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La rentrée des classes

 

par Gérard Leclerc

 

2435494823.jpgComme, je pense, une grande partie de nos auditeurs, j’ai participé hier à la rentrée des classes. En tant que grand-père de quatre petits enfants en âge scolaire, la benjamine rentrant au CP, ce qui représente toujours une sorte d’étape initiatique.

Tout s’est bien passé, et il n’y avait pas de raison pour que ça se passe mal. Les relations avec la direction et les enseignants des établissements sont souvent cordiales, et les enfants sont sortis contents de leur première journée. J’avouerai à ce propos une certaine schizophrénie personnelle. Lorsque je vais aux portes des écoles, comme père ou grand-père, j’ai tendance à oublier tout ce qui pourrait être objet de querelle. Je me vois mal débattre avec Mme la directrice, par exemple, des déviations d’un certain pédagogisme. Et pourtant, les débats à son propos me passionnent lorsque je les suis dans les colonnes des journaux. Mais sur le terrain, foin d’affrontement théorique.

Est-ce à dire que l’affrontement théorique n’a pas lieu d’être, qu’il est réservé à des intellectuels hors-sol, discutant entre eux de l’équivalent du sexe des anges ? Je ne le crois pas du tout. D’ailleurs il m’est arrivé, dans un autre cadre, de me retrouver en situation d’affrontement un peu pénible avec des responsables d’établissement à propos du caractère vital de l’enseignement de la culture générale. Je constatais, avec une certaine consternation, qu’ils avaient baissé les bras, en consentant à l’idéologie de Pierre Bourdieu, celle qui prétend qu’un certain savoir ou une certaine culture privilégient les héritiers, ceux des familles fortunées, bien installées. Là, le désaccord était patent.

Il n’est donc pas de nature purement théorique. D’ailleurs, il est réapparu ces dernières semaines avec la politique menée par le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Jacques Julliard a pu rédiger à son propos une page, excellente comme d’habitude, de son carnet du Figaro. Il y a bel et bien deux projets scolaires incompatibles entre eux. Le premier s’inscrit dans la ligne de Jules Ferry. Il consiste à permettre à chacun « d’aller le plus loin possible dans l’acquisition des connaissances et des diplômes correspondants ». Le second se réclame du patronage de Bourdieu déjà nommé. Il entend supprimer les inégalités sociales et donc briser dans l’œuf le modèle inégalitaire dont proviendraient tous nos maux. Le problème c’est que ce second projet est chimérique et aboutit à des impasses que Jean-Michel Blanquer entend supprimer. Donc, le sujet demeure brûlant !  

Gérard Leclerc

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 5 septembre 2017.

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