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(72) Enraciné dans l'Action française, heureux de l'être, et fier de l'être resté. Dans la Famille, la république s'arrête toujours à la porte ! par François Davin (1/2)...

 

Sur une copie d'un portrait de Maurras, réalisé à la plume et à l'encre de Chine, sur papier velin, présenté à Maurras - qui le lui a dédicacé - par mon père, le jeune Camelot du Roi Pierre Davin, fils du Camelot Émile Davin, l'un des neuf fondateurs de la section d'Action française de Martigues (la section de Charles Maurras...), dans les années 1910...

Détail de la dédicace : "À Pierre Davin (mon père)  souvenir de la trouvaille - si mémorable ! - au château de la Castille et de notre vieux Martigues oublié"

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Cette année, puisque j'ai entamé la lecture complète de la collection de L'Action française, j'ai décidé de célébrer Charles Maurras d'une façon un peu originale, aujourd'hui et le 16 Novembre, jour de l'anniversaire de son entrée dans la Vie.

Je vais tout simplement extraire et présenter, ici, avec quelques commentaires personnels, ce que j'ai trouvé jusqu'à présent (j'en suis "au 31 du mois d'A-oût"... 1928 !) concernant ma famille et/ou des personnes que j'ai eu la chance de rencontrer dans notre chère URP, afin de matérialiser cette filiation de ma famille et de moi-même avec le mouvement, dès la parution du journal quotidien...

• Le premier numéro du quotidien étant du 21 Mars, il ne m'a pas fallu bien longtemps pour trouver ce premier document, qui concerne ma famille paternelle (numéro du Mercredi 22 Juillet 1908, page deux) :

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Il s'agit ici de mon grand oncle, le frère de mon grand-père Émile, qui, lui, n'avait pas encore quitté Martigues en 1908...

• Dans le numéro du Dimanche 20 Février 1910 (page deux, cinquième colonne), on voit que, si mon grand oncle avait la fibre musicale, il avait aussi la fibre sociale ! : l'Union Fraternelle de Prévoyance de l'Action française a renouvelé son bureau, et il en est assesseur... :

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et j'ai aussi trouvé ceci dans le numéro du Lundi 22 Janvier 1923 (page trois) :

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• dans le numéro du Mardi 2 Avril 1912 (page deux) :

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Chapelle de Saint-Julien-les-Martigues | Film France

"Je coutai la vie à ma mère en venant au monde", écrit Chateaubriand dans ses Mémoires d'Outre-tombe. C'est ce qui se passa à Martigues, dans notre maison du 2 Quai Kléber, lorsque naquit mon père, le 23 Janvier 1906 : ma grand-mère mourut en le mettant au monde, jour de joie devenant ainsi, également, jour de deuil... Grand-père Émile attendit six ans pour se remarier (ci-dessus, l'église Saint Julien)...

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• Le premier document que j'ai trouvé concernant ma famille maternelle est en "Une" du numéro du Mardi 7 Novembre 1922, jour où le journal relate les obsèques de Madame Maurras, la mère de Charles (je ne mets que l'extrait nous concernant : "M. l'abbé Magnan, curé de Lagavotte" !!!)

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Cet "abbé Magnan" était chanoine, à la paroisse Notre-Dame de l'Assomption, à un jet de pierre de la Campagne que mon grand-père Gustave Delanglade acheta en 1900, lui donnant le beau nom de "Campagne Saint Joseph". C'est lui, le chanoine Magnan, qui insista auprès de mon grand-père afin que celui-ci acceptât le mariage de mon père avec sa fille, Marie-Louise Delanglade. Mon grand-père souhaitait évidemment le meilleur pour ses filles, et "pesait" sa réponse; le chanoine usa alors de deux "arguments massue", qui emportèrent la décision : il parla plusieurs fois, en bien, de ce "jeune homme très catholique" mais aussi "très royaliste", Camelot du Roi et vendeur de l'Action française. Et même, Voyageur de commerce pour la marque Germidor, et donc très souvent en train, et à Paris, ce jeune homme était inscrit sur la liste des vendeurs volontaires de l'église de La Trinité ! Là, Grand-père n'y tint plus et finit par dire "oui" ! Heureusement, sinon je ne serais pas là pour raconter le rôle du chanoine Magnan dans le mariage de mes parents (confidences que je tiens de ma mère...) Dernière chose : le typo parisien du journal ignorait évidemment que le lieu-dit La Gavotte s'écrivait en deux mots, et non attaché (d'ailleurs, dans une information suivante, l'erreur sera corrigée...)

