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«Erdogan le Conquérant» : l’éditorial du Figaro, par Patrick Saint-Paul.

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/

La canonnière et les drones ont remplacé le sabre. L’objectif est clair. Le nouveau «Sultan» veut projeter l’ancienne puissance impériale au-delà de ses frontières, comme au temps de Mehmet II, et rendre à la Turquie sa fierté.

Après avoir converti l’ancienne basilique byzantine Sainte-Sophie en mosquée, le 10 juillet, « Erdogan le Conquérant » a de nouveau convoqué l’Histoire pour justifier un revirement dans sa politique régionale en entérinant la fin du « zéro problème avec les voisins ».

Penché sur des cartes, il a tracé de nouvelles lignes de partage en Méditerranée avec son protégé libyen, Fayez al-Sarraj, qui après avoir été lâché par ses alliés occidentaux a été forcé de céder au président turc. Pour Recep Tayyip Erdogan, cette « nouvelle coopération militaire et énergétique » aurait renversé le traité de Sèvres, qui avait dépecé l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale… Nul et non avenu, révisé par celui de Lausanne, ce traité continue pourtant d’incarner les humiliations infligées au pays dans l’inconscient collectif turc.

La question des frontières maritimes empoisonne depuis des décennies les relations entre la Turquie et son voisin grec. La tension est exacerbée depuis la découverte de gisements de gaz naturel, qui attisent la convoitise du « Sultan ». La Turquie est seule face à la Grèce, Israël, l’Égypte et Chypre, qui – soutenus par les Occidentaux – projettent d’exporter le gaz naturel vers l’Europe. Erdogan dénonce un nouveau « dépeçage » de la nation par des « ennemis extérieurs » – essentiellement les Occidentaux – et dit avoir confiance dans les capacités de son armée.

Fragilisé par la crise économique et le soutien faiblissant à son parti, l’AKP, Erdogan a promis aux Turcs qu’ils auront leur juste part de cette manne. Il a ordonné des forages au large de Chypre et à Kastellorizo. Les navires d’exploration sont escortés par des bâtiments de guerre, provoquant une dangereuse escalade dans les eaux grecques. Erdogan a reculé face aux menaces de sanctions européennes. Mais il ne cédera pas. La bataille pour les richesses de la Méditerranée orientale ne fait que commencer. 

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