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Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet

Fidélités royalistes (II) : Catalanes...

Fidélités royalistes (II) : Catalanes...

De "Vers le Roi", pages 85/86/87/88 (suite immédiate du précédent passage) :

"...A Perpignan, le soleil est plus chaud et moins mystique (qu'à Lyon, donc, ndlr). Mais il y a, comme, à Lyon, dans toute la région, un ardent foyer royaliste entretenu, propagé, par nos amis Bertran de Balanda et d'Espéramoins, ce dernier orateur de premier ordre.
Chaque fois que nous allions donner une conférence là-bas - ce qui est une partie de plaisir - nous nous trompions de gare et descendions, sur la foi de Vaugeois, à Rivesaltes.
Il n'était que temps de remonter dans le train, en poussant nos bagages, comme les fourmis leurs oeufs !
Directeur du journal local, notre pauvre Alphonse Massé, tué à la guerre, nous attendait, et nous parlait des progrès réalisés.
Là, de nombreux villages sont royalistes, où l'Action française compte quantités d'abonnés.
Le vieil hôtel de la Loge , où nous descendions, est un des plus charmants, des plus "ancienne France" que je connaisse, avec ses grandes chambres chauffées au bois et la bonhommie attentive du service...
Perpignan, cité privilégiée, participe de la mer et de la montagne. Elle a les deux étincellements, celui de l'eau, celui de la neige, l'une et l'autre frappées par le soleil.
Ainsi que dans l'ode célèbre de Mistral, les Catalans sont mes frères, par leur façon de sentir, d'exprimer et de surmonter, à l'aide de la bonne humeur, les petits, moyens et mêmes gros embêtements de la vie.
Je parle aussi bien des Catalans espagnols que des Catalans français.
Quand j'ai fait la connaisance de notre génial Santiago Rusinol, auteur du Catalan de la Manche, des Mystiques et de trente chefs-d'oeuvre (sans compter quelques centaines de toiles admirables), j'ai pensé que je le connaissais depuis toujours et que nous avions été élevés ensemble. Pourquoi cela ? Parce qu'l est une quintessence de Catalan, le Catalan type.
Avec un auditoire de Catalans, je me sens complètement à mon aise, et je me retiens pour ne pas lui conter des histoires, au lieu de parler politique.
Ces séjours dans la merveilleuse capitale de la Catalogne fançaise ont toujours été trop brefs à mon gré..."