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Passons maintenant aux personnes rencontrées, plus ou moins souvent, avec qui j'ai beaucoup parlé et, surtout, sympathisé, dans nos trois locaux successifs, du 9 rue Saint Suffren puis du 7 rue Dieudé et enfin du 35 rue Pavillon :

• dans le numéro du Mercredi 7 Février 1923 (page trois) :

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Henri Camoin était présent au 9 rue Saint-Suffren, la première fois que je me rendis "au local". Il était toujours souriant, extrêmement chaleureux et sympathique avec nous trois (mon frère aîné et un de ses camarades de classe); manifestement ravi de voir arriver des "nouveaux"; c'était un beau samedi après-midi de septembre, dans cette grande pièce à trois fenêtres; il se présentait comme "Industriel", ce qui m'épatait, restant toujours d'une bonne humeur de bon aloi qui nous le rendait très agréable à fréquenter. Nous le vîmes tant que nous restâmes rue Saint-Suffren, car il passait tous les samedis après-midi; après notre déménagement au 7 rue Dieudé, nous ne l'avons plus vu...

• et, dans le numéro du Dimanche 6 Juin 1926, rubrique "Naissances", page quatre, on lira :

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C'est dans notre dernier local, rue Pavillon, que nous avons vu, plusieurs fois, "Delpont" ouvrir la porte. Je mets son nom entre guillemets car, à chaque fois qu'il venait, nous avions de longues conversations avec lui, qui étaient vraiment de bons moments. Et, à chaque fois qu'il partait, nous répétions - toujours et invariablement - la même chose : "qu'est-ce qu'il est sympa, Delpont..."

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malheureusement, dans le numéro du Mardi 26 Janvier 1926 (page sept) :

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• dans le numéro du Samedi 12 Mars 1927 (page trois) :

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Roesler, je ne l'ai jamais vu ni rencontré; mais je ne peux compter le nombre de fois où mon père m'en a parlé, "en bien", évidemment, puisque - courtier - il le voyait régulièrement dans ce groupe...

Jamais vu ni rencontré, non plus, Léon Charlet, dont le journal parle ici, et que mon père a évoqué si souvent devant moi, louant la bonne humeur et la si joyeuse et profonde amitié d'Action française des Camelots et Commissaires (numéro du Vendredi 25, page trois) : 

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• Nos voisins d'en face, "à la Campagne"... Dans le numéro du Dimanche 16 Octobre 1927 (page cinq, rubrique Naissance)

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Lorsque mon grand-père maternel acheta ce qui devint, et reste, la "Campagne Saint Joseph" (c'est le nom qu'il lui donna) il y avait, bordant le chemin qui y mène, lorsque l'on vient de Marseille :

- trois propriétés à droite (la nôtre, donc, puis celle des "G" et celle des "F"). Aucune de ces familles n'a vendu, et donc la topographie actuelle est exactement celle que mon grand-père a découvert en 1900...

- à gauche; il n'y a avait que deux propriétés, plus petites : celle des de Baillou (dont on parle ici) et celle des Aureilles. Malheureusement, ces deux familles ont vendu, et il y a aujourd'hui, sur la gauche du Chemin, une bonne vingtaine de petites maisons, genre "Maisons Merlin". La première en arrivant était celle des de Baillou. 

C'est donc avec les enfants de ces deux de Baillou (ou avec d'autres, s'agissant, comme chez nous, d'une famille nombreuse) que nous nous amusions dans notre colline, pendant des après-midi entières, jouant, courant, faisant du vélo et toutes sortes de jeux de plein air, qui étaient autant de "parenthèses enchantées", comme le dit Pagnol, dans ses Souvenirs ... Je savais bien que les parents de ces voisins étaient amis des miens, mais évidemment, à l'époque, je ne me rendais pas compte que leur bon voisinage était, aussi, politique...

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• dans le numéro du Samedi 26 Novembre 1927 (page trois)... :

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...avec confirmation dans le numéro du Mardi 3 Janvier 1928 (page trois) :

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Pascal ! "Mon" Pascal ! La première fois que je suis venu au local (rue Saint Suffren), un samedi après-midi ensoleillé de septembre, Pascal n'était pas là : c'est le samedi suivant que je l'ai vu; il m'a littéralement "foncé dessus" : il était très ami avec mon père, et m'a dit, en substance : "alors, tu es le fils de Pierre, et tu veux venir avec nous ? Comme c'est bien... mais il faut que tu saches une chose : un Camelot du Roi doit être aimable ! Nous somme là pour faire partager nos idées : si certains veulent nous empêcher, nous faisons ce qu'il faut pour les faire déguerpir, mais juste après, nous reprenons notre travail..."

