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Le terrible évangile de dimanche, par Gérard Leclerc.

Je n’aurais certes pas l’audace de rapporter notre actualité politique parisienne à l’Évangile qui était proclamé hier dans notre liturgie dominicale. Je n’ai aucune autorité pour cela, détestant par ailleurs faire la morale à mes contemporains. Mais tout de même, le chrétien confronté à la radicalité évangélique, tel que Jésus nous l’assène dans ce passage de saint Matthieu (5,17-37) est bien obligé de s’interroger.

gerard leclerc.jpgFaut-il renoncer à cette radicalité par impossibilité, difficulté extrême de refuser ce qu’on appelle l’évolution des mœurs ou plutôt leur libération ? Alors, autant rejeter l’évangile, soit comme caduc, soit comme expression d’un idéal inatteignable : « Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. »

On nous explique qu’il faut faire la différence entre ce qui relève de la loi et ce qui relève de l’intimité. Bien sûr, mais ce qui est légal est-il bon forcément ? Non, ce qui est toléré par la loi n’est pas nécessairement conforme à la morale, encore moins à la perfection évangélique. Saint Thomas d’Aquin expliquait en son temps qu’il était impossible au législateur d’imposer à tous un idéal de vie trop élevé qu’il serait impossible de suivre. Il faut reconnaître que les choses sont aujourd’hui encore plus compliquées. Le discours contemporain, explique l’excellent sociologue qu’est Jean-Pierre Le Goff dans Le Figaro, « prétend s’être libéré de tous les tabous, en même temps qu’il prône un nouveau moralisme qui fait fi ou prétend éradiquer l’ambivalence des sentiments et des pulsions. C’est une conception puriste de l’être humain qui tend à nier publiquement sa “part sauvage”, tout en continuant à vivre avec et de l’exprimer avec plus ou moins de discrétion. »

Au moins, le christianisme ne nous raconte pas d’histoires à ce propos. Il n’a jamais nié cette part obscure de notre humanité. Au contraire, il la rapporte à un péché originel qui a blessé notre nature. Voilà pourquoi Jésus ne s’est pas contenté des propos radicaux que nous avons entendus hier. Il a tendu la main aux pécheurs, pour les relever. Encore faut-il avoir l’humilité de se reconnaître pécheur et faillible. L’époque ne nous y aide guère. C’est le moins qu’on puisse dire.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 17 février 2020.

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