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Nous sommes tous des Ch'tis...

          Nous n'avons pas vu le film, mais l'éditorial que lui a consacré Jacques Duquesne dans "Ouest-France", le 7 mars, suffit à nous le rendre sympathique. Ne serait-ce que pour la tonalité générale, et les dernières lignes de conclusion de cet édito, on pourrait déjà se réjouir qu'un tel film, s'il nous vaut un tel article, ait été produit....

          Et tant pis pour ceux qui, comme Michel Wievorka, ne l'ont pas aimé: "...pas de sexe à tout va, pas de vulgarité, pas de sang, pas de repentance. Il est donc tout à fait normal que, dans l'émission "Cdans l’air" du 5 mars, le sociologue Michel Wievorka ait voulu l'écraser sous l'accusation la plus grave: il est trop franchouillard et ne s'ouvre pas au multiculturalisme !.....(1). Voici le texte de l'édito de Jacques Duquesne.
         

          Réjouissons-nous, tous, que nous soyons Bretons, Normands, Provençaux, Alsaciens ou Périgourdins. Réjouissons-nous parce que le succès d'un film vient de mettre en valeur les qualités d'une région. Et que les autres Français, loin de faire la fine bouche, loin de s'en détourner sous prétexte qu'ils n'en comprennent pas toutes les paroles, apprécient cette comédie populaire, lui font plus qu'un succès : un triomphe. Qui en dit long sur nous tous.

          Je veux parler, bien sûr, de Bienvenue chez les Ch'tis,tourné et interprété par Dany Boon. Il ne restera pas dans l'histoire du cinéma comme un chef-d'oeuvre inégalable. Mais il a deux vertus.

          Tout d'abord, il fait rire. Les Français en ont grand besoin, en ces temps où il est dur de boucler les fins de mois, où le pouvoir ne fait pas rêver à des lendemains qui chantent ni même à des réformes difficiles permettant une vie meilleure après-demain. Et c'est un rire dont personne n'a secrètement honte, parce que ses auteurs et ses interprètes ne tombent pas dans la vulgarité, les plaisanteries graveleuses, les sous-entendus obscènes.

          Il fait rire et il met en valeur le courage. Les gens du Nord-Pas-de-Calais en ont beaucoup vu, beaucoup subi. Les grandes batailles des deux guerres mondiales, la Première surtout, se sont déroulées chez eux. En 1945, à la fin de la Seconde, un Nordiste de 35 ans pouvait dire qu'il avait vécu huit ans sous l'Occupation allemande : presque une année sur quatre sous la contrainte, les sévices, dans le dénuement et les ruines.

          Ils se sont remis au travail. Et puis le travail leur a manqué. Le charbon n'est pas comme le blé ou les légumes : il ne repousse pas, il s'épuise. L'autre grande richesse - le textile - a été concurrencée, perdue, au profit des pays à bas salaires.

          Ils auraient pu pleurer, implorer qu'on leur vienne en aide ou poser des bombes, comme l'ont fait, comme le font encore, ailleurs, quelques fous. Ils pourraient aussi accuser les météos de la télévision qui appellent Nord tout ce qui est au nord de la Loire et qui ignorent, par exemple, que les heures d'ensoleillement sont plus nombreuses à Dunkerque, pays de la bière, qu'à Bordeaux, pays du vin.

          Ils pourraient aussi se disputer entre eux, car ils ne sont pas tous « Ch'tis », c'est-à-dire d'origine picarde. Il existe ainsi, depuis toujours, une importante minorité flamande. Le siècle dernier a vu débarquer un fort contingent de travailleurs polonais accompagnés de leurs familles. Et, dès avant 1914, les mines de Courrières (Pas-de-Calais) employaient déjà des Kabyles par milliers.

          Or, tous ces gens ont appris à vivre ensemble, à s'accueillir. Non sans difficultés parfois. Mais ils l'ont fait. Parce que cela fait partie de leurs habitudes : ouvrir les bras, accueillir. Cela ne veut pas dire que le chômage, l'insécurité, la pluie et le vent sont inconnus. Loin de là. Mais la fête est toujours présente sur les places, dans les rues et dans les coeurs. Et si les Français, tous les Français, de Marseille à Strasbourg ou à Brest, font un tel succès à ce film, c'est qu'ils se reconnaissent dans ces hommes et ces femmes, c'est qu'ils se sentent meilleurs qu'on ne le dit, meilleurs qu'ils ne le croient eux-mêmes bien souvent et capables de faire mieux. Fiers d'être Français en somme. Avec le sourire.

(1):  Voirn dans le blog de la FRP (http://federationroyalisteprovencale.hautetfort.com/) la note "Fiers d'être français", du O8/03/2008 (Récemment nommé par Sarkozy pour une "mission d’études sur la diversité dans l’enseignement",  Wieviorka est l’auteur de nombreux ouvrages sur le racisme, dont “La France raciste” et Président du conseil "scientifique" du CRAN (”Conseil des associations noires”)....

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