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• dans le numéro du Mercredi 29 Février 1928, en page trois :

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Une coquille en cinquième ligne : il ne s'agit pas de Marcel Bouloy mais de Marcel Boulon, éminemment sympathique et souriant, que j'ai rencontré au local rue Saint Suffren. La coquille est corrigée dans le numéro du 5 Mars. J'ai rencontré aussi son fils, Georges, deuxième génération de Camelots. Enfin, au début de la constitution de notre groupe, Yves (troisième génération) vint sonner à la porte... Avec ma famille, celle des Boulon est la seule que je connaisse - dans notre chère URP -  qui ait fourni trois générations de militants au mouvement. Dommage, pour notre groupe militant, qu'après un certain temps, Yves - tout en restant pleinement "AF/URP - ait été comme "happé" par la "FSSPX"...

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• dans le numéro du Dimanche 11 Mars 1928 :

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Le Camp d'Étrie fut le premier Camp où je fus "accepté". Avant, à cause de mon trop jeune âge, on me demandait d'être patient ! Pour Étrie, j'avais seize ans, et je fus, enfin, retenu !. Le prix (Cent francs) me força a économiser quelque peu, mais je m'y rendis, entre autres, avec Alain (qui, lui, avait 17 ans; nous partagions la même tente). Ce Joseph et son épouse - dont on parle ici - furent peut-être, ou probablement, nos hôtes, dans leur jolie propriété : de toutes les façons, "Si ce n'est toi c'est donc ton frère" ... Le soir, il y avait un Feu de camp, et l'on chantait beaucoup : une fois, au milieu de nos rires et chansons, nous les vîmes arriver, qui venaient nous saluer...

CHANTELOUP (79) - LE CHÂTEAU D'ÉTRIE - La Maraîchine Normande

 

• dans le numéro du Dimanche 9 Janvier (page cinq) : 

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• dans le numéro du Samedi 28 juillet 1928 (page trois) :

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Il fut mon premier assureur ! Avant d'obtenir mon Capes, je ne pouvais, évidemment, bénéficier des tarifs plus qu'intéressants de la Maif. Ayant pu, à force d'économies et de "petits boulots" m'offrir ma première moto (ma 350 HONDA), il me fallait donc trouver un assureur et, si possible, pas trop cher. Mon père me dit : "va donc chez Ripert, et dis-lui que tu es mon fils...". En plus, son Cabinet d'assurance était à deux pas de chez nous. J'y fus donc, me présentant, et nous restâmes largement plus d'une demi-heure, parlant de tout, et surtout de Bainville, car il était en train de re-re-relire l'Histoire de France ! Quelqu'un de vraiment "simpatiquísimo", comme on dit en castillan familier ! Il m' "assura" jusqu'à mon succès au Capes... et je fis, tranquille, mon tour de Corse en moto, tout un mois de septembre, et mon tour d'Écosse, un peu plus tard, tout un mois d'août, mais, là, en 2CV...

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Voici donc ce que j'ai trouvé, pour l'instant (jusqu'au 31 Août 1928) et qui me rattache et m'inscrit directement dans le mouvement : savoir ce que me réserve la suite de ma lecture méthodique du quotidien !...

Je veux, cependant ajouter deux choses :

1. À propos de "La Guillermy" :

Guy Boyer de Fonscolombe (dont j'ai, en, quelque sorte, fait la connaissance à l'occasion de cette lecture méthodique...) était quasiment notre voisin, à la bastide de "La Guillermy", dans le quartier des Aygalades, à deux kilomètres, tout au plus, de la bastide achetée par mon grand-père Delanglade, en 1900. Et à dix mètres (!) de laquelle passe, aujourd'hui, l'autoroute A7, depuis sa construction, en 1949. Agent de liaison au 303èmeRI, Guy Boyer mourut au combat le 4 septembre 1916 devant Vermandovillers, dans la Somme. La veille de ce jour, il avait écrit, dans ce qui devait être sa dernière lettre : "Je serai mort en plein combat après avoir reconquis un peu de notre sol de France, on ne peut envier une plus belle mort...". Bien entendu, personne n'a pu me parler de lui : en 14, mon père avait 8 ans, et ma mère quatre. Je n'ai pas connu mon grand-père Gustave, mort en 42, comme Daudet, et à peine ma grand-mère maternelle, décédée quand j'avais 16 ans. Elle était partie au Liban, depuis deux ans déjà, après avoir fait un long séjour à Aubenas, chez une autre de ses filles. C'est donc en lisant le journal que je l'appris : cette bastide de "La Guillermy", devant laquelle je passe plusieurs fois par semaine, depuis que j'ai voiture et moto, est donc la résidence de quelqu'un qui a forcément connu mon oncle maternel Georges, mort au Champ d'honneur lui aussi. Il me semble extravagant de penser que deux jeunes, voisins, ultra catholiques et ultra royalistes/AF ne se soient pas connus et n'aient pas noué des liens d'amitié. Maintenant, depuis que j'ai découvert ceci dans le journal, à chaque fois que je passe devant "La Guillermy", je pense à lui, probablement ami et camarade de mon oncle, et je salue, en les unissant, le sacrifice de ces deux jeunes "couchés froids et sanglants sur leur terre mal défendue"... 

