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Hubert Védrine et la crise iranienne : « c'est gravissime pour nous les autres cosignataires »

 

2293089609.14.jpgL'ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine était l'invité de France Inter hier matin à 8 h 20 à propos de la crise iranienne.

Son analyse, énoncée d'un ton grave, nous semble marquée de réalisme et de lucidité, en même temps que d'une légitime inquiétude. On pourra écouter l'enregistrement audio de son entretien avec Marc Fauvelle [Ci-dessous].

Dans l'ensemble, sur cette très grave situation de crise, Hubert Védrine nous semble avoir - à chaud - discerné et dit l'essentiel.  

Notre propre analyse suivra rapidement. LFAR

 

 

Bref résumé et quelques extraits du propos d"Hubert Védrine donnés par France Inter.

Les ministres français, allemand et britannique des Affaires étrangères rencontreront lundi des représentants iraniens. Emmanuel Macron s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Rohani.   

Pour Hubert Védrine, Trump nous montre qu'il répond d'un côté aux néo-conservateurs américains et au Likhoud israélien. 

C’est la politique du pire

Selon lui Macron n’a pas eu tort d’essayer de jouer la carte de l'amitié avec Trump pour éviter les tensions. Maintenant il faut que les signataires de l'accord s'organisent pour sortir de la « prise d'otage » qu'imposent les Etats-Unis en ayant institué le paiement en dollars de toutes les relations économiques dans le cadre de l'accord. 

Les Etats-Unis prennent en otage le reste du monde. 

La question qui se pose désormais c'est comment faire vivre l’accord sans les Etats-Unis ? 

« Il faut espérer que les autres signataires s’organisent y compris financièrement ». 

Les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et Israël ne souhaitent pas que l'Iran revienne dans le jeu international. 

Ils veulent que l’Iran tombe. 

Hubert Védrine : « Entre les Pasdarans, l'Arabie saoudite, et les Trumpistes, il y a une alliance sur la politique du pire. »

La France a annoncé qu'elle va œuvrer collectivement à un cadre plus large. 

Hubert Védrine : « C'est quand même effrayant, c'est gravissime pour nous les autres cosignataires. »

« Il faudrait un accord avec les Chinois, mais là on entrerait dans un autre chapitre, un tournant aussi important que la fin de l’URSS », explique Hubert Védrine. Ça voudrait dire qu’on est capable de défier les américains.  

Hubert Védrine publie « Compte à rebours », aux éditions Fayard.

Commentaires

  • Nous avons là un Védrine des grands jours; son analyse est remarquable et en un sens terrible. Risque de guerre, vassalisation de l'Europe comme jamais. Bras de fer ou renonciation ? Il voit tous les enjeux. Avec doutes et espoirs.

  • Ceux qui ne l'avaient pas encore compris doivent se rendre à l'évidence: on ne peut pas faire confiance aux USA. La signature de cet Etat au bas d'un document ne vaut que sous des réserves de restriction de conscience absolue ; En effet, ce pays s'affirme depuis l'origine le maître du Bien et du Mal qu'il définit à sa guise. En déchirant le traité deux ans après sa signature, Trump agit avec nous comme tous les gouvernements américains à l'égard des indiens, de spoliation en spoliation jusqu'à l'avilissement final.
    Reste que les nations qui composent l'Europe sont placées au pied du mur: soit elles se prosternent soit elles se rebiffent. Ce qui signifie prendre ses distances avec l'OTAN qui n'est plus qu'une machine d'agression au service de l'unilatéralisme, Ce qui signifie également le rejet de la clause monétaire incluse dans ce traité (au nom de la divisibilité des traités), ce qui implique que l'euro, pour la première fois, soit un instrument de puissance et non de soumission. Bien sûr les USA en seraient enragés mais ils ne pourraient faire la guerre économique au monde entier.
    Enfin, puisque Macron affiche une volonté de faire une politique d'Etat en France, tirera t-il les conséquences de ses échecs répétés? Il n'a pas réussi à impulser une nouvelle dynamique à l'Europe, ni à se poser en arbitre entre Trump et l'Iran. Osera t-il s'opposer à ceux qui ont organisé sa prise du pouvoir? Son discours de Strasbourg du mois dernier n'incline pas à le penser. S'il ne le fait pas, il apparaitra comme un Sganarelle déguisé en Jupiter, c'est à dire un bouffon.

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