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Emmanuel Macron maurrassien ? (III/III) : L'article «Pays réel» contre «pays légal», ou : quand Macron reprend le nationaliste Maurras...

 «Pays réel» contre «pays légal»: quand Macron reprend le nationaliste Maurras Pour admettre l’existence d’un sentiment de déconnexion entre le «peuple» et les «élites», le président a revisité, mardi, l’opposition du monarchiste.

 

À l’Élysée, il arrive que la «pensée complexe» du président se livre avec maladresse à des oppositions simples. Devant les députés de la majorité, réunis mardi dans le palais présidentiel, Emmanuel Macron a admis l’existence, dans l’opinion, d’un sentiment de déconnexion entre les citoyens et les élites du pays.

Pour appuyer sa démonstration, il a repris, en la revisitant, la distinction entre «pays légal» et «pays réel», développée par l’intellectuel nationaliste Charles Maurras (1868-1952).

«Le problème qu’on a, politiquement, c’est qu’on a pu donner le sentiment à nos concitoyens qu’il y avait un pays légal et un pays réel. Et que nous on savait s’occuper du pays légal - moi le premier -, et que le pays réel ne bougeait pas», a expliqué le chef de l’État, selon des propos rapportés par Le Monde et confirmés au Figaro. «Sur le sujet de la sécurité, en premier chef, il faut faire bouger le pays réel», a-t-il appuyé, convaincu que «l’insécurité, c’est le sentiment d’insécurité».

 

République «pays légal» versus monarchie «pays réel»

Le souci d’investir les sujets régaliens - sécurité, immigration - pour ne pas céder ce terrain au Rassemblement national (RN) n’est pas nouveau pour le chef de l’État. En revanche, l’emprunt, par un héraut du «progressisme», de l’opposition théorisée par le nationaliste Charles Maurras, l’est davantage.

Dans les écrits du dirigeant de l’Action française, le «pays légal» représente la République française et ses institutions, considérées comme illégitimes. À ce «pays légal» s’oppose, selon lui, le «pays réel» ou «pays vrai», enraciné dans les provinces. Ce «pays qui travaille et qui ne politique pas», comme il l’écrivait dans son Enquête sur la monarchie. Le défunt académicien défendait ainsi une monarchie décentralisée, afin de permettre au «pays réel» de s’imposer face au «pays légal».

 

Une dichotomie devenue banale en politique

AFP/AFP

Depuis, ces deux expressions ont pénétré les discours politiques. Galvaudées, sans connotation antirépublicaine, elles sont convoquées par des personnalités de tous bords pour décrire un éloignement entre le «peuple» et des «élites» dépeintes comme «déconnectées». «Maurras n’est pas lu à l’Élysée. Le président de la République ne puise pas son inspiration dans la pensée contre-révolutionnaire», précise l’entourage d’Emmanuel Macron au Figaro. «Cette distinction est une façon de répondre au procès en déconnexion et de rappeler qu’il faut écouter l’électorat populaire».

D’autres responsables politiques en ont fait usage. Deux candidats Les Républicains (LR) remportent des élections législatives partielles, en 2018? «Le pays réel a parlé», se félicite le président du parti, Laurent Wauquiez. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, loue les visites de terrain des ministres? «C’est le pays légal qui rencontre le pays réel», se réjouit-il, en attribuant à tort ces propos à l’historien résistant Marc Bloch (1886-1944). Les députés Insoumis déposent plus de 19.000 amendements contre le projet de loi sur les retraites? «Une méthode d’interpellation pour faire écho au pays réel», s’est justifiée l’élue Clémentine Autain, la semaine dernière. Près de soixante-dix ans après sa mort, Charles Maurras a légué à la classe politique une opposition devenue l’un de ses poncifs préférés.

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