2 Et si... ? :

Tout le monde connaît Joseph Kessel. Mais tout le monde ne sait pas, car la vérité officielle n'y tient pas...

• qu'il fut "lancé" (en Novembre 1923) par Léon Daudet, lors de la publication de son deuxième roman : L'Équipage, salué par Daudet comme un "maître-livre", s'il-vous-plaît...

• qu'il sollicita (en 1924) un premier entretien avec Maurras, qui le lui accorda bien volontiers, au sein même du siège du mouvement (alors situé au 20 Rue de Rome)...

• qu'il en sollicita un second, accordé lui aussi, mais cette fois chez Maurras lui-même, à Martigues. Carrément ! C'était en Octobre 1926, à l'occasion du retour de Poincaré aux "affaires"...

C'est à l'occasion de cette seconde visite que j'émets une hypothèse, qui est parfaitement plausible et vraisemblable; et peut-être, même, probable.

Le journal en a parlé, de cette visite, mais en la résumant. 

Kessel, lui, a publié un petit livre, dans lequel il raconte ses deux entretiens, avec, évidemment, beaucoup plus de détails, que le journal ne rapporte pas. Racontant son déplacement à Martigues (qu'il ne connaissait pas) Kessel raconte ceci :

"...J'y suis venu pourtant par un jour comme il en échoit peu en Provence, un jour sans soleil, couvert par un ciel de cendre... Arrivé à une petite place, charmante de forme et de sérénité, sous des platanes antiques, je demande ma route. - Ah ! chez M. Maurras, s'écrie un gros homme plein de bonhomie, mais c'est chemin de paradis. Je vais vous accompagner."... Mon guide, qui est patron boulanger et dont le visage a la couleur du pain qu'il retire de son four, parle avec abondance, et par lui je commence à comprendre. Il est d'Action française, il me décrit le banquet qui fut donné, voici quelques jours, au théoricien du royalisme. Mais s'il y a du respect dans la manière dont il parle de M. Charles Maurras, c'est un respect pour ainsi dire familier, de voisin à voisin, et qui n'a rien de commun avec celui des villes où il marque une distance..."

Ma réflexion, à la lecture de ce passage, est celle-ci : Martigues, en 26, votait déjà à gauche (radical-socialiste); et il y a avait environ 8.800 habitants. Grand-père était issu d'une famille de pêcheurs, établis à Martigues depuis plusieurs génération. Puis il changea d'activité et devint, justement, boulanger. Je ne sais pas combien il y avait de boulangers à Martigues, à l'époque, mais mon père n'en a jamais évoqué d'autres devant moi, encore moins royalistes "ultras" comme celui dont parle Kessel. Il me semble que s'il y avait eu un deuxième, voire un troisième boulanger d'AF, m'ont père l'aurait connu et m'en aurait parlé...Par contre, mon père m'a toujours dit que grand-père (que je n'ai pas connu) avait une force de taureau, et qu'il était du genre "armoire à glace"; d'ailleurs, mon père avait hérité de sa force physique, mais pas de sa stature impressionnante. 

Alors, puisque Kessel parle d' "un gros homme" (Obélix dirait : "Je ne suis pas gros ! Non, monsieur ! Enveloppé, tout juste...") et dit qu'il "est d'Action française, il me décrit le banquet qui fut donné, voici quelques jours, au théoricien du royalisme...", je me demande simplement si, peut-être, il ne s'agit pas... de mon grand-père Émile ! Certes, je me garde bien de l'affirmer, mais, disons, que je considère la probabilité comme envisageable, possible et, pourquoi pas, probable, même...

Quand j'aurai terminé le gros travail que j'ai commencé avec la lecture méthodique du quotidien (et que le site Gallica me sabote consciencieusement jour après jour) je me rendrai aux Archives municipales de Martigues (avec qui j'ai déjà pris contact) pour vérifier ce sujet...

 

 

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