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(Rions un peu d'eux). Lutte contre l'absentéisme scolaire : Et pourquoi pas les péripatéticiennes à l'oeil, tant qu'on y est ?...

             (Castigat ridendo mores, disaient les Anciens. Partagés entre la stupéfaction, la révolte et l'écoeurement, il nous a finalement semblé que -comme le dit l'adage- mieux vaut en rire, après tout.... Voici donc notre réaction à l'ahurissante et abracadabrantesque proposition de certaines autorités rectorales qui, dans leur grand'guignolisme affligeant et consternant, n'ont plus d'autorité que le nom....)

             10.000 euros par classe si les élèves viennent en cours ! Qu'on pourra utiliser, par exemple, pour un voyage scolaire...

             Il y a un an, environ, on avait eu une première ébauche de cette cinglerie : des places de cinéma pour endiguer l'absentéisme....

          Cette mesure, expérimentée en Seine-et-Marne, faisait suite à l'échec de plusieurs moyens mis en oeuvre pour enrayer le phénomène, comme les SMS, les courriels et les coups de téléphone aux parents. Eh, oui ! A en croire les responsables du lycée professionnel Louis-Lumière de Chelles, il était nécessaire, à l'époque, de faire des cadeaux aux élèves pour les inciter à ne pas sécher les cours ! Des places de cinéma gratuites furent donc offertes aux élèves de cet établissement de Seine-et-Marne afin de lutter contre l'absentéisme, selon le rectorat de l'Académie de Créteil, qui confirma ainsi une information parue dans Le Parisien.

          Et aujourd'hui il semble donc qu'on veuille continuer... De simples places de cinoche, on va carrèment passer au voyage de classe !

          Au total, "275.000 élèves sur le plan national" ont séché les cours il y a deux ans, "438.000 l'année dernière", indique-t-on au Ministère. Mais le Ministère s'est-il réellement demandé pourquoi tant d'élèves "séchaient" les cours (1): n'est-ce pas parce que, en réalité, eux ont très bien compris que leur place n'était pas dans les salles de classe ? Ils ne sont pas demandeurs, et - victimes de l'idéologie égalitariste - l'école que leur imposent parents et pédagogistes confondus est pour eux un châtiment, une prison: un comble !

          Ils réagissent donc eux-mêmes, et d'eux-même, à l'idéologie qu'on leur impose. Et ils le font avec l'une des seules armes dont ils disposent: ils taillent, ils sèchent les cours. C'est leur variable d'ajustement à eux, leur façon à eux -finalement- de rejeter l'idéologie !....

          Quant au "remède" (!?) proposé, s'il s'agit de scotcher des élèves non demandeurs dans les lycées, il n'est pas du tout certain que, vu la profusion d'images dont sont gavés de mille manière les ados, ce soient les deux ou trois places de cinéma à l'oeil, hier, ni la promesse d'un voyage scolaire, aujourd'hui, qui régleront le problème. Ils n'en veulent pas de l'école, des profs, du cadre scolaire, de l'environnement scolaire; et on s'imagine qu'ils vont accepter de partir une semaine avec des profs, avec des contraintes à respecter, avec un minimum de discipline de groupe à observer ?....

          Puisqu'on est dans l'ahurissant, et dans la cinglerie totale, alors allons-y de bon coeur et soyons-y à fond. Pourquoi ne pas proposer une mesure beaucoup plus radicale, dont il y a tout lieu de croire qu'elle serait nettement plus incitative que le cinoche ou le voyage: confier chaque lascar "sécheur de cours" à une grande soeur qui le prendrait en main (si l'on peut dire...) ? Dans l'enceinte du lycée, évidemment, puisque - on l'a compris... - le but est d'y faire revenir les ados fugueurs. Nul doute que d'accortes et charmantes demoiselles, à l'aide de Travaux pratiques savamment menés (!) réussiraient à vous rendre attentifs -et, surtout- participatifs- les ados d'ordinaires les plus rétifs aux cours !

          Ô joie suprême et bonheur complet de l'enseignant, phantasme si souvent caressé et si rarement atteint, ne verrait-on pas, alors, des classes entières de jeunes gens participer à fond (si l'on peut dire, là aussi...) à ces cours d'un nouveau genre, et même en redemander ! A l'extase de l'enseignant, qui verrait enfin ses chères têtes blondes transfigurées (!!!!!) correspondrait alors l'extase du public scolaire, enfin réconcilié avec cette Ecole dont -du coup- nul ne songerait à sortir. Elle serait pas belle, la vie ? 

          A la seule condition toutefois que la mesure marche dans les deux sens, et que l'on puisse confier les filles "sécheuses" à des grands frères, qui sauraient eux aussi leur rendre vivante et agréable l'enceinte du lycée, avec le même type de travaux pratiques. Eh, oui ! maintenant que nous avons la Halde, il faut faire attention à tout. Il n'y aurait aucune raison - ce serait une discrimination insupportable !... - que seuls les garçons profitent de ce service. Si les filles n'y avaient pas accès, la Halde ferait à coup sûr, procès sur procès au Ministère pour inégalité de traitement !.... Donc, des péripatéticiennes à l'oeil, pour prendre les garçons en mains, certes; mais aussi..... des péripatéticiens ! On a la Halde ou on ne l'a pas, et il n'y a aucune raison pour que cela ne marche pas (toujours si l'on peut dire...) dans les deux sens !..... Et n'oublions bien sûr pas les péripatéticiens (ou ciennes) spécialisés dans le Gay, le Lesbien le Bi et le Trans: sinon, là aussi, gare à la Halde ! 

