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Dialogue des carmélites...

             Deuxième rendez-vous de la semaine, troisième en quinze jours, avec Kto. Cette fois-ci c'est Dialogue des Carmélites qui nous est proposé, dans sa version Opéra (1)...

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            Il s'agit de l'opéra en trois actes de Francis Poulenc, enregistré à l'Opéra national du Rhin, à Strasbourg, en janvier 1999. Il est interptété par l'Orchestre philarmonique de Strasbourg et les Choeurs de l'Opéra du Rhin, sous la direction de Jan Latham-Koenig. Mise en scène de Marthe Keller. Avec Anne-Sophie Schmidt, Laurence Dalle, Nadine Denize...

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Argument : L'action se situe à Paris et à Compiègne. Elle débute en avril 1789. Blanche de la Force annonce à son père son intention d'entrer au Carmel. La mère supérieure du couvent de Compiègne la reçoit et lui demande d'exposer les raisons qui la poussent à rejoindre cet ordre religieux. Devenue novice, Blanche va vivre les derniers jours de la congrégation mise à mal par la Révolution française. La troupe envahit le couvent, mais Blanche réussit à s'échapper. Les ordres religieux sont supprimés et les religieuses sont condamnées à mort. Elles montent à l'échafaud en chantant le Salve Regina. Après bien des hésitations, des doutes sur sa raison d'être, Blanche les rejoint.

D'après l'oeuvre de Georges Bernanos, inspiré de La Dernière à l'échafaud (Die letzte am Schafott) de Gertrud von Le Fort.

(1): Jeudi 2 juillet, 21h40, 160 minutes.

Commentaires

  • Les liens entre Gertrud von le Fort, Edith Stein Bernanos, Poulenc et les relations des martyres de Compiègne


    Saluons cette diffusion de l’Opéra de Poulenc, qui assure une célébrité mondiale à l’œuvre de Bernanos, inspirée directement par celle de Gertrud von le Fort
    Lorsqu’en 1931 Gertrud von le Fort publia donc » Die letzte am Schafott « ce fut d’abord comme si le martyre des seize carmélites redevenait vivant et non enfoui, et lorsqu’en 1948 Bernanos écrivit le dialogue des carmélites, ce fut une autre reviviscence. Peut importe que Blanche de la force n’ait pas existé, mais qu’elle soit tout entière une création de Gertrud von le Fort, reprise par Bernanos et Poulenc, si elle exprime une autre réalité où nous somme encore partie prenante, elle est « le « chant secret de» la réalité » selon la belle expression du Père Xavier Tilliette Oui, Blanche de la Force est bien Gertrud von Le Fort ; elle vient de sa chair, de son cœur, nourrie de son angoisse. Gertrud von le Fort s’ajoute au cortège des martyrs, elle s’y projette et nous avec. Ce martyre n’est plus observé de l’extérieur mais ressenti comme le mystère de la personne humaine, qui risque d’être engloutie, de disparaître dans le chaos social et politique et ses remous. L’œuvre (1931) est bien aussi en ce sens annonce ou présage de la terreur qui va s’abattre sur l’Allemagne.
    En 1948, Bernanos tente d’exorciser sa peur de la mort, du cancer qui va l’emporter dans un monde qui tente de renaître, Gertrud von le Fort sur un monde qui s’effondre
    Le souci de la romancière, en 1931 est bien de nous embarquer sur la Scène du monde contemporain, ce monde du 18 ème siècle étant le reflet du notre, celui de la Terreur qui va s’y déployer dont elle voit aussi son reflet dans les années trente, les prémices en Allemagne, où Hitler n’a pas encore pris le pouvoir. Mais ce qui est peu ou inconnu même, c’est l’influence d’Edith Stein devenue l’amie de Gertrud von le Fort dans les années 1929 sur le choix de cette nouvelle. Avant de composer « la dernière à l’échafaud » « Gertrud von le Fort connaissait peu le carmel et avait demandé à Edith Stein de la familiariser avec la spiritualité carmélite et le mode des filles de Sainte Thérèse.
    Et un jour à la bibliothèque municipale de Munich Gertrud von le Fort tombe par hasard, -est bien un hasard -sur une note consacré aux carmélites allant à l’échafaud, le fameux livre qu’a composé Madame Philippe, une des survivantes (Mère Marie de l‘Incarnation dans la nouvelle de le Fort et la pièce de Bernanos)
    Comment pour conclure ne pas mettre en parallèle l’histoire réelle des carmélites, le récit magnifié de Gertrud von le Fort, de Bernanos et Poulenc avec l’offrande d’elle-même que sœur Thérèse Bénédicte de la Croix ( Edith Stein ) demande à sa prieure d’Echt de pouvoir accomplir le 26 mars 1939 : « Chère Mère, permettez moi , je vous prie , de m’offrir en sacrifice d’expiation au Cœur de Jésus pour la vraie paix : que le règne de l’Antéchrist s’effondre si possible sans une nouvelle guerre mondiale, et qu’un ordre nouveau puisse être établi. Je voudrais le faire dès aujourd’hui. Car c’est la douzième heure. Je sais que je ne suis rien mais Jésus le veut et il appellera sûrement encore bien d’autres ces jours ci. »
    Cette œuvre fut donc prémonitoire des 1931.

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