un gâteau pour l’anniversaire d’un petit garçon sous prétexte que la traçabilité n’est pas assurée et que le principe de précaution interdit ce genre de chose! Mais, là, il n’y a plus du tout de principe de précaution! C’est-à-dire qu’on sait qu’il y a une ville qui est contaminée, on sait qu’il y a des morts, une ville de plusieurs millions d’habitants qui est totalement confinée qui n’a plus aucun contact avec le restant de la planète, et puis on vous dit: "Rentrez, circulez, il n’y a pas de problème." On vous donne un petit papier où, en cas de problème, vous appelez, en sachant très bien qu’en appelant on aura encore un problème en arrivant à l’hôpital. Déjà, en temps normal, on a des difficultés à accueillir des gens aux urgences, on manque de lit et on leur dit: "S’il y a un problème, ne vous inquiétez pas, on va s’occuper de vous." Je trouve que ce principe de précaution qui a été inscrit dans la constitution, je crois à l’époque de Chirac ....

Jean-Michel Aphatie (interrompant):Je pense qu’il n’y a pas assez de cas en France pour prendre les mesures que vous préconisez.

Michel Onfray: Si la Chine interdit à une ville de plusieurs millions d’habitants que la circulation puisse se faire, on peut imaginer qu’eux, ils ont des informations inquiétantes!

Jean-Michel Aphatie: La Chine gère plusieurs questions à la fois, que nous on n’a pas. Pour l’instant il n’y a pas de cas assez nombreux pour que l’on coupe les relations.

Michel Onfray: C’est le principe de précaution: qu’on n’aille pas au-devant de la difficulté! Que la difficulté soit là, mais qu’on dise qu’on va faire le nécessaire...

Gérald Kierzek: C’est assez impressionnant de voir les gens descendre de l’avion, on les a vu interviewés hier: "Est-ce que vous avez eu un contrôle? Non, non." Comme un contrôle d’alcoolémie, il y a le barrage et si vous n’avez pas envie de vous y soumettre vous pouvez passer à droite. Ce ne sera pas efficace à 100% donc encore une fois on est dans un principe de précaution, la ministre a pris des précautions, est-ce qu’on peut aller un cran plus loin? Probablement. Mais là je vous dis ce qui est la nouveauté, c’est ce sujet autochtone qui n’a jamais voyagé, va changer la donne. Encore une fois il faut se calmer, ce n’est pas un virus qui est létal avec une mortalité extrêmement importante, on est plus sur une grippe voir même avec une mortalité inférieure mais à voir comment les choses évoluent.

Audrey Crespo Mara: Merci pour toutes ces informations mon cher docteur.


*: Par principe, les imperfections et les incorrections de l'oral sont conservées. Seules les thèses importent: dès le 28 janvier, je défendais une politique ferme qui aurait évité d'exposer le peuple français à cette épidémie venue de Chine, un pays où l'on avait estimé qu'elle était suffisamment dangereuse pour que des mesures de confinement drastiques aient été décidées. Jean-Michel Aphatie estimait quant à lui que l'économie primait la vie des hommes -c'est la thèse de tout homme de droite qui se respecte, donc de tout maastrichtien.

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