          Et puis ce sera bon pour faire reculer le chômage des jeunes: le Ministère, qui embauchera du personnel en nombre (car il va en falloir, des responsables de Travaux pratiques, la demande sera certainement très forte !....) fera ainsi coup double, luttant à la fois contre l'absentéisme et contre le chômage.....

          Bon, trêve de plaisanteries. Maintenant, il faut tirer la leçon politique de toute cette affaire, consternante et affligeante, mais ô combien révélatrice car, c'est bien connu, c'est par la tête que pourrit le poisson.....Les idéologues qui nous gouvernent viennent donc de franchir un palier supplémentaire dans la démission. A la différence de Nicolas Fouquet, dont la devise -un rien mégalo...- était Quo non ascendam (Jusqu'où ne monterai-je pas ?...), leur devise à eux serait plutôt Quo non descendam ? Oui, jusqu'où ne s'abaisseront-ils pas, dans la veulerie, la démission, le crétinisme pur ?

          Il fut un temps où, en France, tout finissait par des chansons. Il faut avouer qu'avec le cinoche à l'oeil, hier, et le voyage scolaire à l'oeil, aujourd'hui, c'est dans la cinglerie la plus totale que tout finit, désormais, dans notre Système idéologique. Pauvres pédagogistes/idéologues du Ministère ! Ils entrouvrent une porte, et inaugurent un nouveau palier dans la descente aux enfers vers la nullité, dans laquelle le burlesque le dispute à l'insanité.

          Burlesque, insanité: finalement, ils nous offrent, là, un assez bon portrait d'eux....

(1): qu'il revient si cher à la nation d'organiser; surtout si c'est en partie pour rien, puisque ceux pour qui ils sont proposés, à prix d'or, ne sont pas là...

Commentaires

  • Vous avez raison: c'est un pas supplémentaire dans la démission. Par ailleurs, avez-vous remarqué que, de toutes façons, à aucun moment on ne parle du niveau, et de la qualité des études. Non, il s'agit juste de "remplir" les lycées. Mais, pour quoi faire ? On ne "remplit" pas des lycées juste pour remplir des lycées ! Le vrai problème est celui de la transmission et de la formation. Et, là, c'est silence radio.... Le système tue tout ce qu'il touche....

  • Bien d'accord avec le sage et lucide Academos.

    Mais, parle-t-on assez du niveau des profs ? Sans vouloir vexer personne, et toutes exceptions faites, il me paraît assez à l'unisson avec celui des élèves. Et puis, il y aurait à considérer, aussi, le niveau des parents, celui des médias, dont tout le monde s'abreuve. Celui des autorités dites morales, voire religieuses, qui ne sont pas très brillantes non plus, à commencer par la plupart des évêques français, souvent moins courageux, moins profonds et moins cultivés que leurs homologues des autres confessions. Que dire du niveau de nos gouvernants ? Que sont-ils ? Quels exemples donnent-ils ?

    Comme le dit fort bien Academos, le système tue tout ce qu'il touche. Mais il a déjà beaucoup tué. Et au point où en sont les choses, ici et maintenant, il faut être conscients qu'il faudrait, en admettant qu'on le veuille un jour, beaucoup de temps, plusieurs générations, pour remonter une pente où l'on est descendu si bas.

    Ceci me confirme dans l'idée qu'une réaction ne pourrait prendre corps, du moins en son point d'origine, que dans une élite peu nombreuse, où résiderait, subsisterait, ce qu'il nous reste de culture et de courage. Une "tête" qui aurait assez de la pourriture du poisson tout entier et, par un coup de pure volonté, déciderait qu'il est temps d'entamer un processus non plus de "déconstruction" mais de renaissance.

    Sarko, via Henri GUAINO, en a caressé, un temps, l'idée. Sans-doute parcequ'il sentait là un besoin, une attente profonde. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'en a pas pris le chemin.

  • Les réformes successives que subit notre système éducatif, sont issues de la même conception, forgée au sein de la même Eglise (une autre secte qui à réussi), avec ses livres sacrés (ceux de Mérieu), ses prophètes et ses grands prêtres (les chercheurs de l'Institut Nationalde la Recherche Pédagogique, ou INRP), ses apôtres et ses disciples (les profs des sciences de l'éducation), ses modestes serviteurs et son humble troupeau de fidèles (les enseignants et "enseignés" des Instituts Universitaires de Formation des Maître ou IUFM).

    A l'évidence, ce n'est pas à cet Ordre du Temple Pédagogique et aux options qu'il préconise qu'il faut confier le soin de trouver des solutions aux maux dont souffre notre système éducatif.

    "Jusqu'ici l'école, écrit le philosophe Robert Redeker, était cette institution organique, véritable matrice politique de notre être collectif, qui désignait des valeurs.
    Aujourd'hui, les pédagogistes préfèrent voit l'école suivre la société plutôt que la guider, adopter ses valeurs comme ses non-valeurs, abandonner ses fonctions magistrales pour devenir non point l'enseignementde la haute culture, l'initiation à la vie de l'esprit, l'apprentissage de l'existence politique, mais le simple reflet bariolé de tout ce qui se fait dans la société".

    Le pédagogisme n'est pas un humanisme, mais un dogmatisme qui n'a que mépris pour les savoirs qu'il est censé transmettre.

    Mais, la crise dont souffre le système éducatif, n'est à l'évidence que le reflet de celle qui affecte la société.

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