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Hollande et l’Histoire : encore un rendez-vous manqué

 

Le point de vue de Dominique Jamet

Pour qui a suivi la conférence de presse de François Hollande, comment ne pas partager le constat lucide de Dominique Jamet ? Et son pessimisme sur la qualité des dirigeants occidentaux ? Bien-sûr, nous savons ici qu'à la médiocrité des hommes s'ajoute la faiblesse des Institutions politiques et conséquemment des Etats. Et que ces deux inconvénients sont dans un rapport dialectique, multiplicateur de nos échecs et de nos déclins.  LFAR 

 

3312863504.jpgOn allait voir ce que l’on allait voir. La conférence de presse de François Hollande – la sixième de son premier quinquennat – allait marquer le grand tournant, le grand virage, que dis-je, le spectaculaire tête-à-queue de la désastreuse politique menée depuis quatre ans par la France dans le drame syrien. Après avoir soutenu par principe la rébellion des démocrates contre la dictature héréditaire de la famille el-Assad, jusqu’à nier au-delà du raisonnable l’échec cuisant de l’Armée syrienne libre et l’inanité du rêve d’un printemps arabe, après avoir dans un deuxième temps renvoyé dos à dos le régime et ses adversaires djihadistes – Laurent Fabius ne déclarait-il pas il y a quelques jours encore que Bachar et Daech étaient les deux faces de la même médaille ? -, le Président, ayant enfin pris connaissance du dossier et conscience des réalités, avait mesuré l’étendue de son erreur et compris que tenir la balance égale entre les deux camps revenait à assurer le triomphe de la barbarie. Il allait en tirer toutes les conséquences…

On a vu. Le chef de l’État et des armées, toutes réflexions faites, tout bien pesé, et compte tenu de l’urgence, a résolu de laisser encore un peu de temps au temps. En vertu de l’indécision qu’il a prise, l’aviation française étendra prochainement son inaction à l’espace aérien de la Syrie, où elle procédera à des vols de reconnaissance, qui permettront de recueillir des renseignements, lesquels pourraient servir de base à des frappes aérienne ciblées contre Daech, étant bien entendu que celles-ci seront modulées de telle sorte qu’elles ne concourront en rien à maintenir ou à consolider la position des forces gouvernementales syriennes.

François Hollande persiste donc dans l’erreur. Les piqûres de moustique dont il brandit la menace ne traverseront pas le cuir de l’éléphant islamiste. Il est clair que la France, réduite à ses seules forces, n’est pas à même de réduire le monstre qu’elle a laissé grandir. Mais comment le président de la République ose-t-il dire qu’il serait « inconséquent et irréaliste » d’envoyer des troupes au sol quand tous les spécialistes, les experts et le bon sens s’accordent pour estimer que c’est notre seule chance d’en venir à bout ? Qui, dans cette affaire, est inconséquent et irresponsable ? Il n’y a pas le feu ? Mais si, justement, il y a le feu.

M. Hollande n’a pas saisi l’occasion qu’il s’était lui-même donnée de lancer un appel solennel aux soixante pays nominalement engagés dans la coalition contre l’État islamique, en commençant par les États-Unis qui, après être intervenus à trois reprises quand ils auraient dû s’en abstenir, s’abstiennent aujourd’hui alors qu’ils devraient intervenir. Il ne les a pas mis devant leur responsabilité. Il a manqué une fois de plus le rendez-vous d’une haute fonction avec un grand destin. Il a posé un lapin à l’Histoire.

Celle des mois et peut-être des années à venir est donc d’ores et déjà tracée. Tant que l’Allemagne, qui en a la capacité, continuera d’accueillir des centaines de milliers de migrateurs et imposera à la France, qui n’en a pas les moyens, d’en prendre sa part, le tsunami démographique dont les vagues se succèdent sur nos rivages se poursuivra et s’amplifiera. Des hommes, des femmes et des enfants fuiront leur terre natale dans l’espoir d’échapper à la misère, à la terreur et à la mort. Des enfants, des femmes et des hommes périront noyés, égorgés, décapités, sous la hache, sous les balles, sous les bombes. La Méditerranée restera un cimetière et le Moyen-Orient un champ de bataille, de ruines et de morts. Le régime syrien, ultime rempart de la civilisation, quoi qu’on en pense, chancellera et finira par s’abattre sous les coups de boutoir des barbares.

Barack Obama, François Hollande, David Cameron, autant d’hommes que leur habileté, leur ambition et le suffrage universel ont portés au sommet et qui ne sont pas à la hauteur. Comme dit la chanson : « T’es ben trop petit, mon ami ! » Dame, oui ! 

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